
Les dirigeants de Giant, Accell et hGears s’accordent sur une année 2026 plate mais stabilisée. La fin des ajustements d’inventaire post-COVID ouvre la voie à une future reprise, malgré un contexte géopolitique tendu.
Après trois années de forte volatilité, le marché du vélo retrouve un équilibre fragile. Les grands acteurs industriels convergent vers le même diagnostic : 2026 sera une année de transition, marquée par une stabilisation des volumes sans croissance notable. Le Global Bicycle Purchasing Index (GBPI) confirme cette tendance, signalant un retour à un environnement normalisé après l’absorption des surstocks. Toutefois, seuls 30 % des acteurs jugent leur situation financière bonne à très bonne, contre 26 % qui la qualifient de mauvaise à très mauvaise.
Young Liu, président de Giant, l’annonce clairement lors de l’assemblée générale des actionnaires : « Le marché revient progressivement vers un environnement normalisé à mesure que les ajustements d’inventaire touchent à leur fin. » Cette analyse rejoint celle de Jonas Nilsson, CEO d’Accell Group, qui anticipe une année 2026 globalement plate par rapport à 2025. Les deux dirigeants soulignent la résolution des problèmes post-COVID, notamment la fin des surstocks qui ont paralysé l’industrie entre 2022 et 2025.
Les défis actuels proviennent désormais d’autres sources. Nilsson pointe la guerre au Moyen-Orient et un sentiment de marché nettement plus négatif qu’il y a deux ans. Young Liu complète ce tableau en mentionnant les incertitudes liées aux politiques tarifaires, aux risques géopolitiques et aux fluctuations monétaires. Le marché japonais illustre cette dynamique contrastée, où les vélos électriques soutiennent encore une production globale en recul.
Giant affiche un recul de 15 % de son chiffre d’affaires consolidé sur les cinq premiers mois de 2026, à 643 millions d’euros. La PDG Phoebe Liu signale toutefois une amélioration en mai, avec des rebonds notables en Chine et en Europe. Le marché américain reste sous pression à cause de l’impact prolongé du WRO sur l’approvisionnement des produits haut de gamme. L’activité OEM montre des signes de reprise après la fin des ajustements d’inventaire clients, tandis que les marques propres souffrent d’une base de comparaison élevée en Chine et d’une demande prudente en Europe et aux États-Unis.
Sven Arends, CEO de hGears, adopte un positionnement plus prudent pour le segment e-bike. Le sous-traitant de systèmes d’entraînement électrique évoque des « changements structurels du marché » qui s’ajoutent à la réduction continue des stocks et des volumes de production. Cette prudence contraste avec la vision de Giant, qui identifie les e-bikes comme moteur de croissance future et accélère le développement produit pour renforcer sa compétitivité. La restructuration en cours chez Shimano et les résultats de Merida au premier trimestre confirment cette phase de transition industrielle profonde.
La Bourse de Taipei a réagi froidement aux résultats de Giant, avec un recul de 1,46 % en clôture. Cette réaction mesurée traduit l’attentisme des investisseurs face à un secteur qui cherche encore ses nouveaux équilibres, entre normalisation post-pandémie et restructuration des modèles économiques. La stabilisation attendue pour 2026 constitue davantage une pause qu’une relance, laissant le secteur face à l’impératif de redéfinir ses leviers de croissance dans un environnement géopolitique et macroéconomique dégradé.
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