AccueilComposantsNormes chinoises plus dures, usine plus robotisée : Bafang change de tempo

Normes chinoises plus dures, usine plus robotisée : Bafang change de tempo

Moteur central Bafang M510 RS monté sur le cadre en carbone d'un VTT électrique suspendu.
Le moteur Bafang M510 RS intégré sur un VTT à assistance électrique. © Cleanrider

Le fabricant chinois Bafang accélère l’automatisation de sa production à Suzhou pour répondre aux nouvelles réglementations chinoises sur les vélos électriques, qui imposent des contraintes strictes de sécurité et de traçabilité.

Bafang équipe aujourd’hui plus de 20 millions de vélos électriques dans le monde. Pour tenir cette cadence, le groupe a massivement investi dans l’automatisation de son usine de Suzhou ces sept dernières années. L’enjeu dépasse la simple productivité : les nouvelles réglementations chinoises sur les vélos électriques imposent désormais des standards de fabrication et de sécurité inédits, poussant le motoriste à repenser son outil industriel en profondeur.

L’automatisation au service de la modularité

Les gains affichés par Bafang sont spectaculaires : le temps de montage est passé de 90 à 19 secondes sur certains postes. Mais chaque machine nécessite au minimum six mois d’installation, selon Water Qiu, responsable marketing du groupe. Un marathon industriel qui s’inscrit dans une stratégie de long terme.

Depuis 2020, Bafang a adopté une approche modulaire pour simplifier son offre (qui reste toutefois assez vaste à notre goût). Le groupe dispose de quatre sites de production dans le monde, dont deux à Suzhou : l’un dédié aux batteries, l’autre aux moteurs et transmissions.

Après avoir externalisé l’assemblage des batteries, Bafang a créé sa propre ligne en 2020, avec inspection des cellules, tests de chute, d’étanchéité et de vibration. L’entreprise a également développé une solution interne pour le Battery Passport européen.

Des normes chinoises qui redessinent le marché

Le gouvernement chinois a introduit en 2025 un nouveau standard pour les vélos électriques. Les composants plastiques ne peuvent désormais excéder 5 % du poids total. Un système GPS est obligatoire : le BeiDou Navigation Satellite System (BDS), système de géolocalisation chinois permettant le suivi de position et le contrôle de vitesse. Une mesure qui soulève des débats sur la protection de la vie privée.

Les batteries doivent également passer la certification CCC, incluant un test de pénétration à l’aiguille. Pour la recharge, le gouvernement impose des parkings dédiés avec bornes intégrées, interdisant la recharge à domicile. Pékin ne plaisante pas avec la sécurité.

Pour Qinghua Wang, CEO de Bafang, ces réglementations vont structurer positivement le marché des deux-roues électriques en Chine. « La mobilité à deux roues est activement promue, et nous sommes au bon moment avec des règles adaptées », explique-t-il à Bike Europe. Le dirigeant voit des opportunités sur le marché domestique comme à l’export. « À mesure que les écosystèmes connectés se développent, nous pensons que le vélo électrique en fera partie, à l’image des objets connectés dans l’environnement domestique. »

Avec cette accélération industrielle, Bafang cherche à conserver sa place de leader sur un marché chinois en pleine mutation. Le groupe garde un œil sur l’Europe, son principal débouché, tout en anticipant une croissance soutenue aux États-Unis. Reste à savoir si cette course à l’automatisation suffira à absorber les coûts liés aux nouvelles contraintes de Pékin.

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