Sommaire
La suite de votre contenu après cette annonce

Jolie et sympa à manœuvrer, la Pure Escape Pro gagne en générosité face au modèle précédent, mais manque encore de performances et de modernité face à la concurrence.
Toutes les marques de trottinettes électriques ne sont pas chinoises. Quelques acteurs tentent de faire leur nid sur un marché ultra-concurrentiel, comme Pure Electric. Fondée par Adam Norris, le père du champion de F1 2025 (Lando), la société avait d’abord commencé avec des vélos électriques assez bon marché.
Puis la firme britannique a pris un virage avec des conceptions plus originales, afin de se faufiler entre Segway-Ninebot et Xiaomi. Nous avions testé leur modèle le plus exotique, la Pure Advanced Flex, pliable en plusieurs fois. Une autre trottinette électrique nous a interpellés : la Pure Escape Pro.
Descendante de l’Escape, moins autonome et moins puissante, celle-ci conserve la position de conduite atypique de l’Advanced, avec un format très compact. La structure est toutefois plus dépouillée, sans pliage extrême, afin d’abaisser le tarif. À 449 €, l’Escape promet aussi de sortir du bitume avec ses pneus crantés… mais est-ce possible sans suspension ? Quid des performances et de la connectivité face aux cadors ? Nous avons roulé avec cette nouveauté pendant 10 jours.
La conception de cette Pure Escape consiste à supprimer le plateau au profit de deux repose-pieds latéraux. Posées de part et d’autre du châssis, les jambes subissent moins les secousses et vibrations que sur une trottinette électrique classique. L’absence de suspension, que l’on pourrait redouter, n’est finalement pas si grave. D’autant que même des rivales sous 500 € commencent à en adopter, à l’image des Ninebot E3 E, Xiaomi Electric Scooter 5 ou Niu KQi 200F.


La position avancée du corps vers l’avant joue aussi sur l’équilibre des masses. On repose autant sur les pieds que sur les bras, avec un sentiment de confort plus marqué. Ajoutez les pneus de 2,6 pouces de large (et donc un petit amortissement supplémentaire), et vous obtenez un bilan très positif. Bien sûr, les routes abîmées et les chemins accidentés restent à éviter, car le châssis demeure assez rigide, mais on se plaît à l’utiliser au quotidien.
Petite d’apparence, la Pure Escape paraît presque conçue pour des personnes de petite taille. Or pas du tout : notre gabarit d’1,84 m passe bien. Il ne faut toutefois pas être beaucoup plus grand, car les bras sont déjà quasiment tendus. En tout cas, cela offre des dimensions très compactes, avec une longueur dépassant à peine 1 mètre (104 cm). Avec 105 cm de haut, l’engin se plie de façon conventionnelle. Une fois pliée, on descend à 52 cm de hauteur, de quoi la ranger très facilement. Quant au poids, il dépasse tout juste les 19 kg : on attendait un petit effort de ce côté.
Dommage : la petite béquille cachée sous le repose-pied gauche est maladroite. On peine parfois à la déplier au pied, tant elle est courte et peu accessible… tout en étant un poil trop longue pour cette Pure au ras du sol. Il suffit d’un sol légèrement bombé, et la trottinette peut facilement tomber avec la béquille en place. C’est mieux du côté des garde-boue : l’avant, très long, protège bien les pieds. Hélas, l’arrière « oublie » et asperge abondamment les personnes qui nous suivent…
Le guidon est large (61 cm), mais oublie les clignotants, arf ! En revanche, l’éclairage est généreux, avec un faisceau de 150 lumens : un peu étroit, mais assez long pour voir hors des rues éclairées. À l’arrière, le petit bloc à 4 diodes suffit largement, et dispose d’une fonction stop.
La position atypique du corps offre un bel agrément de conduite. La Pure Escape place les pieds près du sol, abaissant le centre de gravité, avec un corps avancé sur le guidon. Résultat : une trottinette électrique amusante à manœuvrer, tout en restant stable en ligne droite.

En virage, le système de stabilisation de direction tempère les excès, et aide lors des passages sur des obstacles. Les roues de 10 pouces n’ont rien d’exceptionnel, mais les pneus larges participent à l’agrément. L’Escape respecte en partie son nom, puisque les gommes crantées s’affranchissent des graviers ou de la terre, tout comme de la pluie. En revanche, dès l’apparition de cailloux, de racines, voire de gros pavés en ville, les secousses deviennent très présentes.
Aucune appréhension par tous les temps, grâce à une résistance IP65, même lorsqu’il s’agit du freinage. Le levier unique actionne un tambour à l’arrière : il est plutôt performant et ne bloque pas trop facilement la roue.
Le moteur est lui aussi placé à l’arrière. Il délivre 500 W de puissance nominale et 900 W en pic. Les accélérations sont très bonnes, avec une progressivité correcte jusqu’à la vitesse maximale de 25 km/h.

La promesse de performance se désagrège toutefois dès que l’on aborde une pente soutenue. Impossible de tenir au-delà de 20 km/h là où une rivale de puissance similaire passe sans problème. Et on parle bien du mode maximal Sport (S rouge) : un second mode Confort (S blanc) limite à 20 km/h, en plus du mode marche (Eco), où l’éclairage clignote.
Nous l’avons décrit dans notre article sur les autonomies de trottinettes électriques : la théorie et la réalité peuvent réserver des écarts surprenants. Le site officiel de Pure Electric indique d’ailleurs deux valeurs : 25 miles (40 km) calculés à 20 km/h, et 62,1 km à 15 km/h. Dans tous les cas, nous sommes bien en présence de l’Escape Pro « tout court » avec une batterie de 10 Ah. De notre côté, nous relevons exactement 9,6 Ah (355,2 Wh) sous le châssis.

Même en prenant les 40 km théoriques, notre expérience est toute autre. Par une température oscillant autour de 10 °C, l’engin peine à dépasser les 20 km par charge. Nous avons réalisé trois parcours différents en région parisienne pour décharger pleinement la batterie, avec un résultat très proche.
Précisons les conditions pour la transparence : parcours assez plat, de nombreuses accélérations, charge de 80 kg, vent faible. Ajoutons que nous avons pu réaliser un dernier jour de trajets à 15 °C : la trottinette révèle alors plus de 30 km d’autonomie, avec une consommation proche de 11 Wh/km (contre 17,5 Wh/km à 10 °C). On aurait aimé tester davantage pour affiner le jugement.
Le chargeur fourni avec la Pure Escape affiche une intensité de 2 A, soit 84 W à 42 V. Avec cela, la trottinette récupère 50 % de charge après 2h30 et 80 % après 4 heures. Après 85 %, cela devient un peu confus, car l’application passe subitement à 99 %.

Il faut encore patienter pour voir le voyant du chargeur passer au vert, signe de charge totale : comptez 5h20 au total. Le suivi reste possible sur l’application, ainsi que sur l’écran via sa jauge.
Au guidon, ou plus précisément sur la potence, l’écran central est minimal. Pure Electric ne se distingue pas de la concurrence : on retrouve l’affichage de la vitesse, surmonté d’une jauge de batterie à 5 barres. Le bouton d’allumage, qui sert aussi pour les changements de mode et l’activation de l’éclairage, est au centre. Peu pratique, donc, car il faut s’arrêter pour l’utiliser sans prendre de risque.

Une application Pure Electric permet d’afficher quelques informations. Un peu désuète, elle mériterait un vrai rafraîchissement, surtout côté connectivité et ergonomie. Déjà, la connexion à la trottinette électrique est à relancer à chaque ouverture, voire plusieurs fois par trajet, car la Pure Escape se déconnecte sans cesse. De plus, la recherche Bluetooth liste tous les objets à proximité, et la Pure n’apparaît que sous son adresse MAC (12 caractères). Une appli de geek pour les geeks !
Une fois appairée, l’application affiche un compteur de vitesse et de puissance qui se veut graphique… mais avec un pourcentage de batterie minuscule. En bas de l’écran, il est possible de modifier les modes et l’éclairage, ce qui rapproche la manipulation d’une commande au guidon. Deux menus existent : l’un pour quelques réglages, l’autre pour diverses données (puissance, température et surtout kilométrage), que l’on aurait aimé voir directement sur l’accueil.
Auparavant connue sous le nom d’Escape « tout court », la Pure Electric Escape Pro conserve un tarif assez abordable. Dans le cœur du marché à 449 €, elle peine à faire concurrence à la version Pro +, dotée d’une meilleure autonomie (12 Ah, soit 50 km théoriques). Cette trottinette électrique existe autant sur le site officiel que chez de nombreux revendeurs en ligne, comme Fnac-Darty, Decathlon, Boulanger ou Weebot.

L’anglaise vient ainsi affronter directement la Ninebot E3 Pro E (449 €), la Xiaomi Electric Scooter 5 Pro (459,99 €), ainsi que les alternatives Navee GT3 Pro (419 €) et Niu KQi 200F (469 €).
La marque britannique annonce une garantie de seulement 12 mois, alors que la garantie légale de conformité est de 2 ans minimum en France (et, plus largement, dans l’UE). :contentReference[oaicite:0]{index=0} On ne trouve aucune documentation sur la garantie, ni de manuel ou de pièces détachées sur le site français. Heureusement, le manuel est livré, mais on trouve seulement des pièces sur la page britannique pour les anciens modèles. C’est insuffisant pour rassurer en après-vente !
La Pure Escape Pro se distingue par une approche vraiment originale, avec une position de conduite atypique qui apporte agilité, stabilité et un vrai agrément au quotidien, le tout dans un format compact facile à manipuler. Son design et ses coloris font aussi mouche. En revanche, les performances restent sages, l’autonomie limitée en hiver et l’absence de suspension tempèrent l’esprit « Escape ». Ajoutez une technologie datée et un SAV peu rassurant, et la concurrence devient difficile à contenir malgré un prix attractif.
La suite de votre contenu après cette annonce
Le meilleur de Cleanrider, dans votre boite mail !
Découvrez nos thématiques vélos électriques, scooters électriques, équipements & bons plans et bien d'autres.
S'inscrire gratuitement