
Partis de rien ou presque en 2018, Alexis Mazet et Nicholas Vallée ont construit Maze Garage avec une idée simple : proposer une autre vision du deux-roues électrique. Entre passion moto, sens du service et choix stratégiques assumés, les deux entrepreneurs reviennent sur leur parcours et leur vision d’un marché encore en construction.
Rien ne destinait Alexis Mazet et Nicholas Vallée à se lancer dans la mobilité électrique. « J’étais dans le commerce et l’optique, donc rien à voir avec les bécanes », explique le premier. « Moi, j’étais en école de commerce », complète le second.
Pas de formation technique, pas d’ancrage dans le secteur : seulement une passion commune pour la moto. « Avant d’être concessionnaire, nous étions des passionnés. » Une passion d’abord tournée vers le thermique, mais qui va progressivement les mener vers l’électrique.
Le déclic tient autant à l’opportunité qu’à leur profil. « On s’est dit que l’électrique, c’était peut-être le seul et le meilleur moyen de rentrer dans la moto sans avoir forcément le background »
L’idée était aussi de ne pas reproduire les codes existants. « On voulait quelque chose qui nous ressemble. On ne voulait pas être dans un truc crade de mécanicien. » Cela passe notamment par une approche plus soignée du retail. « On ne voulait pas être dans un truc crade de mécaniciens. »
L’aventure démarre en 2018 avec un premier magasin à Paris. A l’époque, les moyens sont limités, mais la motivation bien présente. « On avait littéralement quatre motos… On n’avait tellement pas de thune qu’on n’avait pas de radiateur », se souvient Nicholas Vallée. Le showroom est minimaliste, mais l’essentiel est ailleurs.
Malgré les conditions spartiates du départ, la croissance arrive rapidement. « Dès fin 2019, on avait déjà une petite clientèle. » L’entreprise enchaîne alors les étapes de développement avec de nouveaux magasins.
Maze revendique plus de 10 millions d’euros de chiffre d’affaires et plus de 3 000 véhicules vendus depuis la création. « En 2025, on fait 350 véhicules neufs et 100 véhicules d’occasion. C’est un beau succès, mais cela a été crescendo », reconnaissent nos deux interlocuteurs.
Dans un marché instable, tous les acteurs n’ont pas survécu. Les Nouveaux Scooters, GO2roues… Alors que certains magasins spécialisés ont mis la clé sous la porte, Maze Garage attribue sa résilience à un facteur clé : l’adaptation. Une agilité qui s’est traduite par des choix structurants, notamment sur le réseau de magasins. L’entreprise n’a pas hésité à accélérer… puis à freiner brutalement. « On a ouvert un deuxième magasin, un troisième magasin puis un quatrième magasin quand on en a eu l’opportunité. Mais dès qu’on a senti que cela ralentissait, on a fermé deux magasins ».
A l’opposé de la croissance à tout prix, cette stratégie a permis d’éviter l’enlisement. « On a perdu de l’argent sur ces fermetures, mais on l’a fait au bon moment ». Malgré cette structure allégée, les premiers résultats sont encourageants. « Depuis le début de l’année, on réalise globalement le même chiffre que l’an dernier ».
Mais l’élément le plus structurant reste sans doute le service après-vente. Dès le départ, Maze fait un pari à contre-courant du marché. Là où les concurrents vantent le « zéro entretien » des deux-roues électriques, les deux jeunes entrepreneurs adoptent une approche plus pragmatique.
« Il y a moins d’entretien mais les gens ont toujours besoin de changer leurs pneus ou leurs plaquettes de freins, voire d’effectuer des réparations en cas d’accident » nuancent-ils. Une activité SAV d’autant plus importante qu’elle contribue aussi directement à la rentabilité de la structure. Aujourd’hui, si « trois quart du chiffre d’affaires » provient de la vente, « 50 % des bénéfices » sont partagés avec l’atelier.

Maze a également dû composer avec la réalité d’un marché encore en phase de démarrage. Depuis leur création, les deux entrepreneurs ont vu défiler de nombreuses marques. « On a bossé avec au moins une dizaine de marques », explique Alexis. Mais le secteur reste marqué par une forte volatilité. « On a été spectateurs de l’apparition et de la disparition de nombreux acteurs », souligne Nicholas Vallée.
Un risque direct pour les distributeurs. « Si on vend une bécane et que six mois après, la marque n’existe plus, c’est nous qui en assumons les conséquences. » D’où une sélection aujourd’hui beaucoup plus stricte des partenaires. L’offre Maze est aujourd’hui structurée autour d’une demi-douzaine de marques : Vmoto, Niu, Segway, Maeving, RGNT et Sur Ron.
Au-delà du business, Maze Garage revendique aussi une certaine philosophie. « On vend des produits que nous, en tant que motards, on aimerait conduire. »

Malgré la progression des produits, on ne peut pas parler d’une véritable démocratisation du deux-roues électrique. « C’est un peu un mystère », reconnaissent nos deux interlocuteurs qui identifient toutefois quelques freins persistants : une image encore fragile, un manque de confiance, et surtout l’absence d’un acteur capable d’imposer le marché à grande échelle avec un produit iconique comme l’a fait Tesla dans le domaine de la voiture électrique.
À cela s’ajoute un problème plus fondamental : celui de la visibilité. « Beaucoup de gens ne savent même pas que ces véhicules existent… »
Avancer, mais sans se brûler les ailes
Pour la suite, les ambitions restent mesurées. Pas question de reproduire les erreurs du passé ni de forcer la croissance. La franchise est envisagée, mais sans précipitation. « C’est une piste, mais rien n’est figé. »
Pour plus d’informations, allez jeter un oeil sur le site de Maze Garage.
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