AccueilVélo électriqueSous pression en Europe, les fatbikes poussent La Souris à investir 6,5 millions dans l’après

Sous pression en Europe, les fatbikes poussent La Souris à investir 6,5 millions dans l’après

Devanture d'un magasin La Souris avec des fatbikes électriques exposés devant une façade noire moderne.
Le réseau La Souris se structure pour accompagner l'évolution du marché des fatbikes électriques en Europe.

Malgré les restrictions qui se multiplient aux Pays-Bas, le distributeur de fatbikes La Souris obtient un prêt de 6,5 millions d’euros d’ING pour conquérir la Belgique et l’Allemagne. L’entreprise mise désormais sur la diversification.

Les fatbikes ont désormais la vie dure en Europe. Très critiqués pour leurs dérives techniques et comportementales, ces vélos électriques aux larges roues font face à une vague de restrictions venues de toute part. Aux Pays-Bas, Amsterdam et Enschede ont déjà interdit leur usage dans certaines zones, tandis qu’en France, 96 % des fatbikes circulant sur les routes seraient non conformes. Ce durcissement réglementaire oblige les acteurs du secteur à revoir leur stratégie. C’est précisément le pari de La Souris, distributeur néerlandais controversé, qui vient de décrocher un financement de 6,5 millions d’euros auprès d’ING pour se réinventer.

Restrictions et enquêtes : les fatbikes sous pression en Europe

L’afflux massif de fatbikes non conformes aux Pays-Bas, couplé à des comportements à risque de certains utilisateurs, a poussé les autorités locales à agir. Amsterdam et Enschede n’ont pas attendu le gouvernement national pour imposer des interdictions dans certaines zones très fréquentées. Le cadre réglementaire européen complique toutefois toute restriction ciblée : il reste difficile de viser une catégorie spécifique de vélos électriques. En compromis, le gouvernement néerlandais envisage de rendre le port du casque obligatoire pour tous les cyclistes de moins de 18 ans à partir de 2027.

Les autorités néerlandaises ont averti pas moins de 27 revendeurs en ligne de cesser la vente de fatbikes dépassant les 25 km/h ou les 250 watts sans homologation. En parallèle, une saisie record de 16 500 fatbikes a été effectuée dans le port de Rotterdam. Le Parquet européen a même ouvert une enquête sur la fraude douanière liée à l’importation de ces vélos depuis la Chine, souvent déclarés sous de faux codes douaniers. En France, l’Union des Entreprises Sport & Cycle estime que 94 % des vélos électriques non conformes en circulation sont des fatbikes.

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La Souris diversifie son offre et vise l’international

Face à cette pression réglementaire et à une image écornée, La Souris a dû revoir sa copie. L’entreprise, qui exploite actuellement 25 magasins aux Pays-Bas et 5 en Belgique, vient de lever 6,5 millions d’euros auprès d’ING pour accélérer son expansion à l’étranger. « Nous ne voulons plus dépendre uniquement du marché néerlandais », explique Armando Muis, PDG de La Souris. La Belgique passera à 8 magasins, et l’Allemagne est visée avec des ouvertures prévues dans des villes comme Düsseldorf et Essen, d’abord en ligne, puis via des points de vente physiques.

Le changement de cap passe aussi par une diversification du catalogue. Si les fatbikes représentaient encore 87 % du chiffre d’affaires l’an dernier, cette part a été ramenée à 60 %. La Souris propose désormais des trottinettes électriques, des skinnybikes, des scootmobiels et même des mini-voitures électriques. « Nous vendons tout ce qui relève de la micro-mobilité », résume Armando Muis. Une partie de l’assemblage des fatbikes reste assurée aux Pays-Bas, mais l’entreprise mise désormais sur une clientèle plus large, notamment les seniors, de plus en plus nombreux à franchir les portes de ses magasins.

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Convaincre les investisseurs après les polémiques

Obtenir le soutien d’ING n’a pas été simple pour Armando Muis. La Souris a fait l’objet d’un reportage critique de l’émission BOOS! et a vu plus de 1 000 fatbikes saisis par la justice néerlandaise. L’affaire n’a finalement pas été portée devant les tribunaux, mais l’image du « roi du fatbike » était durablement entachée. « Les financiers étaient réticents à cause de toute cette agitation, cela nous a freinés », reconnaît le PDG. Pour convaincre la banque, il a dû démontrer que son entreprise ne se résumait plus aux fatbikes qui posent problème dans les centres-villes.

Armando Muis vise désormais une croissance « trois à quatre fois » supérieure, avec l’ouverture de grands magasins de 600 à 800 m², notamment dans d’anciens locaux de Carpetright. Un deuxième point de vente a déjà ouvert à Amsterdam, un autre est prévu cet été à Rotterdam. En Allemagne, la stratégie sera progressive : d’abord une plateforme en ligne, puis des boutiques physiques dans les grandes villes. « La demande pour les produits de micro-mobilité augmente aussi en Belgique et en Allemagne », assure-t-il. La part croissante des vélos électriques classiques et des scootmobiels dans les ventes témoigne d’un repositionnement assumé. « Le soleil brille à nouveau pour notre entreprise », conclut Armando Muis.

Reste que le pari de La Souris n’est pas sans risque. Si la diversification peut rassurer les investisseurs, l’entreprise doit composer avec une réglementation européenne en pleine mutation et une réputation encore fragile. L’avenir dira si cette stratégie d’expansion internationale suffira à tourner durablement la page des polémiques.

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