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La première moto électrique de Royal Enfield est enfin disponible. Un modèle au style néo-rétro qui fait mouche et qui pourrait bien changer la donne sur le segment des équivalents 125 cm3. Nous avons pu l’essayer en Inde avant d’en reprendre le guidon en Ile de France.
On vous en parlait ici, l’Inde mise sur l’électrique avec un plan ambitieux pour financer près de 5 millions de véhicules Dans le même temps, l’un des plus prestigieux constructeurs de Bharat (le nom officiel du pays en sanskrit et en hindi) lance sa toute première moto électrique. Dévoilée il y a deux ans sous la forme d’un prototype, la Royal Enfield Flying Flea C6 a d’abord été commercialisée en juin dernier à Bangalore, capitale de l’EV en Inde, avant d’arriver chez nous en cette fin d’année. Le modèle qui a demandé près de dix ans de développement, mise avant tout sur la légèreté et la facilité de pilotage. Une moto électrique qui est donc taillée pour les déplacements quotidiens, mais pas seulement. On y reviendra plus loin.
La Royal Enfield Flying Flea C6 est produite en Inde, dans l’usine du constructeur à Chennai dans le sud-est du pays. Les installations sont situées sur le même site que la chaîne d’assemblage des motos thermiques. Elle tranche par sa taille modeste et ses installations épurées. Normal vu le nombre limité de pièces et l’absence d’huile.

Au moment de notrre reportage, réalisé au coeur de l’été, ce sont 600 à 700 moteurs environ qui sont entièrement produits sur place, au premier étage de l’usine de Chennai. Alors que les cellules Samsung DSI arrivent dans des cartons, les batteries sont assemblées à proximité suivant sur une chaîne qui est pratiquement entièrement automatisée. Les petits câbles de connexion et les composants de gestion thermique sont encore appliqués à la main. Après une batterie de tests (le jeu de mot est facile), le pack est scellé dans une coque en aluminium étanche. Celle-ci dispose néanmoins d’une partie accessible ce qui évite de devoir démonter la moto en cas de maintenance.
Un robot AMR (Autonomous Mobile Robot, ou robot mobile autonome) va ensuite prendre en charge les batteries et les moteurs pour les emmener sur la ligne. L’assemblage est réalisé à la main, avec une particularité qui distingue l’usine de Royal Enfield : il n’y a que des femmes qui travaillent sur cette chaine dédiée à la Flying Flea C6. 100 motos sont produites chaque jour actuellement en attendant d’augmenter la cadence, soit une toutes les six minutes.
La dernière étape consiste en plusieurs tests, qu’il s’agisse d’accélération, de décélération, de V max ou encore de bruit, avec un banc d’essai situé en toute fin de la ligne de production.
Une chose est sûre, la Royal Enfield Flying Flea C6 tranche énormément avec l’ensemble de la production actuelle sur le segment des équivalents 125 cm3. En effet, les designers ont eu la bonne idée de s’inspirer directement de la Royal Enfield Flying Flea dont elle tire son nom. Une moto lancée en 1942 qui se devait d’être suffisamment compacte et légère pour être parachutée sur le front. Un héritage qu’on retrouve clairement dans l’élégante silhouette de cette version néo-rétro, et qui culmine avec le cadre exosquelette en aluminium bien visible, ou encore la selle suspendue comme sur le modèle original (la selle passager peut être facilement démontée). Trois coloris sont proposés avec le vert, le full black et notre préférée, la version Parachute White avec ses éléments qui combinent le blanc et le champagne avec la selle et les poignées bleues.
À l’avant, la Royal Enfield Flying Flea C6 arbore le plus petit phare jamais intégré sur une moto de la marque. Pour autant, il promet un niveau élevé d’éclairage grâce à la technologie LED et à un faisceau suffisamment large. N’ayant roulé que de jour, on ne pourra pas juger de son efficacité pour le moment.
La jolie fourche Girder en aluminium forgé apporte une touche supplémentaire d’originalité, alors qu’au centre de la moto, la batterie lithium-ion de 3,91 kWh est sculptée et fait office d’élément porteur. Elle arbore des ailettes qui favorisent le refroidissement du bloc magnésium. Une fonction pratique qui apporte aussi de la fluidité au design à l’instar de la Livewire One par exemple.
En dessous, les repose-pieds ont la particularité de pouvoir être avancés ou reculer en fonction des préférences du motard. De la même façon, si nos modèles d’essai étaient tous deux places, un tour de clef suffit pour démonter la selle passager, qui gagne ainsi encore en style. Vous l’aurez compris, cette Royal Enfield Flying Flea C6 joue à fond la carte du capital séduction, si tant est qu’on lui pardonne les quelques éléments en plastique tels que les garde-boues.

Légère visuellement, la moto l’est aussi une fois qu’on prend place sur la selle. Le fait qu’elle soit très étroite permet de poser les deux pieds par terre (rassurant pour les débutants), et augure un gabarit parfaitement adapté à l’interfile. La position de conduite est très droite et la selle aurait gagné à être reculée d’une dizaine de millimètres. Mais le plus gênant reste sa fermeté, même si, moto électrique oblige, il est peu probable qu’on passe la journée le séant posé dessus
Les rétroviseurs sont bien implantés et garantissent une bonne visibilité à l’arrière, tandis que les commandes rétro-éclairées au guidon témoignent de la longue expérience du constructeur indien en matière d’ergonomie. À un détail près : dans les premiers temps, il n’est pas rare de confondre les clignotants avec les commandes du système embarqué.
La sélection des différents modes de conduite s’effectue du côté gauche avec une molette dédiée sur la droite de la poignée. Quatre modes sont proposés auxquels s’ajoute la marche arrière bien sûr. Pas forcément indispensable tant la moto est légère.
Toujours à propos du système embarqué, Royal Enfield met tout le monde d’accord avec la Flying Flea. En effet, à l’instar de la Bear 650 ou de la dernière Himalayan, celui-ci s’articule autour d’un écran couleur rond associé à une interface bien lisible. Notez qu’il est tactile en plus de pouvoir être commandé depuis les boutons qui sont intégrés sur le comodo gauche.
Et cerise sur le gâteau, le système d’exploitation basé sur un noyau Android permet de répliquer la navigation Google Maps du smartphone sur l’écran de la moto. L’affichage est de qualité et les informations sont parfaitement lisibiles. Une fonctionnalité qui devient vite indispensable et qui fait encore défaut à des motos (électriques ou non) autrement plus onéreuses. De la même façon, un chargeur sans fil de 15 W prend place dans le rangement sur le dessus du faux réservoir. Le cas échéant on peut directement utiliser le port USB type C de sorte à garder le smartphone et son câble à l’abri des intempéries. Mais on vous recommande un câble plutôt court afin de pouvoir le glisser dans l’espace contraint.
Surprise, la Royal Enfield Flying Flea C6 est livrée sans clef aucune. Tout passe par l’application mobile qui est liée au téléphone du propriétaire en concession. Bien entendu, la moto reste utilisable même si vous avez oublié votre smartphone ou qu’il n’a plus de batterie (qu’on peut recharger sur la C6 on le rappelle). En effet, si ce dernier n’est pas détecté, un code PIN est demandé pour pouvoir démarrer. Ce qui permet aussi de partager la moto à loisir en le communiquant à un tiers.
C’est parti pour les premiers tours de roues au guidon de la Royal Enfield Flying Flea C6, sous le soleil de plomb de Chennai. Etonnement, la moto n’est aussi silencieuse qu’on aurait pu le croire. La faute au bruit généré par la courroie primaire en carbone, à l’instar de la courroie de transmission. Par ailleurs, On n’aura cessé de le répéter mais la C6 est vraiment étonnante de légèreté et de facilité. Les roues de 19 pouces n’entravent en rien l’agilité avec un centre de gravité proche du centre de masse.

Suffisamment vive avec un pic de puissance de 15,4 kW/21 ch (8 kW/11 ch en nominal), et un couple généreux de 60 Nm, la Royal Enfield Flying Flea C6 nous catapulte au feu vert. Mais sans non plus donner dans la violence avec une sensation permanente de contrôle. Il faut dire que la moto dispose aussi du contrôle de traction et de l’ABS.
De plus, les différents modes de conduite sont plutôt calibrés. Le mode City offre un léger bridage mais autorise néanmoins d’atteindre les 90 km/h sur autoroute. C’est celui à privilégier en agglomération et sur les voies rapides limitées à cette vitesse justement. Le freinage régénératif est important ce qui permet de ne pas pratiquement pas toucher les leviers au guidon. À ce propos, les freins offrent un excellent mordant, à tel point que l’ABS déclenche assez souvent à l’arrière. Il est aussi possible de forcer régénération en poussant la poignée de l’accélérateur vers l’avant, mais cette fonctionnalité reste perfectible selon nous. En effet, même au niveau le plus élevé, la récupération au freinage manque de puissance. Ne vous imaginez pas décélérer par ce seul moyen, d’autant que le système ne fonctionne pas jusqu’à l’arrêt total de la moto.
Le mode Highway s’accompagne d’un effet roue libre de sorte à optimiser la consommation sur autoroute. Enfin, le mode Sport pousse tout à fond avec une vitesse maximale de 112 km/h relevée au compteur, une régénération limitée, à l’inverse du mode Rain qui bride la moto qui se transforme en petit solex d’antan.
Enfin, le mode Perso laisse le choix au motard de régler l’ABS et le Traction Control (sur trois niveaux ou off pour les deux), la réponse à la poignée d’accélérateur, ainsi que le niveau de régénération. À réserver au motard expérimenté qui pourra s’amuser à loisir, notamment sur les terrains meubles.
La Royal Enfield Flying Flea C6 est annoncée pour 115 km d’autonomie. Dans la pratique, vous pourrez parcourir près de 100 km, y compris avec quelques portions d’autoroute en limitant la vitesse à 90 km/h. Ce qui correspond finalement aux limitations dans la plupart des grands centres urbains comme l’Ile de France par exemple. Nous avons tout de même poussé la moto dans ses derniers retranchements. Ce traitement de choc s’est soldé par une recharge après 50 km en mode Perso (avec tous les réglages de puissance à fond) et la poignée d’accélérateur vissée en bas. La puissance est légèrement bridée quand le SOC affiche moins de 15%, avec un mode tortue à 3 %.

D’autre part, le système de refroidissement par air est d’une efficacité rare, notre test s’étant tout de même déroulé par plus de 35 degrés alors que nous n’avons pas ménagé notre monture. D’ailleurs Royal Enfield nous a indiqué avoir réalisé des tests dans des conditions plutôt extrêmes. Notamment à plus de 2 500 m d’altitude, une première pour une moto électrique, et même dans l’eau en faisant rouler la C6 sur 500 m dans un gué de 500 mm.
Enfin, la Royal Enfield Flying Flea C6 est équipée d’un chargeur embarqué de 2,2 kW pour récupérer un kilomètre d’autonomie par minute environ. Le 20 à 80 % est annoncé en un peu plus d’une heure avec une puissance de recharge maximale de 2,2 kW. Situé sur le flanc droit de la moto, le port de charge est verrouillable pour sécuriser le câble, et l’application mobile permet de suivre la progression à distance. Notez enfin qu’il est possible d’utiliser un câble standard trois broches (tels que ceux qui sont fournis avec un appareil à raclette ou une tour PC) pour une recharge de dépannage.


La Royal Enfield Flying Flea C6 est affichée à 5 990 €. Un tarif plutôt agressif compte tenu de son niveau d’équipement. La moto reçoit notamment de série l’ABS, le contrôle de traction, le régulateur de vitesse, la navigation Google Maps sur son écran couleur et plusieurs fonctions connectées, dont le démarrage via smartphone.
Entre son design original, sa qualité de fabrication et ses performances, la Royal Enfield Flying Flea C6 a toutes les cartes en main pour s’imposer parmi les meilleures motos électriques 125 du marché. Les performances sont au rendez-vous pour cette petite moto extrêmement agile, qui pourra vous catapulter au feu vert laissant tous les modèles thermiques derrière vous.
En l’état actuel de la technologie, Royal Enfield ne révolutionne pas l’autonomie de la batterie qui dépendra avant tout de votre style de conduite. Néanmoins, si on ajoute un prix très agressif au regard de l’équipement dans l’équation (ABS et Traction Control en courbe, régulateur de vitesse, GPS et fonctions connectées dont la clef sur smartphone), la Royal Enfield Flying Flea C6 a le champ libre.
| NOTE GLOBALE | |
| Confort | |
| Conduite/performances | |
| Autonomie |
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