Test Jitensha Tokyo E-Bike : le fixie électrique pour flemmard

Martin Coulomb · 12 Jan 2023 17:00 ·
Test Jitensha Tokyo E-Bike : le fixie électrique pour flemmard

D’un fixie, il a tous les attributs : un cadre épuré, un look ravageur, un pignon fixe et un profil d’avaleur de bitume lissé. Mais le Jitensha Tokyo E-Bike est un fixie de feignasse puisqu’il est équipé d’un moteur électrique. Scandale ou géniale idée ? On l’a eu une semaine pour trancher.

Le fixie c’est l’arme urbaine par excellence. Léger, compact, ultra-maniable, rapide quand on l’a bien lancé, ce profil de cycle est taillé pour la ville. Bien sûr, avec son pignon fixe il doit impérativement s’accompagner de solides cuisses pour en tirer la quintessence… Et si on file vers sa version la plus extrême, il ne possède pas de freins, s’arrête en slidant et exige un mouvement constant du pédalier. Depuis quelques années pourtant, le fixie s’est un brin assoupli. On lui colle une roue libre, on ose lui ajouter des freins mais on le customise toujours à l’envi. « Pourquoi pas lui mettre un moteur électrique tant qu’on y est !? » crie le puriste. C’est pourtant ce qu’a osé Jitensha avec son Tokyo E-Bike.

L’élégance incarnée

Ce nom fleure bon le mont Fuji, les fleurs de cerisiers et la zénitude (ok on arrête les clichés…), mais Jitensha est bien une marque française. Lancée en 2017 par Nicolas Baruch, son usine d’assemblage est même à Annecy, en Haute-Savoie. Et oui, si le doute persistait, Jitensha veut bien dire vélo en japonais. La volonté initiale ? Créer un cycle épuré, élégant, sobre avec un aspect brut, presque minimaliste.

Le résultat est esthétiquement très réussi et place d’entrée ce vélo dans la bonne case : celle des fixies qu’on a envie de suspendre au mur du salon. Ce vélo est clairement un objet tendance en plus d’être pratique. D’ailleurs, si le puriste qui sommeille en vous n’assume plus l’assistance électrique, il est possible de retrouver les joies du pignon fixe en changeant simplement la roue arrière.

L’ultra personnalisation

Outre son design très élégant, l’énorme avantage d’un vélo électrique Jitensha est son degré de personnalisation. Deux types de cadres sont ainsi proposés, l’un fermé (comme sur notre modèle d’essai Tokyo), l’autre plus ouvert nommé Paris qui favorise une plus grande praticité. Seul le Tokyo est disponible en trois tailles de cadre (S, M, L) et peut se parer de sept couleurs principales différentes (Chrome, White, Black, Matcha, Copper, Concrete et Kuri).

Deux finitions, noir ou alu, pour le guidon, la fourche et le pédalier viennent compléter le décor. On peut même choisir parmi six selles (trois de série et trois Brooks avec supplément de 130€) et trois coloris différents (Black, Brown et Camel). Pour parfaire le tout, deux types de pneus sont possibles : full black ou bi-ton noir/marron pour un look toujours plus vintage. On peut aussi opter pour des garde-boue ou un petit support de panier avant. Autant dire que les combinaisons sont nombreuses et que chaque Jitensha est quasi unique.

Un vélo électrique taillé pour la ville

Petit regret, le nôtre est presque entièrement noir… On aurait adoré rouler avec ces teintes cuivrées (Copper ou Kuri) qui claquaient fort dans le showroom ou même avec ce Matcha, un vert très dense d’un chic fou. Peu importe, le défilé de mode sera pour plus tard.

Dès les premiers tours de roues, le sel d’un fixie est bien présent. C’est ultra-réactif au guidon, le cadre rigide et léger rend l’ensemble très vif. Il faut quelques centaines de mètres pour s’habituer au guidon Lowriser, certes très étroit mais qui permet de se faufiler partout. On peut même se payer le luxe de grimper quelques marches avec le vélo sur l’épaule puisqu’il pèse à peine 13kg, moteur inclus. Bien sûr, le Tokyo est aussi très raide pour les mains et le fessier. La selle profilée de série n’est pas désagréable, mais à la longue elle se fait sentir, on y reviendra.

L’aide bienvenue

Le pignon fixe fait déjà fumer les cuisses ? C’est le moment de mettre en route le moteur Zehus All-in-One de 250W intégré dans le moyeu arrière. On peut au choix pédaler par trois fois à l’envers ou démarrer la bête via l’application BitRide. Et d’un coup, le fixie profite d’une aide de 40 Nm plus que bienvenus, surtout au démarrage.

A vrai dire, lorsqu’il est lancé sur un bitume bien lisse, ce Jitensha E-Bike n’a pas tellement besoin d’assistance pour atteindre et tenir un bon 30 km/h. C’est davantage sur de longs trajets et en cote que l’aide électrique est la plus utile. Par contre, il ne faut pas s’attendre à grimper de solides dénivelés à des vitesses subsoniques. Il faudra ajouter de l’huile de coude (ou de genou pour le coup…) au moteur pour espérer conserver une allure autour de 15 km/h.

Intégré à la roue arrière, le moteur électrique offre jusqu’à 40 Nm de couple.

Entre KERS et patins…

Une fois le panorama apprécié, et le souffle repris, une belle descente lèvera le voile sur une -grande- qualité et un -gros- défaut de ce vélo. La qualité ? Un freinage type KERS intégré au moteur permettant en retropédalant légèrement de ralentir la bête et même de récupérer un brin d’énergie.

Le défaut ? Des freins à patins ! Oui… Vous avez bien lu, ce fixie vendu à partir de 2 590 € (hors options) ne dispose que de simples patins trouvant très vite leurs limites, surtout sur une chaussée humide. Bien sûr, Jitensha cherche à alléger et épurer au maximum sa monture, d’où sans doute ce choix minimaliste. Mais la pureté du design doit-elle primer sur la longévité du freinage et même sur la sécurité de l’usager, en particulier quand il pleut ?

D’autant que le Jitensha Tokyo dans sa configuration typée fixie de puriste (notre modèle d’essai en somme) préfère amplement un bitume sans aspérité ni la moindre humidité, à des pavés humides ou un revêtement imparfait. Dans le premier cas, son caractère de rouleur est délicieux (merci les pneus en 700x28C !). Dans le second, sa raideur est inconfortable à la longue. Tant par la selle très profilée mais peu avenante sur de longs trajets, que par la position de conduite qu’implique le guidon (les poignets souffrent au bout de quelques dizaines de kilomètres).

De simples patins pour un vélo électrique à plus de 2500 €… cela permet de garder l’esprit rétro mais cela reste malgré tout très limite

Autonomie contenue

Bien sûr, ce Jitensha E-Bike n’est pas un vélo de randonnée. Sa petite batterie non amovible, intégrée elle aussi dans le moyeu arrière, n’offre que 173 Wh de capacité. Au mieux, le fabricant annonce 60 kilomètres à pleine charge. Une autonomie qui tombe à 35 km si l’on choisit le mode turbo (100% de la puissance). Au passage, le vélo se recharge relativement rapidement puisqu’il ne faut que 2 heures pour passer de 0 à 80%.

C’est via l’app dédiée (BitRide) que les quatre modes possibles peuvent être choisis (turbo, custom, eco, no assist). Pratique puisque seule une connexion bluetooth est nécessaire. Mais gênant quand on veut changer de mode, qu’on veut connaître sa vitesse instantanée, voir l’autonomie restante en roulant, puisqu’aucun écran n’est visible (il est en poche c’est votre smartphone). Une fois encore, le caractère épuré du Jitensha milite en faveur d’un écran absent du cadre. Joli et chic, mais pas pratique. Pour autant, une fois le mode le plus adapté choisi, il est possible d’utiliser le Jitensha sans même ouvrir l’application.

Au fond, ce fixie de flemmard est une arme géniale pour l’esthète citadin (à la bourse bien remplie) qui ne jure que par des routes impeccables et de faibles dénivelés. Le Jitensha Tokyo E-Bike rassemble alors le meilleur des deux mondes : un fixie ultra classe et manoeuvrant, mais pas -trop- crevant. L’idéal pour arriver rapidement et avec style au prochain rendez-vous, mais sans auréoles ou odeurs suspectes associées.

C’est via l’appli Jitensha que vous pourrez choisir parmi les différents modes d’assistance.

 

Jitensha Tokyo E-Bike : bilan de l’essai

On a aimé On a moins aimé
  • Le design épuré
  • La personnalisation à outrance
  • Le freinage régénératif
  • La légèreté et l’agilité
  • Le rapport prix/autonomie
  • Le confort aux oubliettes
  • Les freins à patins !
  • L’absence d’écran de contrôle

 

 

 


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