
L’édition 2026 d’Eurobike marque un tournant pour les acteurs néerlandais du cycle. Une enquête de Tweewieler révèle que la majorité des exposants historiques néerlandais boycottent Francfort et privilégient désormais des stratégies commerciales alternatives.
Le désengagement des industriels néerlandais vis-à-vis d’Eurobike s’intensifie. Après le retrait de géants comme Bosch, ZEG, SRAM ou Shimano, c’est au tour d’une large partie de l’écosystème batave de se détourner du salon francfortois. L’enquête menée par Tweewieler auprès des acteurs néerlandais témoigne d’un changement structurel : la présence physique sur un salon généraliste ne correspond plus aux attentes opérationnelles ni aux contraintes budgétaires d’une industrie en réorganisation.
Basil, spécialiste des accessoires, a tranché après un audit interne : Eurobike ne figure plus dans son dispositif événementiel. L’entreprise a présenté sa collection 2025 à Francfort, mais les retombées commerciales n’ont pas justifié le maintien de cette présence. Allegion Global Portable Security, qui regroupe Axa Bike, Trelock et Kryptonite, partage ce constat. Jos van Kalkeren, directeur de la business line, invoque l’inadéquation entre le concept révisé du salon et les objectifs de l’entreprise : coûts de participation en hausse, fréquentation en baisse, absence de marques structurantes.
CyclOn a tiré les mêmes conclusions après l’édition 2025. Remco Schouten, responsable marketing et ventes internationales, évoque une « spirale négative » : le retrait successif de marques majeures a entraîné un effondrement du nombre de visiteurs qualifiés. Les coûts d’exposition se sont révélés disproportionnés par rapport aux contacts générés. Même avant le salon, plusieurs invités avaient annoncé leur absence. Spanninga (éclairage), Tracefy (traçabilité) et Tiler (accessoires) ont également quitté le dispositif après une ou plusieurs éditions décevantes.
À lire aussiRetour à deux grands salons vélo en Europe ? L’Allemagne officialise sa foire pro pour 2027Les exposants sortants réorientent leurs budgets vers des formats plus ciblés. CyclOn privilégie désormais les visites clients sur site, les invitations dans ses bureaux de Schaijk, et la participation en tant que visiteur à des salons nationaux comme le Bike Festival de Misano ou Sea Otter Europe à Gérone. Remco Schouten insiste sur l’efficacité de rendez-vous planifiés en amont, qui génèrent un retour sur investissement bien supérieur à une présence statique sur stand. Cette logique de déplacements sélectifs et de prospection directe s’impose comme la norme pour plusieurs acteurs néerlandais interrogés.
Parallèlement, l’industrie européenne structure des alternatives. Le ZIV allemand prépare un nouveau salon international centré sur l’Europe pour l’automne prochain. Aux Pays-Bas, Nieuwsfiets travaille sur CycleExpo Amsterdam, une foire OEM prévue en octobre 2027. Ces projets concurrents fragilisent encore davantage la position d’Eurobike. Quelques acteurs néerlandais maintiennent néanmoins leur présence : VK International a réservé 40 m² pour 2026, estimant qu’un rendez-vous européen unique reste stratégique pour les discussions de fond avec ses distributeurs. FFWD, aux côtés de Lake, cible le réseau allemand spécialisé. Marwi, fournisseur OEM, voit toujours Eurobike comme un point de contact efficace avec ses clients aftermarket paneuropéens. Mais ces fidélités ne masquent pas la tendance de fond : la fragmentation du calendrier événementiel européen du cycle est en marche, et l’édition 2026 d’Eurobike, réduite à trois halls et un circuit d’essai, en porte déjà les stigmates.
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