
Shimano relève de 10 % sa prévision de bénéfice vélo, à 244 millions d’euros. Hors effets de change, ses ventes de composants reculent pourtant de 0,5 % sur neuf mois : la reprise du marché du vélo reste fragile.
Après un début d’année difficile, Shimano affiche enfin des chiffres en hausse. Au premier trimestre 2026, le géant japonais voyait encore son bénéfice s’effondrer malgré des ventes quasi stables. Il a ensuite engagé une restructuration de sa division composants vélo. Ses résultats sur neuf mois, publiés le 27 octobre, marquent un rebond. Ce rebond doit toutefois davantage à la monnaie qu’aux clients.
Sur les neuf premiers mois de 2026, les ventes de composants vélo atteignent 1,59 milliard d’euros, en hausse de 4,6 %. Le bénéfice opérationnel de la division grimpe de 10,9 %, à 191 millions d’euros. Sa marge passe de 11,3 % à 12 %. Au seul troisième trimestre, le bénéfice double, à 76 millions d’euros. Shimano vise désormais 244 millions d’euros sur l’année, contre environ 222 millions prévus jusqu’ici.
Le détail est moins flatteur. Shimano publie ses comptes en yens : quand le yen s’affaiblit, chaque vente réalisée en euros ou en dollars rapporte mécaniquement plus une fois convertie. Cet effet a ajouté 77 millions d’euros aux ventes, soit davantage que toute la progression. Hors change, elles reculent de 0,5 % sur neuf mois. L’entreprise anticipe d’ailleurs une année quasi identique à 2025, à -0,1 %.
La demande reste inégale selon les régions. L’Europe pèse 52,5 % des ventes du groupe. Les vélos s’y vendent correctement en magasin et les stocks se sont assainis, notamment en Allemagne. En Amérique du Nord, les droits de douane maintiennent des prix élevés qui freinent les achats. En Chine, la météo a pesé sur les ventes de VTT urbains, et le vélo de route reste atone.
À lire aussiChez Shimano, pas de plan social, mais la crise vélo pousse à une restructuration interneCes chiffres collent au scénario d’une stabilisation du marché du vélo en 2026, décrit par Giant, Accell et hGears : une année plate, mais stabilisée. La fin du déstockage relance les commandes de pièces, sans prouver que les ventes de vélos repartent vraiment. Pour mesurer cette demande réelle, l’industrie mise sur SoTEC, la plateforme européenne de données sur le vélo.
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