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Test Gaya Original Le Long V2 : le longtail français pour parents exigeants

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Vélo cargo longtail Gaya Original V2 équipé pour le transport de deux enfants
Le Gaya Original V2 adopte un design néo-rétro et une configuration pensée pour le transport d’enfants. © Jérémy Fdida / Cleanrider

L’Original était le premier vélo de Gaya. Cette version 2 du « Long » est bien plus qu’un simple restylage, tant elle emprunte à l’Incroyable, un modèle plus haut de gamme sorti récemment. Le prix grimpe à 2 800 euros. La question, totalement pragmatique, est donc simple : en a-t-on pour son argent ?

Note de la rédaction Logo Cleanrider
4/5
Sous notes
Ergonomie & confort
Conduite
Autonomie

Les points positifs

  • Design original et attractif
  • Sécurité active très complète
  • Confort général élevé
  • Moteur agréable au quotidien
  • Gâchette d’assistance efficace
  • Antivol triple dissuasif

Les points négatifs

  • Prix élevé vs finition
  • Cadre manquant de rigidité
  • Répartition des masses perfectible
  • Adhérence limitée sur mouillé
  • Transmission sous-dimensionnée
  • Moteur juste en côte

La petite société française spécialisée dans le vélo cargo longtail (long ou court), fruit de la vision d’une maman et d’un ingénieur du deux-roues passé chez Peugeot, continue son petit bonhomme de chemin. Après avoir sorti son second modèle, modestement baptisé l’Incroyable, Gaya a mis à jour son premier opus, nommé Original. Celui qui a fait connaître la marque auprès d’un grand public composé principalement de parents (évidemment).

Présenté comme un restylage, ce vélo cargo long en propose en réalité bien plus, puisque presque tous les éléments de la première version ont été modifiés.

Il a un style néo-rétro indéniable et, mine de rien, ça compte.

Conditions de l’essai du Gaya Original V2

J’ai été le premier à pouvoir tester ce vélo sur un modèle de série. J’ai toutefois constaté un souci sur la fixation du garde-boue avant. Celui-ci s’est cassé à deux reprises, sur deux modèles différents. Cela explique certaines photos où le pneu apparaît nu (et les deux couleurs distinctes).

Le problème a été remonté à Gaya, qui a immédiatement modifié ses chaînes d’assemblage avant le lancement de la production officielle. La marque annonce désormais un souci totalement corrigé.

L’essai s’est déroulé sous toutes les conditions météo, avec un poids de 90 kg sur la selle. J’ai parcouru plus de 500 km avec ce vélo, étalés sur un mois complet, durant une fin d’automne un peu plus chaude que prévu.

J’ai transporté deux enfants, des courses, et je pèse moi-même 100 kg.

Il y a aussi eu des enfants derrière. Mais pas d’adulte, contrairement au Tern GSD.

Notre modèle d’essai à 3 490 euros

Comme tous les vélos cargo, notre modèle d’essai embarquait plusieurs options. À commencer par le kit enfant, comprenant repose-pieds, barres latérales et coussin passager, facturé 400 euros. S’y ajoutent une batterie de 700 Wh (contre 460 Wh de série) et un chargeur rapide 4 A à 50 euros.

Le compte est bon et le tarif final s’avère un tantinet élevé. Est-ce cher pour autant ? Un poil, comparé à la concurrence. Mais Gaya ne vend pas juste un vélo. On y trouve notamment une selle capable de s’adapter à des personnes mesurant entre 1,55 m et 1,90 m, ainsi qu’un style assez unique.

Présentation et design : du mieux presque partout

Commençons par un fun fact : durant mes longues semaines passées au guidon du Gaya Original Le Long V2, j’ai essuyé un nombre conséquent de compliments sur le design. Et tous provenaient d’hommes. C’est assez cocasse, dans la mesure où le design a été dirigé par une femme, principalement pour des femmes, avec de la couleur et des courbes.

L’air de rien, Gaya vise juste. Le vélo arbore un design très industriel, dont les formes suivent avant tout la fonction.

Dès lors, le Gaya fait figure d’ovni, avec ses couleurs rétro et son tube diagonal en col de cygne. Sans compter que j’ai bénéficié de deux modèles pour cet essai, dont le second était jaune comme La Poste. De quoi se permettre cette jolie vanne : avec ce vélo, je peux déposer et livrer les enfants comme des colis.

Les nouveautés sont nombreuses par rapport au modèle original, qui constituait un joli coup d’essai mais comportait pas mal de points perfectibles. À commencer par le klaxon désormais protégé, la clé qui n’est plus captive, la transmission bénéficiant d’un shifter bien plus qualitatif, le cadre au design plus tendu et aux tubes plus épais, ainsi qu’une fourche suspendue offrant 70 mm de débattement.

L’aspect cylindrique des tubes a laissé place à un parallélogramme aux arêtes légèrement arrondies. L’écran, doté d’une diagonale plus importante, a lui aussi été repensé et intègre désormais un port de charge USB-C.

Enfin, la finition générale progresse, mais reste perfectible. Le cadre, et notamment le tube diagonal, donne l’impression de souffrir à la moindre torsion. Une sensation renforcée par une mauvaise répartition des masses : l’ensemble du poids (36 kg sans accessoires ni enfants) est porté vers l’arrière.

Le prix augmente légèrement pour atteindre 2 800 €, un montant qualifié d’« acceptable » à « trop cher » par l’ensemble des personnes croisées durant l’essai.

Ergonomie et confort : presque un fauteuil

Notre modèle est la version longue de l’Original. L’arrière peut accueillir deux enfants, grâce à des strapontins ou des sièges enfants (notre configuration), ou tout accessoire compatible MIK-HD.

Le poids maximal supporté à l’arrière est de 80 kg, pour un poids total en charge (cycliste compris) de 170 kg. Avec ses 175 cm de long, le vélo reste acceptable dans un local à vélos.

Les repose-pieds ne sont pas rétractables. La béquille centrale offre en revanche une très bonne stabilité. L’accès au vélo est facile grâce au cadre ouvert. L’espace offert au passager permet de caser un siège enfant, en plus d’un petit fauteuil pour futur personnage important.

La finition générale est correcte, tant pour la peinture — plutôt résistante — que pour l’assemblage des éléments. En revanche, le cadre manque de rigidité : on ressent clairement une torsion lorsque l’on a les deux pieds au sol. À noter que le premier modèle, pourtant moins rigide encore, n’a pas connu de problème de cadre fissuré.

L’avant peut recevoir un porte-panier et un panier. J’ai interrogé les principaux intéressés — les enfants — sur leur ressenti. Utilisés comme outils de mesure parfaitement objectifs, ils ont largement apprécié le confort du Gaya Original. L’espace à l’arrière est généreux pour une longueur globale contenue, merci aux pneus de 20 pouces.

La tige de selle a été repensée pour convenir à des cyclistes mesurant entre 1,55 m et 1,90 m, avec un système de serrage à la volée intégrant une sécurité antivol. Seul bémol : malgré un serrage via une clé spécifique fournie par la marque, la tige du second vélo testé ne tenait pas sa position. La selle, elle, reste confortable.

Conduite : « smooth » sans être criminelle

Côté conduite, et contre toute attente compte tenu de la jeunesse de la marque, le Gaya Original V2 est très plaisant à rouler. Les pneus ballon se montrent globalement confortables. La fourche suspendue absorbe efficacement les creux et trottoirs, tandis que l’enjambement bas facilite l’accès.

Le vélo donne envie de rouler, aidé — je l’avoue — par un design sympathique qui influence forcément l’agrément perçu.

Cependant, nous ne sommes pas encore au niveau des références du marché. Le cadre est esthétique, mais manque de rigidité. Les pneus blancs sont jolis, mais malgré une évolution par rapport au premier modèle, ils offrent une adhérence limitée sur sol mouillé. J’ai même vu l’avant décrocher légèrement dans la descente d’un parking.

La situation était spécifique — un sol de parking n’est jamais idéal pour le grip — mais je n’ai jamais rencontré ce souci avec des Schwalbe Pick-Up ou des CST.

En revanche, le freinage se situe dans une bonne moyenne. Il faut compter environ 4,5 m pour arrêter le vélo lancé à 25 km/h sur le plat, avec une charge totale de 130 kg.

Gaya persiste — et a raison — en intégrant de série un feu stop et des clignotants, en plus d’un phare directement inspiré de l’univers moto. Les clignotants, logés de part et d’autre du feu arrière, constituent un vrai plus en circulation dense.

Lever le bras en dirigeant un vélo de 35 kg chargé d’enfants au milieu des véhicules motorisés n’est clairement pas la meilleure des idées.

La transmission reste inchangée : Shimano Tourney 7 vitesses, avec une cassette 11-28T à l’arrière. La bonne nouvelle vient du shifter Shimano SL-M315, bien plus qualitatif. Les passages de vitesse sont plus agréables. En pointe, vous plafonnerez à 34 km/h en descente, ce qui est déjà largement suffisant pour un engin aussi lourd.

Un moteur un peu juste et une gâchette magique pour les fainéants

Pour la motorisation, Gaya fait confiance à Ananda. Le résultat est globalement agréable, grâce à la combinaison d’un capteur de couple et d’un capteur de fréquence, malgré une légère latence au démarrage de l’assistance.

Le naturel de pédalage n’atteint pas celui d’un Bosch, mais se rapproche d’un Shimano et fait mieux que Bafang. Les 50 Nm annoncés ne sont pas usurpés, mais montrent vite leurs limites en côte, surtout avec des enfants à bord. Si vous rêvez de grimper des pentes à 10 %, vous risquez de déchanter.

Pour un usage urbain, en revanche, aucun souci. D’autant que le vélo cache une botte secrète.

Il s’agit d’une gâchette d’accélération, bridée à 6 km/h pour des raisons légales. Activée en roulant, elle court-circuite le capteur de couple. Résultat : le moteur délivre 100 % de sa puissance, sans réel effort. Il suffit de faire tourner doucement les pédales.

Le problème avec ce genre de chose, c’est qu’on devient aussi accro qu’un gosse aux bonbons.

Un truc de fainéants… ou de parents épuisés ayant enchaîné trop d’épisodes Netflix la veille.

Une application aboutie et un triple antivol très dissuasif

La batterie a été redessinée pour être posée à la verticale. L’idée est bonne, mais avec un parquet et des enfants, mieux vaut la poser à l’horizontale pour éviter les mauvaises surprises.

L’application Gaya m’avait déjà agréablement surpris lors du lancement du premier vélo. Fluide, soignée sur le plan de l’UI comme de l’UX, et surtout exempte de bugs. Je ne l’ai utilisée que brièvement sur le second modèle de prêt, mais l’expérience reste identique.

Autre point fort : le badge NFC, très réactif, permettant de verrouiller ou déverrouiller le vélo simplement en le posant sur l’écran. Associé à l’antivol intégré AXA et à la géolocalisation avec verrouillage moteur — alimentée par une batterie logée dans le cadre — le Gaya Original V2 fait partie des vélos les plus compliqués à voler.

Je n’ai eu aucun raté. C’est simple et efficace.

Autonomie : correcte, sans plus

Avec la batterie de 700 Wh, l’autonomie moyenne atteint environ 60 km, avec une pointe à 70 km. En utilisant abondamment la gâchette, elle chute à 43 km, ce qui reste honorable.

La charge rapide en 4 A permet un 0 à 100 % en 4 h 30, contre 7 h 30 avec le chargeur 2 A.

Comme évoqué plus haut, la batterie a été redessinée pour être stockée à la verticale. Mais ses 5 kg peuvent vite faire des dégâts en cas de chute. J’ai donc privilégié une pose à l’horizontale. Un détail, certes, mais qui compte dans le feu de l’action, entre enfants, sacs et quotidien chargé.

Bon point : les clés ne sont pas captives. Inutile de les laisser sur l’antivol AXA ou sur la batterie pour utiliser le vélo.

Note de la rédaction Logo Cleanrider
4/5
Sous notes
Ergonomie & confort
Conduite
Autonomie

S’il n’est pas parfait et affiche un tarif un poil élevé, le Gaya Original cumule une forte personnalité stylistique — agréable bouffée de couleur dans un décor urbain souvent gris —, un excellent confort et une grande facilité d’utilisation, rassurante pour les débutants. Le moteur est vaillant mais un peu juste en côte une fois chargé, l’application est fonctionnelle et les accessoires nombreux. Reste une finition décevante au regard du prix et une transmission qui mériterait clairement du Deore.


Les points positifs

  • Design original et attractif
  • Sécurité active très complète
  • Confort général élevé
  • Moteur agréable au quotidien
  • Gâchette d’assistance efficace
  • Antivol triple dissuasif

Les points négatifs

  • Prix élevé vs finition
  • Cadre manquant de rigidité
  • Répartition des masses perfectible
  • Adhérence limitée sur mouillé
  • Transmission sous-dimensionnée
  • Moteur juste en côte

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