Essai Sur-Ron Storm Bee : que vaut la version homologuée du supertrail électrique chinois ?

Philippe SCHWOERER · 22 Avr 2022 17:30 · 2
Essai Sur-Ron Storm Bee : que vaut la version homologuée du supertrail électrique chinois ?

La Storm Bee n’a pas volé son nom que l’on pourrait traduire par « Abeille impétueuse ». La vivacité de cette moto électrique conçue pour l’enduro est telle qu’il faudra l’assagir un peu pour circuler en ville.

Homologuée en enduro dans la catégorie des motos électriques sans permis 125, la moto électrique Sur-Ron Storm Bee est une monoplace dépourvue d’ABS et de répartiteur de freinage. Pour un couple maximal de 520 Nm, elle embarque un moteur synchrone à aimants permanents capable de délivrer une puissance nominale de 10 kW, qu’il est possible de faire grimper jusqu’à 22,5 kW en crête. D’où une certaine facilité à effectuer avec elle quelques figures. Ce qu’elle sera capable de vous faire sentir très vite. Ne serait-ce qu’en repartant au feu vert, si vous avez eu le courage ou l’inconscience de sélectionner le mode de conduite Sport pour une utilisation urbaine. L’exercice du 0 à 50 km/h est réalisable en 3,9 secondes, avant de filer vers sa vitesse de pointe de 110 km/h.  La transmission s’effectue par chaîne, avec un réducteur de couple par cascade de pignons.

Le moteur électrique qui anime la Storm Bee est alimenté par une batterie lithium-ion d’une capacité énergétique de 4,32 kWh (90 V – 48 Ah) qui offre au pilote de la Storm Bee une autonomie de l’ordre de 100 kilomètres avec une charge. Cette dotation diffère légèrement des caractéristiques annoncées après la présentation de cette Sur-Ron au salon EICMA de novembre 2019. A l’époque, la tension communiquée s’élevait à 96 V, soit 4,60 kWh d’énergie obtenus de cellules Sony.

La moto électrique de Sur Ron n’offre pas de recharge rapide. Il faudra donc compter un peu plus de 3 heures pour régénérer complètement le pack. Ce dernier n’est pas amovible simplement. Le retirer impose de jouer de la caisse à outils. Sur la balance, la version homologuée ressort à 126 kg, batterie comprise. A noter qu’il existe aussi un modèle off-road MX.

D’une présentation assez minimaliste, l’afficheur LCD digital restitue la vitesse instantanée, le niveau d’énergie à disposition, le kilométrage total et un compteur partiel. S’y ajoute une prise USB assez pratique pour recharger son smartphone.

Autour du cadre et du guidon

Élément central de la Storm Bee : un cadre en aluminium forgé (6061 T4 & T6) avec bras oscillant. Il est suspendu à l’avant par une fourche inversée 47 mm Fast Ace réglable en compression et en détente. Emprisonné dans un ressort hélicoïdal, le monoamortisseur à l’arrière offre également un grand débattement. Le freinage hydraulique s’appuie sur de grands disques, et un étrier à 2 pistons pour l’avant, un seul à l’arrière.

Le modèle de présérie essayé a reçu quelques modifications de la part du distributeur Maze, spécialiste de la moto électrique installé à Paris (112, boulevard Voltaire, dans le 11e arrondissement). Ainsi avec l’ajout d’une mousse de protection sur le guidon, de protège-mains, et de platines de commandes.

Des boutons à proximité de la poignée de droite permettent d’intervenir sur les modes de conduite (Sport, Pluie, Eco) et la puissance du frein moteur, mais aussi d’activer au besoin la marche arrière.

Elle envoie des watts !

Premier rituel avant le départ, chevaucher la Storm Bee dont la selle fine et dure est perchée à 90 cm. C’est bien adapté à l’enduro, mais aussi à la conduite en ville. Cette situation aide à voir assez loin ce qui se passe dans la circulation. L’angle de braquage pour les manœuvres n’est pas optimum. Heureusement que la moto est légère ! Nous avons commencé, par prudence, en mode Eco. Il limite la puissance d’accélération, mais aussi à 70 km/h la vitesse maximale. Ainsi, la Storm Bee se montre déjà très réactive, avec de belles reprises au besoin. « Oula, ça réagit bien et pourtant je suis en mode Eco », a rapidement lâché de surprise Maxime Fontanier. « Ca bombarde suffisamment pour la ville », a-t-il complété. A sa puissance maximale, le frein moteur est assez marqué.

La transmission de la moto électrique badgée Sur-Ron apparaît relativement sonore, pour ne pas dire bruyante. Jouer avec le système de freinage se traduit par une certaine plongée à l’avant. Le mordant est là, avec un bon dosage.

Le mode Eco est déjà suffisant pour atomiser les deux-roues thermiques lorsque les feux de signalisation passent au vert. « Mais elle a levé ! », a poussé notre essayeur en passant au mode Sport au feu suivant. « Ah ouais, on peut faire du wheeling avec ça ! », s’est-il amusé. « En mode Sport, ce n’est plus la même ! », s’est-il encore enthousiasmé.

Malgré un guidon assez large, la position élevée des rétroviseurs aide à se faufiler dans la circulation. Ils coiffent facilement ceux d’un grand nombre de voitures piégées dans les bouchons.

La vivacité de la Storm Bee fait penser à un autre modèle de moto électrique : la Zero FX, « également légère et qui marche aussi très très fort ! ». Nous avons apprécié la suspension de la moto électrique de Sur-Ron qui encaisse bien les chocs de la chaussée.

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A l’aise sur le périphérique et les autoroutes parisiennes

Les vitesses maximales de 70 et 90 km/h du périphérique et des autoroutes à proximité de Paris sont rapidement atteintes avec la Storm Bee. Dans ces conditions, la moto électrique fabriquée en Chine affiche quelques limites si l’on s’imagine réaliser avec elle des trajets relativement importants : une selle trop dure et un manque de protection contre le vent.

A grande vitesse, le train avant est perçu comme léger et sensible, en particulier en raison des pneus montés sur l’engin. Pour une telle utilisation, Cleanrider vous conseille de choisir des modèles au dessin mieux adapté. Sachez cependant qu’en filant à 90 km/h, il faudra vous attendre à ne pas disposer de plus de 50-60 km d’autonomie. Le mode Eco devrait permettre de flirter avec les 80 km de rayon d’action.

Lors de notre essai, nous n’avons pas pu parvenir à la vitesse de pointe. De peu : 105 km/h. Sans doute en raison des masses d’air sous un ciel plombé. A noter que le klaxon est bien trop timide pour se faire entendre dans un tunnel chargé.

A la fois dure et étroite, la selle de la moto électrique de Sur Ron n’est pas idéale pour les longs trajets.

Disponible dès cet été

Les modèles qui seront disponibles dès cet été bénéficieront de différentes améliorations. Dont un refroidissement liquide de la batterie. Pourtant, lors de notre essai musclé, l’absence d’un tel système ne s’est pas traduite par une élévation anormale de la température des cellules. « C’est plutôt bon signe, et ça prouve une certaine qualité de fabrication », en a déduit Maxime Fontanier.

Peut-être qu’avec un usage enduro intensif, et sous d’autres températures extérieures, le risque existe-t-il vraiment. Une selle plus confortable et un ABS seraient les bienvenues, en particulier pour faire une bonne moto urbaine de cette électrique d’enduro.

Le site Internet de Maze épingle actuellement la Storm Bee à 8 690 euros hors aides de l’Etat. Toutefois, la version disponible cet été devrait grimper aux alentours des 9 500 euros. C’est un peu cher pour une moto 125, mais compétitif pour une électrique, notamment au regard des tarifs pratiqués par la concurrence.

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Commentaires

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Mamaz
24 jours il y a

Intéressante cette Storm Bee, en terme de poids/puissance. Je suis persuadé que l’électrique est l’avenir en moto verte, et en général ceux qui critiquent n’ont jamais essayé.
En revanche c’est vraiment dommage de ne pas avoir mis de frein arrière au pied, comme sur une moto en fait… Pour moi c’est redibitoire, c’est pour ça que je suis partis sur une Electric Motion Escape R, alors que je pratique plus l’enduro/trail que le trial.
Autre avantage de l’EM, c’est son embrayage pour le franchissement et contrôler le patinage, étonnant que ça ne soit pas proposé ici vu que la storm bee est destinée avant tout au tout terrain, et certainement pas à la ville…
Tout comme l’option frein moteur / régénération de batterie au guidon lors des descente, incroyable d’efficacité et indispensable.
Bref, l’EM est bien mieux, pour un tarif quasi équivalent, et c’est made in France !
Seule reproche que j’ai de l’EM : autonomie et ce n’est pas une enduro.
Mais si Sur-Ron réalise ces changements dans le futur et augmente l’autonomie à 180km, je franchis le pas!
Reste aussi à voir le prix avec une vraie fourche, la Kayaba étant en option…

QUELIN
22 jours il y a
Reply to  Mamaz

Bonjour Messieurs,

L’essai est très bien.

Comme c’est une Enduro, pourquoi ne pas lui fait aussi gravir un escalier ?

Bonne continuation.