AccueilCasquesCasque à vélo obligatoire : ce que l'Espagne impose déjà et que la France envisage

Casque à vélo obligatoire : ce que l'Espagne impose déjà et que la France envisage

Casque à vélo obligatoire en Espagne : un cycliste attache son casque à côté de son vélo électrique, devant le panneau de sortie d'agglomération d'Olvera, en Andalousie
En Espagne, une fois le panneau de sortie d'agglomération franchi, le casque à vélo est obligatoire sans la moindre exception. © Illustration IA / Cleanrider

Depuis le 1er octobre, le casque à vélo est obligatoire en Espagne hors agglomération, sans plus aucune dérogation, mais les adultes restent libres en ville. Une ligne de partage qui ressemble beaucoup à celle que la France applique déjà aux trottinettes électriques.

Le décret royal 518/2026, entré en vigueur le 1er octobre, revoit en profondeur le code de la route espagnol pour mieux protéger les « usagers vulnérables », qui représentaient 50,8 % des tués en 2024 selon Motor16. Sur les routes hors agglomération, le casque était déjà obligatoire à vélo, mais trois dérogations subsistaient : longues montées, fortes chaleurs et raisons médicales. Exit, confirme la DGT : fini le casque accroché au guidon dans un col andalou en plein août.

En ville, en revanche, rien ne change pour les adultes : seuls les moins de 16 ans et les livreurs doivent s’équiper. Les trottinettes électriques, elles, passent au casque obligatoire partout, avec un âge minimum de 15 ans. Pour le reste, la DGT laisse une large marge de manœuvre aux mairies. Autrement dit, chez nos voisins, protéger son crâne à vélo se joue à un panneau d’agglomération près.

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Le panneau d’agglomération, une frontière que la France connaît bien

Cette logique n’a rien d’exotique pour un usager français. Elle repose sur une idée simple : hors agglomération, l’écart de vitesse avec les voitures rend la chute bien plus grave. C’est exactement la règle nationale appliquée chez nous aux trottinettes électriques et autres EDPM, casque obligatoire dès qu’on quitte la ville. À vélo, en revanche, la France reste plus souple que l’Espagne : seuls les moins de 12 ans y sont tenus, partout.

Sauf que chez nous, cette frontière bouge à l’échelle locale. Paris et la petite couronne imposent le casque en trottinette partout depuis le 7 août, sous peine de 135 euros d’amende. La Seine-et-Marne, les Alpes-Maritimes, le Vaucluse, le Nord ou la Manche ont pris des arrêtés similaires. Résultat, l’équipement obligatoire dépend désormais du département traversé, de quoi transformer chaque trajet en quiz de géographie.

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Casque obligatoire pour tous : la France prête à franchir le pas ?

C’est précisément ce maquis que veut supprimer Marie-Pierre Vedrenne. Comme nous le racontions cet été, la ministre a chargé la Sécurité routière d’étudier un casque obligatoire pour tous les cyclistes et utilisateurs d’EDPM, partout et sans distinction d’âge. On peut comprendre l’idée : une règle unique est plus facile à retenir comme à contrôler, et un vélo électrique filant à 25 km/h ne pardonne guère une chute tête la première.

Mais il faut aussi se dire qu’un casque ne remplace pas une piste cyclable. La FUB redoute qu’une obligation générale freine la pratique, un argument déjà entendu au Sénat en 2022. L’Espagne elle-même invite à la prudence : entre 2004 et 2007, selon la DGT, la part de cyclistes casqués parmi les victimes est passée de 28 à 48 %, sans baisse des blessures crâniennes à l’hôpital. De quoi éclairer, peut-être, la prudence de Madrid en ville.

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