
Entre septembre 2025 et début 2026, l’industrie du vélo à Taïwan a connu une vague sans précédent de réformes en matière de droits humains. Déclenchée par l’interdiction d’importation américaine visant Giant, cette crise a provoqué des remboursements massifs aux travailleurs migrants et une transformation structurelle du secteur.
Le 24 septembre 2025, les douanes américaines (CBP) ont bloqué les importations de produits Giant fabriqués à Taïwan pour soupçons de travail forcé. Cette décision a déclenché une réaction en chaîne dans toute l’industrie taïwanaise du vélo, contraignant les fabricants à revoir leurs pratiques de recrutement des travailleurs migrants.
Le journaliste d’investigation danois Peter Bengtsen, qui suit ces développements depuis son enquête publiée début 2025, estime qu’entre 7 et 8 millions d’euros ont été remboursés aux travailleurs migrants par Giant, Merida et Maxxis en 2025. Un montant qui témoigne de l’ampleur des frais de recrutement illégalement prélevés sur ces employés.
La réponse des grands acteurs de l’industrie a été rapide. Dès le 1er octobre 2025, Merida a annoncé une politique de recrutement sans frais et finalisé le remboursement complet des coûts de recrutement de ses travailleurs migrants le 25 octobre, couvrant les employés actuels et anciens.
Giant a suivi avec un processus de remboursement en deux phases, transférant les fonds en octobre et finalisant les paiements le 1er décembre. Maxxis, le plus grand fabricant mondial de pneus de vélo, a adopté une politique de recrutement sans frais le 1er novembre et terminé ses remboursements avant la date prévue.
En janvier 2026, le fabricant OEM Fritz Jou a avancé son calendrier de remboursement de 2028 à février 2026, reflétant la pression croissante exercée sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement mondiale. Ces actions ont été accompagnées d’un contrôle réglementaire accru : le Control Yuan, organisme de surveillance du gouvernement taïwanais, a annoncé une enquête le 3 octobre, et les pratiques de recrutement ont été débattues au parlement le 9 octobre.
La préparation réglementaire s’est également étendue. En décembre, le ministère des Affaires économiques a organisé des séminaires sur les réglementations américaines et européennes à venir concernant le travail forcé. Le ministère du Travail a confirmé l’ouverture du premier centre de recrutement transfrontalier de Taïwan aux Philippines au premier trimestre 2026, permettant l’embauche directe sans intermédiaires.
L’attention se tourne désormais vers le salon Taipei Cycle Show en mars 2026. Cet événement permettra d’évaluer l’impact des derniers mois sur la chaîne d’approvisionnement et la volonté des acteurs industriels à discuter de leurs avancées et difficultés. Des mises à jour seront partagées lors du forum ESG organisé pendant le salon.
« Si d’ici la fin de l’année, tous les grands fabricants n’ont pas adopté des politiques sans frais de recrutement et remboursé les travailleurs migrants concernés, je serais déçu en tant que consommateur« , conclut Peter Bengtsen, qui continue de suivre les développements à Taïwan.
Source : Bike Europe
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