
La Commission européenne a renoncé à imposer la réparation des cellules de batteries des vélos électriques. Un choix qui divise, tant sur le plan pratique qu’environnemental.
Alors qu’un droit à la réparation des batteries des vélos électriques semblait acquis, la Commission européenne a revu sa copie. Le texte du nouveau règlement européen sur les batteries prévoyait initialement l’obligation de pouvoir remplacer individuellement les cellules défectueuses d’une batterie de vélo électrique. Objectif : renforcer la réparabilité des batteries qui reste l’un des composants les plus coûteux d’un vélo électrique. Mais cette disposition a été supprimée dans la dernière version du texte, en cours d’approbation par le Parlement européen.
Le secteur industriel a salué la décision de Bruxelles. Le PDG de Bosch eBike Systems, Claus Fleischer, estime que la filière avait enfin été entendue. Surtout, l’équipementier allemand estime que ce changement individuel n’est pas opportun. « Durant les 4 premières années, les problèmes d’une batterie de vélo électrique sont généralement externes aux cellules : boîtier endommagé, connecteurs défectueux, puce de gestion de la batterie (BMS) défectueuse et fusibles grillés sont les principales causes que nous avons constatées » annonçait déjà le patron de Bosch dans une interview réalisée en 2023.
Du côté des spécialistes de la sécurité des batteries, l’argument de la dangerosité prévaut. Nick Bailey, expert chez BatteryIQ, compare la réparation d’une batterie lithium-ion à celle d’une chaudière à gaz, pointant les nombreux incidents causés par des réparations amateurs qui peuvent mener à des incendies.
À l’inverse, des acteurs comme Gouach dénoncent un recul inacceptable. Spécialisée dans le développement de batteries modulaires et réparables, l’entreprise bordelaise pointe une « manœuvre honteuse » orchestrée par des lobbies industriels. « Les avancées votées démocratiquement sont démantelées en coulisses », regrette son fondateur, Alexandre Vallette.

Dans une batterie de vélo électrique, seules quelques cellules défectueuses peuvent causer une baisse importante de performances. Interdire leur remplacement individuel revient donc à contraindre les usagers à acheter une batterie complète, dont le prix neuf varie entre 300 et 800 €, voire davantage selon la capacité.
Certes, confier ces opérations à des amateurs peut présenter des risques réels. Mais un compromis aurait pu être trouvé. Par exemple, en encadrant les réparations via des professionnels agréés. En écartant cette voie, l’Europe a clairement fait pencher la balance du côté des industriels, au détriment du pouvoir d’achat et de la durabilité. Un choix regrettable pour les consommateurs, comme pour l’environnement…
Et vous ? Que pensez-vous de la décision de la Commission ? N’hésitez pas à partager votre avis dans les commentaires !
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