
Au premier trimestre 2026, la Chine représente 47 % des vélos électriques importés dans l’Union européenne, contre 17 % deux ans plus tôt. Taïwan chute à 23 % et perd sa domination historique.
Les données Eurostat du premier trimestre 2026 dessinent un basculement majeur sur le marché européen du vélo électrique. La Chine bondit de 31 % à 47 % des importations en un an, pendant que Taïwan s’effondre de 53 % en 2020 à seulement 23 % aujourd’hui. Ce renversement rapide s’explique par la pression sur les budgets des consommateurs, le repli des commandes taïwanaises et les nouvelles règles tarifaires. Le secteur du vélo électrique subit une crise qui pousse même Shimano à restructurer sa division.
Entre le premier trimestre 2025 et le premier trimestre 2026, les importations de vélos électriques chinois vers l’UE ont explosé de 119 %, passant de 41 000 à 88 000 unités. Cette poussée fait suite à une hausse de 83 % déjà observée au quatrième trimestre 2025. La part de marché chinoise grimpe ainsi à 47 %, un niveau jamais atteint, tandis que le Cambodge affiche également une trajectoire de croissance pluriannuelle.
Taïwan, qui dominait le marché européen avec 53 % des importations en 2020, voit sa part divisée par deux en six ans. Malgré trois trimestres consécutifs de légère croissance en volume (+2 % au T1 2026 avec 42 000 unités), l’île perd du terrain face à la concurrence chinoise. Shimano anticipe une chute de 38 % de ses ventes à Taïwan sur le premier semestre 2026, reflétant les difficultés structurelles du marché taïwanais.
Les vélos électriques chinois importés dans l’UE affichent un prix moyen de 329 € l’unité au premier trimestre 2026, soit 81 % de moins que les modèles taïwanais valorisés à 1 706 €. Cette différence massive de positionnement explique pourquoi la valeur totale des importations n’augmente que de 6 % (à 144 millions d’euros), alors que les volumes bondissent de 42 % (186 000 unités). La Chine cible clairement l’entrée de gamme.
Taïwan conserve néanmoins un avantage sur la valeur : avec 49 % de la valeur totale des importations au T1 (70 millions d’euros), l’île maintient son emprise sur le haut de gamme, même si cette part tombe sous les 50 % pour la première fois depuis 2019. La demande pour les vélos abordables progresse dans des marchés comme la Pologne, alors que les segments milieu et haut de gamme stagnent en Europe occidentale. Ce rééquilibrage du marché touche aussi d’autres catégories comme le VTT électrique, tandis que les géants du secteur repensent leurs chaînes de production.
Le premier trimestre 2026 marque le volume d’importations le plus élevé depuis le troisième trimestre 2024, signe d’un redémarrage du marché européen. Mais cette reprise profite surtout à la Chine, qui capte la demande sur le segment accessible. La question reste ouverte : s’agit-il d’un ajustement temporaire lié à un surplus d’offre, ou d’un basculement structurel du marché européen vers des modèles plus abordables ?
Source : Bike Europe
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