AccueilVélo électriqueFinalement, mon bingo vélo des dîners de fêtes de fin d'année n’a pas eu lieu

Finalement, mon bingo vélo des dîners de fêtes de fin d'année n’a pas eu lieu

Les fêtes de fin d’année et les soirées du Nouvel An sont souvent arrosées de quelques grammes d’alcool faisant office de sérum de vérité. Les langues se délient, la retenue disparaît. Pourtant, le bingo vélo et mobilité 2025 n’a pas vraiment été validé cette année.

Et oui, les temps changent, disait le philosophe‑poète MC Solaar. Pour une fois, ni le vélo ni la trottinette ne sont passés à la rôtissoire.

C’était même l’inverse. Les questions tournaient autour du vélo électrique pour aller travailler, de l’équipement quand il pleut, du prix, des trottinettes débridables (ben oui, forcément), du prix, encore du prix, nerf de la guerre en cette période financière compliquée pour une classe moyenne qui aspire à un peu plus. J’ai profité des excès de franchise pour récolter des avis de personnes très différentes dans leurs profils comme dans leurs déplacements.

Le vélo n’est désormais plus ce cliché écolo. Il est devenu une solution pour préserver son automobile, alors que l’âge moyen du parc a plus bondi depuis le COVID que les 10 années qui ont précédé la pandémie, et que l’addition voiture n’a jamais pesé aussi lourd sur des budgets déjà dans le rouge. La bagnole est devenue un fardeau financier ; il faut des alternatives, quoi qu’il en coûte, mais avec un coût contenu.

Là où, hier, les transports en commun déclenchaient le passage à la mobilité dite douce (trottinette, gyroroue, vélo) d’usagers excédés, ce sont désormais les habitants de zones mal voire pas du tout desservies qui font, paradoxalement, leur apologie.

Vélo et trottinette sont plébiscités pour leur côté abordable, leur entretien limité et, (et cette raison, je ne l’avais pas vu venir) parce que ce sont des objets « super fun », « archi cool » et autres superlatifs arrosés à l’alcool.

L’écologie passe à la trappe : elle devient une conséquence collatérale d’un changement de comportement, motivé par l’envie de s’éloigner d’une dépendance automobile trop lourde, financièrement, temporellement et mentalement. Il y a également une sorte de volonté de retrouver du temps pour soi.

La vraie surprise, celle qui m’a scotchée, a été un enthousiasme non contenu pour le vélo cargo. Pas seulement pour « emmener les mioches à l’école », mais aussi « faire les petites courses », « se balader », « transporter des trucs ». J’ai même eu droit à plusieurs « franchement, certains ont de la gueule ! ». L’euphorie retombe un peu quand on évoque le prix des modèles haut de gamme : « À ce tarif‑là, je repars avec une CB600 neuve chez Honda. Faut pas déconner. » Certes, les engins ne sont pas comparables, mais l’argument s’entend.

Pourtant, les 3 000 à 3 500 euros demandés pour ce genre de biclou n’ont pas effrayé tout le monde. Pas plus que les « 2 400 euros pour un beau vélo », un budget qui permet, surtout en promo, de s’offrir un modèle déjà très bien équipé.

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La trottinette, elle, reste l’outil pas cher. Pratique, mais qui fait peur : « J’ai peur de tomber », m’a‑t‑on répété quasi systématiquement. Avec un ticket d’entrée moyen autour de 400 euros, le rapport utilité‑prix reste pourtant difficile à battre.

Les cyclistes, en revanche, en ont pris pour leur grade, surtout ceux de la métropole parisienne. Égoïstes, manquant totalement de respect aux piétons et autres usagers, forceurs, râleurs, se croyant tout permis, grillant feux rouges, stops et tout ce qui demande un minimum d’arrêt dans le Code de la route : le tableau dressé ressemblait à un script de Guillermo del Toro, la poésie en moins.

D’ailleurs, cyclistes est inapproprié. Il s’agit de vélotaffeurs. Une distinction qui ne se prête pas vraiment à ceux qui tentent de choper des koms sur Stravia en ville, en bombardant à 45 sur des S-Works affûtés. La notion de bon sens a beaucoup circulé. Les automobilistes sont loin d’être innocents, mais ce constat pousse surtout à redoubler de vigilance d’après mes interlocuteurs.

Plus que les erreurs, c’est l’imprévisibilité des cyclistes qui effraie : « Ils sortent de nulle part », « tournent sans prévenir », « grillent les feux sans regarder ». Il en ressort une impression d’impunité, érigée en droit du n’importe quoi au nom de la fragilité. J’ai donc remis le Sanctuaire au milieu des Chevaliers du Zodiaque.

Car en face, il y a aussi le risque automobile. Sur les dizaines de milliers de kilomètres que je parcours chaque année à vélo pour me déplacer, les erreurs des automobilistes sont du même ordre, statistiquement comme en termes de potentiel dramatique.

Les pistes cyclables désengorgent d’ailleurs plus les routes qu’on ne l’imagine, et des millions de personnes utilisent désormais le vélo au quotidien, même si cela ne représente encore qu’une petite part de l’ensemble des déplacements en France.​

Sur la route, on croise aussi des cyclistes capables d’envoyer 400 W à la roue arrière d’un vélo de 7,5 kg et donc de rouler à 35‑40 km/h. Une allure plus à sa place sur la chaussée que sur certaines pistes partagées avec les piétons. Il fallait le mentionner pour que ce soit compris et accepté.

Au final, les échanges ont été plus cordiaux que prévu et la politique a cédé la place à un registre pratico‑kiffant. Pour mon plus grand bonheur. Les clashs finissent par être lassants.

La bonne nouvelle, c’est que la mobilité douce (et le vélo en tête) a cessé d’être une bataille politique de piliers de bar noyés dans les pressions de 8-6. Les gens ont accepté d’y passer et, surtout, semblent heureux de l’avoir fait.

Quand on regarde ce que le marché nous réserve dans les prochaines années, difficile de ne pas être enthousiaste. Et vous, quels échanges avez-vous eu ?

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