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Le géant du vélo Accell au bord du gouffre financier

Logo du groupe Accell avec graphique financier en baisse illustrant la crise économique du fabricant de vélos
Le groupe Accell, propriétaire de marques comme Haibike et Lapierre, traverse une période de turbulences économiques majeures. © Accell

Le géant européen du vélo Accell Group, propriété du fonds KKR, s’apprête à entamer une deuxième restructuration de sa dette en à peine plus d’un an. Une situation catastrophique qui pourrait conduire le groupe néerlandais, propriétaire des marques Lapierre, Winora ou Ghost, vers l’insolvabilité.

Selon le Financial Times, les créanciers d’Accell Group préparent de nouvelles négociations de restructuration face à une situation financière qualifiée de « déplorable ». La dette « super senior » de 274 millions d’euros du groupe est désormais valorisée à moins de 20 centimes par euro, tandis que les prêts de rang inférieur se négocient à quelques centimes seulement.

Ce scénario catastrophe survient moins de quatre ans après le rachat d’Accell par le fonds d’investissement américain KKR pour 1,8 milliard d’euros début 2022. L’investisseur avait injecté 1,1 milliard d’euros de fonds propres et fourni des financements supplémentaires depuis. Une opération qui pourrait se transformer en l’un des échecs les plus retentissants de KKR en Europe.

Des pertes structurelles qui s’accumulent

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : Accell affiche un EBITDA négatif de 27 millions d’euros au troisième trimestre 2025, suivi de 10 millions d’euros de pertes supplémentaires en octobre, selon l’agence de notation Fitch Ratings qui maintient la note « CCC » du groupe. Les analystes anticipent une baisse de 15 % du chiffre d’affaires en 2025, suivie d’un recul additionnel de 9 % en 2026.

Le groupe néerlandais, qui emploie environ 2 000 personnes et détient des marques comme Haibike, Batavus ou Raleigh, fait face à un marché européen du vélo durablement affaibli depuis la fin de la pandémie. Les stocks excédentaires et la faible génération de trésorerie fragilisent considérablement sa position.

Plusieurs options sur la table, dont la liquidation

Face à cette impasse, Accell explore différentes pistes, dont un processus de vente. Le groupe affirme disposer d’un « chemin clair vers des flux de trésorerie positifs en 2027 » après plusieurs vagues d’économies. Toutefois, si les créanciers refusent d’injecter de nouveaux fonds ou si les négociations de cession échouent, l’entreprise pourrait être contrainte d’entamer une procédure d’insolvabilité, voire une liquidation.

La stratégie de cession d’actifs non stratégiques se poursuit : après la vente de son usine turque et de la marque Van Nicholas, le groupe a cédé la semaine dernière Nishiki au fabricant turc Kron Bicycle. Ces désinvestissements ont généré 20 millions d’euros en 2025.

Un plan de transformation aux résultats insuffisants

Accell multiplie depuis douze mois les efforts de transformation : réduction des coûts, optimisation industrielle, révision tarifaire. Le groupe a renforcé ses équipes commerciales et maintient des investissements dans l’innovation via son hub d’innovation à Heerenveen. Selon Fitch Ratings, ce plan de redressement prévu pour s’achever en 2026 présente un risque d’exécution « modéré à élevé ».

Les mois de décembre et janvier, traditionnellement les plus difficiles en termes de flux de trésorerie pour les fabricants européens de vélos, constituent un test critique pour la survie du groupe. KKR indique « soutenir activement la direction dans la recherche d’une solution pour traverser cette phase difficile du marché ».

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