
Le distributeur néerlandais 12GO Biking a racheté tout le stock de vélos d’Accell aux Pays-Bas. Des dizaines de milliers de Batavus, Sparta et Koga rejoindront les magasins via une plateforme réservée aux vélocistes.
Un mois et demi après la faillite du groupe Accell, les curateurs commencent à vider les entrepôts. Le distributeur néerlandais 12GO Biking a repris l’ensemble du stock de vélos finis détenu aux Pays-Bas : plusieurs dizaines de milliers d’unités signées Batavus, Sparta et Koga. L’opération ne porte ni sur les droits des marques, ni sur la division pièces et accessoires.
Le 11 août 2026, le tribunal d’Amsterdam prononce la faillite des sociétés néerlandaises d’Accell, après une période de protection contre les créanciers. Le groupe contrôlait une dizaine de marques connues : Batavus, Sparta, Koga, Raleigh, Haibike, Ghost, Winora, Lapierre et Babboe. Un portefeuille bâti sur trois décennies de rachats, effondré faute de nouveaux financements.
Le mécanisme est presque scolaire. Pendant la pandémie, les ventes de vélos et de VAE explosent, les fabricants commandent massivement à leurs fournisseurs pour suivre. Puis la demande redescend aussi vite qu’elle était montée, laissant les entrepôts pleins et les ventes en recul. C’est exactement le scénario qui a mis Accell à terre, dette comprise.
Les ordres de grandeur parlent d’eux-mêmes : environ 86 millions d’euros de stocks chez Accell Nederland, dont 47,8 millions de vélos et 38,6 millions de pièces et accessoires. Face à cela, un consortium bancaire créancier de 110 millions d’euros, garanti sur ces mêmes stocks. La priorité des curateurs est donc de convertir la marchandise en liquidités, avant de traiter le dossier plus complexe des marques et des contrats. Une soixantaine de repreneurs potentiels se sont manifestés, dont le singapourien Dutech Holding et l’irlandais Quanta Capital.
À lire aussiAccell, VanMoof : pourquoi ils se sont écroulés quand Trek et Pon ont tenuFondé en 2002 et basé à Moordrecht, 12GO Biking assume une motivation défensive : éviter que ces milliers de vélos partent au rabais hors du réseau des vélocistes professionnels. Le distributeur reconnaît avoir hésité, par égard pour ses autres fournisseurs, avant d’estimer que le risque de déstabilisation du marché était trop élevé.
Le dispositif est fermé : une plateforme B2B réservée aux détaillants spécialisés, qui peuvent y commander les Batavus, Sparta et Koga dans la limite des stocks. Aucune commande directe pour les particuliers. Ces derniers en profiteront en magasin, avec des prix promotionnels temporaires annoncés, le service et les droits de protection du consommateur restant assurés. Montant de la transaction et nombre exact d’unités n’ont pas été communiqués.
Une faillite ne fait donc pas disparaître les vélos du jour au lendemain. Les produits continuent de circuler, mais les vraies inconnues portent sur la reprise des marques, du service après-vente et des capacités industrielles — trois actifs qui peuvent être vendus séparément, voire à des acheteurs différents.
Le cas Accell n’est qu’un épisode d’une consolidation plus large de la filière européenne du cycle. En Allemagne, premier marché du continent, les stocks restent jugés élevés, avec un retour à la normale espéré d’ici fin 2026. D’ici là, les bonnes affaires en concession resteront le symptôme d’un secteur qui continue de digérer son euphorie passée.
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