
L’équipementier automobile allemand ZF a confirmé la suspension de ses ventes de moteurs pour vélos électriques. Arrivé sur le marché en 2018 avec l’ambition de concurrencer Bosch, le géant industriel n’a pas réussi à s’imposer face à un marché européen sous pression et à l’absence de clients majeurs.
ZF a fait son entrée sur le marché du vélo électrique en 2018 via l’acquisition de Sachs Micro Mobility. La société ZF Sachs Micro Mobility Solutions GmbH était alors une coentreprise avec BrakeForceOne et Magura, ZF détenant 48 % des parts. En 2020, l’équipementier allemand est devenu l’unique propriétaire et a intégré cette activité à son catalogue.
L’objectif était clair : proposer des systèmes d’entraînement ouverts sur mesure et devenir un concurrent sérieux de Bosch. En 2024, ZF présentait encore son nouveau système Centrix en 48 volts à l’Eurobike, avec Raymon comme partenaire de lancement sur le modèle Tarok.
« Nous avons suspendu nos activités commerciales dans ce domaine« , a confirmé un porte-parole de ZF à Bike Europe. Cette décision intervient dans un contexte de restructuration de la division Electrified Powertrain Technology, où plusieurs projets ont été arrêtés prématurément en raison d’une adoption plus lente que prévu des véhicules électriques.
Selon le site de l’entreprise, ZF équipait les marques Raymon, Bergstrom, Storck et Ultima Mobility. Mais l’absence d’un client OEM majeur aurait été le principal obstacle au développement de l’activité. Même Raymon, partenaire de lancement du Centrix, a confirmé avoir mis fin à sa coopération avec ZF pour se concentrer sur Bosch et Yamaha.
« Le marché européen du vélo électrique est également sous pression et nous examinons actuellement comment les activités peuvent être poursuivies« , précise le porte-parole de ZF. Cette déclaration laisse la porte ouverte à une éventuelle réorientation, sans garantie de maintien dans le secteur.
ZF rejoint ainsi Brose, autre équipementier automobile allemand qui a cédé son activité de motorisation pour vélos électriques à Yamaha. Ces retraits illustrent que l’expertise automobile, la R&D avancée et les moyens financiers ne suffisent pas à garantir le succès sur un marché du vélo électrique devenu saturé et hautement concurrentiel.
Dans les années 2010, l’industrie automobile allemande voyait le vélo électrique comme un relais de croissance face au déclin annoncé des moteurs thermiques. Cette promesse ne s’est pas concrétisée pour tous les acteurs. Le cas ZF démontre que la technologie seule ne suffit pas : sans réseau de distribution établi, sans partenariats solides avec de grands fabricants de vélos et face à des acteurs historiques comme Bosch, Shimano ou Yamaha, l’entrée sur ce marché reste difficile, même pour un géant industriel.
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