
Alors que l’infrastructure cyclable progresse rapidement pour renforcer la sécurité, la France reste en retrait sur la possession de vélos, notamment à cause d’un entretien jugé complexe par de nombreux usagers.
La relation entre les Français et le vélo reste ambiguë, mais il est parfois difficile d’y mettre des mots et surtout des données. Le groupe Shimano tente toutefois d’apporter des clés de lecture, non seulement dans l’Hexagone, mais aussi à l’échelle européenne. Le rapport State of the Nation, édition 2026, établi à partir de 25 000 personnes interrogées, débute par des chiffres peu flatteurs pour notre pays.
Selon Shimano, seulement 65,4 % des Français possèdent un vélo. Un chiffre qui place l’Hexagone plutôt en bas de tableau, loin derrière les pays nordiques ou d’Europe centrale. Les Pays-Bas dominent largement avec 91,1 % de propriétaires, devant la Pologne et la Suède (79 %), tandis que la lanterne rouge est occupée par le duo Royaume-Uni–Irlande (48 %).

C’est encore plus marquant lorsque l’on s’intéresse à la part de la population ayant possédé un vélo au moins une fois dans sa vie. La France atteint 90,6 %, ce qui lui permet de devancer seulement quelques pays d’Europe du Sud-Est ou le Portugal. À l’inverse, les Néerlandais frôlent l’universalité (99,7 %), devant les Finlandais (98,4 %) et les Suédois (98 %).
Alors, qu’est-ce qui freine les Français à posséder un vélo, et plus largement à l’utiliser ? La difficulté de l’entretien joue un rôle important, poussant près d’un quart des Français (24 %) à pédaler moins qu’ils ne l’auraient souhaité.
Si le rapport estime que près de la moitié des cyclistes ne rencontrent pas de barrière principale liée à l’entretien (47 %, contre 52 % en moyenne européenne), 20 % pointent néanmoins un coût jugé trop élevé. Parmi les autres freins cités figurent le manque de vélocistes, des horaires d’ouverture peu compatibles avec la vie quotidienne, le manque de confiance envers certains réparateurs ou encore des délais d’attente trop longs. En conséquence, les Européens choisissent de réparer eux-mêmes leur vélo (27 %), de se tourner vers d’autres moyens de transport (22 %) ou tout simplement de pédaler moins (21 %).

Dans le détail, les Français se classent dans le flop 3 des cyclistes qui réparent leur vélo eux-mêmes et sont ceux qui recourent le plus aux transports en commun ou à la voiture en cas de panne. Peut-être ont-ils besoin de notre guide ultime pour entretenir un vélo électrique ?
En revanche, la France se distingue plus positivement sur le terrain de l’infrastructure cyclable. Deuxième derrière la Pologne, elle enregistre une hausse de 40 % des personnes interrogées déclarant une amélioration au cours des 12 mois précédant le sondage, pour atteindre 60 % au total. Une progression logique pour un pays qui part de loin, là où les Pays-Bas ou le Danemark, déjà très bien équipés, affichent des évolutions plus modestes. À l’inverse, la situation se dégrade dans certaines régions, notamment dans les Balkans, en Tchéquie et en Grèce.

Donnée plus fine encore, 11 % supplémentaires de Français estiment qu’il est désormais plus sûr pour les enfants de rouler à vélo. À noter que ce sentiment est davantage partagé par les femmes que par les hommes, avec un écart de 16 %. La France reste bien positionnée sur cet indicateur, sans toutefois intégrer le Top 5, dominé par la Pologne, les États baltes et la Turquie. Cette évolution prend en compte à la fois le développement des infrastructures cyclables, mais aussi les campagnes de sensibilisation et les programmes scolaires.
Hélas, la prochaine édition du rapport pourrait s’avérer moins flatteuse. Le budget 2026 de la France ne semble en effet plus intégrer de véritable plan vélo, dont une partie avait déjà disparu début 2025.
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