Test Wayscral Everyway E450 : le vélo électrique urbain à la sauce Norauto est intéressant

Norauto Wayscral Everyway E450

Motorisation centrale Bosch, batterie intégrée au cadre, freins hydrauliques, fourche suspendue : le Wayscral Everyway E450 coche toutes les cases du parfait vélo électrique de ville. Proposé à un tarif contenu compte tenu de ces spécifications techniques, ce modèle a attiré notre curiosité : peut-on vraiment acheter un bon vélo électrique chez Norauto ? Réponse dans notre test.

Aussi étonnant que cela puisse paraitre, Norauto propose depuis plusieurs mois désormais tout un tas de vélos électriques dans ses différents centres auto. De prime abord, on pourrait penser qu’il s’agit là d’une manœuvre purement opportuniste, pour surfer sur un marché en pleine mutation et plutôt porteuse.

En grattant un peu, on s’aperçoit que l’enseigne distribue avant tout des modèles Wayscral, une marque que l’on ne trouve pas vraiment ailleurs. Et pour cause : Wayscral est une marque dédiée à la mobilité électrique appartenant au groupe Mobivia, qui détient également Norauto, Midas ou encore Auto5 (le Norauto belge) – les seuls, donc, à distribuer la marque. Mais chez Cleanrider, on aime gratter encore plus loin et en nous adonnant à cette passion secrète, nous avons pu remarquer qu’une grosse partie du catalogue de vélos électriques Wayscral correspondait en réalité à des vélos Lombardo rebadgés – une marque italienne qui distribue également ses vélos en marque propre, chez Norauto notamment. Inception.

Norauto a ainsi sa propre marque de vélos électriques, soit. Il ne s’agit non pas de vélos développés en interne, ni importés de Chine, soit. La question reste néanmoins de savoir si on peut réellement se résoudre à acheter un vélo électrique dans un centre automobile sans arrière-pensée ? Ayant l’esprit ouvert, nous avons souhaité aller au-delà des aprioris pour se faire notre propre idée sur ce que pouvait proposer Norauto.

Norauto Wayscral Everyway E450

Nous avons jeté notre dévolu sur le vélo électrique de ville Everyway E450, une copie quasi-carbone du Lombardo Montecatini 7.0 Agevole, la version italienne disposant d’une batterie de plus grande capacité. Vendu 1 999 € hors période de promotion – dont est friand Norauto – il représente ce que propose de mieux Norauto en la matière, c’est le modèle de ville le plus onéreux de son catalogue.

Pourquoi choisir ce modèle ? Car, contre toute attente, il n’y a pas ici de choix exotiques sur les composants de base : la motorisation centrale est signée Bosch, la batterie intégrée dans le cadre, le système de freinage vient de chez Tektro et l’équipement est plutôt complet. Proposé uniquement dans une teinte bleue et en deux tailles, il pèse 25,6 kg.

Technologie : Bosch aux commandes

Norauto Wayscral Everyway E450

Wayscral a jeté son dévolu sur une motorisation centrale Bosch Active Line Plus. Il s’agit là de la déclinaison dite de « seconde génération », sortie il y a quelque temps déjà – la série « Système Intelligent » étant désormais proposés aux fabricants de vélos. Un peu plus véloce que le moteur Active Line classique que l’on a rencontré sur notre test du Lapierre E-Explorer 3.4, celui-ci délivre un couple de 50 Nm pour une assistance maximale de 270 %. La puissance nominale est de 250 W, comme l’impose la règlementation européenne, mais il est capable d’aller prendre 415 W en crête pendant quelques instants.

Le bloc de 3,2 kg est logé dans le pédalier du vélo et intègre directement un capteur de couple et un capteur de pédalage. De quoi promettre une belle réactivité du moteur ainsi qu’un pédalage aussi naturel que possible.

La batterie est pour sa part camouflée dans le tube diagonal du cadre. Proposant une réserve d’énergie de 400 Wh, cette PowerTube 400 pèse 2,9 kg et permettrait d’atteindre 60 à 80 km d’autonomie selon Wayscral.

Un écran central Bosch Intuvia, couplé à une commande déportée filaire, permet de gérer l’ensemble de la motorisation. Ce large écran monochromatique à rétroéclairage a le bon goût de proposer une parfaite lisibilité, y compris en plein soleil ou lorsque l’on évolue sur un revêtement chaotique.

La navigation peut se faire depuis les boutons disposés autour de l’écran ou via la commande déportée, à portée de pouce. Cette commande a un look un peu brut de décoffrage, mais elle remplit son office. L’écran renvoie pour sa part tout le nécessaire : vitesse instantanée, moyenne ou maximale, distance parcourue, autonomie restante ou encore niveau d’assistance enclenché. À ce sujet, il y en a quatre : Turbo, Sport, Tour et Eco.

L’ensemble n’est pas connecté et on ne peut ainsi pas relier le vélo à l’excellente application Bosch eBike Flow. On se console toutefois avec la présence d’un port USB-C permettant de charger un smartphone pendant ses sorties à vélo.

Confort : un vélo qui souffle le chaud et le froid

 

La position de conduite offerte par ce vélo est assez typique d’un vélo de ville, avec un dos qui ira naturellement se courber légèrement vers l’avant ; à mi-chemin entre une position dos droite à la hollandaise et une position sportive plus couchée. Cette position est habituellement assez confortable lors de longues sorties si elle est combinée à la présence de poignées ergonomiques. Ce n’est malheureusement pas le cas ici, Wayscral ayant opté pour de simples manchons caoutchoutés droits. On a ainsi tendance à laisser les poignets en position cassée, ce qui n’est jamais très agréable. Basiques, ces poignées ont un fort pouvoir grippant – on ne glissera pas – mais filtrent toutefois mal les vibrations induites par le roulement.

La selle Signum City Line offre pour sa part un excellent confort. Si elle loge sur une tige de selle rigide, elle apporte une belle largeur d’assise et surtout, un très bon moelleux. Un véritable atout pour ceux dont les déplacements quotidiens sont de plusieurs kilomètres.

Côté suspensions, on trouve une fourche suspendue SR Suntour NEX E25 assez répandue – nous l’avions, par exemple, déjà rencontrée lors de notre test du Winora Sinus N8. Avec son petit débattement de 50 mm (verrouillable au besoin), elle est parfaitement adaptée à un usage urbain pour gommer les trépidations de pavés, rendre moins sportifs les montées et descentes de trottoirs. Elle trouve toutefois vite ses limites lorsqu’elle rencontre des nids de poule ou sur chaussée dégradée où les chocs lui font atteindre sa butée – et ainsi renvoyer l’impact sur les avant-bras.

Les roues de 28″ (jante Signum XRK 540) sont chaussées de pneus CST City de section assez fine (1,75″) et aux flancs incluant une bande réfléchissante. De fait, ils ne participent pas réellement au confort de l’ensemble. Côté durabilité, ils se contentent d’une protection anticrevaison de niveau 1 (sur 7) : une bande de caoutchouc de 1 mm d’épaisseur aide à la protection aux percements. Pas terrible.

Équipement : un vélo adapté aux trajets de nuit

Norauto Wayscral Everyway E450

Avec sa peinture bleue satinée, le Wayscral Everyway E450 est plutôt agréable à l’œil. Cette peinture semble résistante aux accros du quotidien en ne marquant aucunement aux petits chocs lors du rangement du vélo. L’intégration du câblage est pour sa part en demi-teinte. Si on apprécie que les câbles soient globalement intégrés dans le cadre – évitant les dommages et flattant la rétine – on regrette toutefois que ceux positionnés au guidon ne soient pas plus organisés. L’utilisation de gaines plus longues ou de clips aurait évité de se retrouver face à cet effet désordonné renvoyé par l’E450.

Aucun soin particulier n’a semble-t-il été apporté aux soudures des différents éléments du cadre. Celles-ci sont assez grossières, ce qui, combiné à la présence d’un nombre élevé de pièces de renfort structurel, renvoie une image d’entrée de gamme. Un peu dommage à ce niveau de tarif, même si cela n’enlève rien aux qualités de ce vélo.

Et côté qualité, on ne peut que féliciter le choix fait par Wayscral sur le système d’éclairage avant. Nous sommes ici en présence d’une véritable torche orientable, à l’éclaire particulièrement puissant. La led du bloc d’éclairage Spanningo Axendo 40 produit ainsi un faisceau lumineux fort (40 lux) et suffisamment large pour évoluer sur des routes non éclairées. Nous avons réalisé quelques kilomètres en pleine nuit noire, sous la pluie, tout en conservant une belle visibilité. Cet éclairage est directement relié à la batterie et peut ainsi être allumé simplement via le bouton dédié sur l’écran Bosch Intuvia.

À l’arrière, le bloc est plus basique avec un simple éclairage rouge entouré de catadioptres. Simple et efficace, il ne propose pas d’intensité variable, mais reste lui aussi, relié à la batterie du vélo.

Un porte-bagage tout à fait classique est monté de série. Capable de supporter une charge maximale de 25 kg, il est surmonté d’un clapet à ressort permettant de maintenir quelques affaires. Des sacoches de vélo peuvent être fixées sans aucun problème, nous avons testé. Les garde-boues en plastique sont bien enveloppants (celui à l’avant pourrait toutefois être un peu plus long), celui situé sur la roue arrière dispose par ailleurs d’une petite bavette en caoutchouc. Un carter de protection recouvre par ailleurs la chaîne, évitant de salir le bas de son pantalon. Enfin, une béquille Ursus, très stable, est logée aux côtés de l’axe de roue arrière.

Conduite : agréable en ville, son terrain de jeu privilégié

 

Norauto Wayscral Everyway E450

En partant sur une motorisation Bosch, Wayscral n’a pris que très peu de risques. Les vélos électriques équipés d’un bloc pédalier issu de l’équipementier allemand font toujours des merveilles et c’est encore une fois le cas ici. La présence de capteurs de couple et de pédalage permettent d’activer l’assistance dès que l’on presse légèrement sur une pédale. De quoi obtenir une belle réactivité lors des démarrages, ce qui est primordial en ville.

L’entraînement par chaîne est équipée d’un système Shimano Alivio M3100 à 9 vitesses. Il s’agit là d’un des meilleurs groupes d’entrée de gamme de Shimano, avec une prestation plus intéressante que sur les déclinaisons Tourney ou Altus que l’on rencontre sur les vélos premier prix. Il en résulte un changement de vitesse pouvant être très rapide – commande RapidFire – mais assez bruyant et parfois imprécis sur les braquets intermédiaires. Rien de rédhibitoire toutefois, la prestation globale étant satisfaisante à ce niveau de prix.

Ces 9 vitesses, associées au moteur Bosch Active Line Plus au couple de 50 Nm, offrent de quoi évoluer en ville de manière très sereine, qu’il y ait des montées ou non. Le moteur n’est évidemment pas le plus vif qu’il soit, néanmoins son comportement est bien meilleur que l’Active Line classique avec, notamment, des départs arrêtés bien moins poussifs.

Pas d’effet catapultage – on est sur un moteur pédalier – mais une assistance très progressive, agréable à utiliser au quotidien. L’amplitude donnée par la cassette Shimano CS-HG300 11-32T permet par ailleurs de gravir des montées sans avoir à trop forcer sur les jambes, ce qui est l’effet recherché quand on ne veut pas arriver en sueur au travail. Il montre néanmoins vite ses limites dès lors que l’on évolue dans des zones urbaines nichées en montagne. Là, il reste alors tout à fait possible de ne pas s’essouffler, mais on évoluera surtout moins vite, aux alentours de 12 à 14 km/h.

Bref, l’assistance électrique remplit parfaitement son office pour rouler tranquillement tout en atteignant sans forcer les 25 km/h sur du plat ou faux plat. Aller au-delà est envisageable, sans assistance électrique alors, norme européenne oblige, mais avec une résistance au pédalage qui est loin d’être négligeable – un grief que l’on retrouve lorsque l’on pédale moteur éteint. Le moteur est par ailleurs assez discret, le bruit généré étant certes discernable par moments, mais extrêmement moins élevé que sur les motorisations Bafang de caractéristiques similaires.

Norauto Wayscral Everyway E450

Au passage, on apprécie que l’écran de contrôle donne une indication sur les changements de rapport. Considérant la vitesse et l’effort exercé sur les pédales, le système incite à passer à un rapport supérieur ou inférieur. Pratique pour les cyclistes qui ne sont pas toujours très à l’aise pour choisir la bonne vitesse. Un mode d’assistance à la marche est aussi de la partie pour aider à remonter une pente de garage par exemple.

Pour le freinage, la filiale de Norauto a jeté son dévolu sur un ensemble à disques de 160 mm Shimano MT200 tout à fait classique, que l’on trouve sur un nombre élevé de vélos électriques. Ce n’est, ni le plus haut de gamme, ni le plus original, mais nous l’apprécions toujours autant. Commandant des étriers deux pistons de manière hydraulique, ce système procure une très belle progressivité et un excellent mordant lorsque cela est nécessaire. De quoi observer un freinage assez court sur route sèche dans la limite de ce que permettent ses pneumatiques.

Norauto Wayscral Everyway E450

Car c’est peut-être un peu là que la fête est gâchée : les pneus CST ont tendance à très vite perdre de leur adhérence sur route mouillée – et ne parlons pas de la boue. Si le vélo se montre plutôt agile, on regrette que ses pneus soient si peu sécurisants. Ils remplissent parfaitement leur office en ville, sur revêtement bitumé sec, mais inspirent ensuite moins confiance quand la route est plus chaotique ou détrempée.

Autonomie : une soixante de kilomètres sans sourciller

 

Wayscral promet que la batterie PowerTube de 400 Wh permet de réaliser entre 60 et 80 km de parcours avec l’assistance électrique active. Cette promesse est tenue, car nous avons réussi à parcourir 59 km avec l’assistance la plus élevée (Turbo) en combinant plat, grosses montées et espaces vallonnés, le tout avec le transport d’une sacoche comportant une dizaine de kilos de matériel divers. Atteindre les 80 km sur route plate ou avec un niveau d’assistance plus faible nous semble ainsi atteignable facilement.

Lors des sorties, l’afficheur Bosch Intuvia donnera le pourcentage de batterie restant ainsi que le nombre de kilomètres que l’on peut encore parcourir avec l’assistance allumée. Si le pourcentage a le mérite d’être clair, l’indicateur kilométrique sera plus ou moins précis en fonction de la nature du terrain. Car évidemment, ce système ne sera pas en mesure d’apprécier le dénivelé que vous allez faire avaler à votre monture. Et ce dénivelé aura un impact plus ou moins conséquent sur le nombre de kilomètres parcourables. Changer de mode d’assistance fait par ailleurs évoluer cet indicateur, ce qui est une bonne chose.

Norauto Wayscral Everyway E450

Enfin, la recharge utilise le bloc de recharge de base de Bosch, limité à 2 A. Le chargeur peut être relié directement au vélo ou à la batterie qu’on aura au préalable délogé du cadre. Une manipulation très aisée, comme le remontage. S’ensuit un plein complet d’électrons réalisé en 4 h 52. Franchement pas ce qu’il se fait de plus rapide, avec une moyenne relevée à 91 Wh et une pointe à 87 Wh. Autant être patient une fois la batterie mise en charge.

L’avis de Cleanrider

NOTE GLOBALE
Confort & ergonomie
Conduite
Autonomie

Le Wayscral Everyway E450 nous a étonné. A la question : peut-on acheter un vélo électrique dans un centre Norauto sans arrière pensée ? La réponse est clairement positive. Oui, ce vélo de ville est plutôt bon ! Ce n’est ni le mieux fini, ni le mieux équipé, mais sa motorisation Bosch Active Line Plus, son dérailleur 9 vitesses Shimano et ses freins à disque de marque similaire en font un produit très agréable à utiliser au quotidien tant que l’on reste en zone urbaine. Alors oui, ses soudures ne sont pas du plus bel effet et nous aurions aimé trouver des pneus plus sécurisants, mais l’ensemble reste homogène et recommandable.

On a aimé On a moins aimé
  • Moteur très plaisant.
  • Batterie facilement amovible.
  • Autonomie correcte.
  • Freins Shimano efficaces.
  • Belle amplitude de vitesses.
  • Confort de la selle.
  • Eclairage avant puissant.
  • Pneus qui manquent d’adhérence sur sol mouillé.
  • Soudures grossières.
  • Débattement de la fourche.
  • Poignées bas de gamme.

 

Régis Jehl
Régis Jehl

Rédacteur en chef adjoint

Journaliste depuis 20 ans, Régis est Rédacteur en Chef Adjoint de Cleanrider. Il est spécialisé dans les nouvelles technologies, les vélos électriques et passionné d’automobiles électriques. Une mixité d’intérêts qui lui permet d’avoir un attrait naturel pour tout ce qui touche au domaine de la transition énergétique.

L’affiliation chez Cleanrider

Ce contenu vous est proposé par nos rédacteurs. Il est possible que cet article comprenne des liens d'affiliation : l'e-commercant pourra alors nous reverser une commission lors de l'achat d'un article. Pour vous, rien ne change. Les prix indiqués dans cet article sont susceptibles d'être modifiés.

En savoir plus


Tous les modèles de vélos électriques

Sur le même sujet

Annonces

Commentaires

1 Commentaire
Inline Feedbacks
View all comments
Claverie
6 mois il y a

Test super complet ! Merci