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Vélocistes : l'atelier et les stocks enfin pilotés par la data

Interface dataplatform WESP et CycleSoftware affichant benchmarking et analyses de performance pour vélocistes
Le plateforme de données ouverte permet aux vélocistes de comparer leurs performances et optimiser leurs processus atelier en temps réel. / Rendu réalisé par IA.

WESP et CycleSoftware s’associent pour créer une plateforme de données destinée aux vélocistes. L’objectif : doter la filière vélo des outils de comparaison et de prévision que l’automobile utilise depuis des années.

Le secteur du cycle manque d’outils pour piloter son activité par la data, c’est-à-dire à partir de chiffres. Là où l’automobile appuie ses décisions sur des comparaisons régulières et des projections, les vélocistes avancent encore largement à l’intuition. WESP et CycleSoftware lancent un partenariat pour combler ce retard. Le projet veut transformer les données des points de vente en informations utiles au quotidien : se comparer à des magasins équivalents, repérer ce qui fonctionne moins bien, mieux organiser l’atelier. La professionnalisation du marché, portée notamment par le vélo électrique, rend ces outils d’autant plus utiles.

Deux savoir-faire pour une filière qui pilote à vue

CycleSoftware gère au quotidien les systèmes de 2 400 magasins de vélos aux Pays-Bas. Pour Jebbe Sluiter, son représentant, cette masse de données reste largement inexploitée. « Beaucoup d’entrepreneurs naviguent encore au feeling. Quand on leur demande comment ça va, la réponse est souvent la même : « Je ne peux pas me plaindre. Mais ça ne dit rien sur la performance réelle », explique-t-il. Les outils de comparaison existants souffrent d’un défaut majeur dans un marché aussi saisonnier : plusieurs mois s’écoulent entre la collecte des données et leur restitution, ce qui rend tout ajustement stratégique inutile.

Bas Wintjes apporte un autre regard. Après avoir dirigé des concessions Volkswagen puis monté une chaîne de garages multimarques, il a fondé WESP pour exploiter les données de l’automobile. Sa plateforme collecte aujourd’hui des informations auprès de 3 500 garages dans dix pays européens. « Dans l’automobile, le benchmarking est un réflexe. On compare en permanence les taux de pénétration des pièces, les ratios atelier, les performances par segment. Dans le cycle, cette culture n’existe quasiment pas », observe-t-il. L’électrification du vélo rapproche les deux mondes : entretien technique plus poussé, besoin de prévisibilité, suivi client plus exigeant. Les deux entreprises y voient l’occasion de transposer au cycle des méthodes déjà éprouvées dans l’automobile.

Nettoyer les données avant de les exploiter : le vrai défi technique

Le principal obstacle tient à l’hétérogénéité des pratiques d’enregistrement. Un même geste, remplacer un pneu lors d’une révision, par exemple, peut être saisi de plusieurs manières selon le magasin : une seule ligne avec un forfait global, un enregistrement séparé du produit et de la main-d’œuvre, ou une saisie manuelle libre. Cette diversité rend toute comparaison directe impossible. « Les outils actuels butent sur ce problème. On compare des pommes et des poires », résume Sluiter. WESP a justement bâti son savoir-faire sur ce point : nettoyer et structurer des données non standardisées. Dans l’automobile, la plateforme a intégré 90 systèmes différents pour produire un jeu de données unifié, capable par exemple de mesurer les taux de défaillance par composant ou de pointer les écarts de performance entre ateliers comparables.

La plateforme sera ouverte à toute la filière, pas seulement aux clients de CycleSoftware. « Plus il y aura de participants, plus les analyses seront pertinentes », insiste Wintjes. Le modèle économique repose sur un principe de paiement au résultat : l’utilisateur ne paie que s’il constate une amélioration mesurable de ses résultats. Dans l’automobile, WESP affirme observer une progression moyenne de 9 % chez les entreprises qui exploitent activement ces comparaisons. Le système devrait aussi intéresser fabricants et distributeurs, qui pourront ajuster production et stocks selon les tendances repérées. Les données partagées au-delà du périmètre de chaque magasin seront anonymisées et agrégées, conformément aux règles de confidentialité et de concurrence. Les premiers tableaux de bord sont en développement, pour un lancement commercial prévu après l’été.

Le partenariat mise sur un effet d’entraînement. Si les premiers utilisateurs constatent des gains concrets, l’adhésion d’autres acteurs pourrait accélérer la transformation d’une filière habituée à fonctionner sans visibilité comparative. L’enjeu dépasse l’optimisation interne : il s’agit de bâtir un cadre où détaillants, fournisseurs et industriels partagent une même lecture du marché.

Source : NieuwsFiets

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