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Bastille en redressement judiciaire : le vélo pliant de l'inventeur de la Yoyo visait 10 000 ventes par an

Gilles Henry, cofondateur de Bastille Cycles, pose avec le vélo pliant Bastille sur le stand de la marque aux Pro Days 2024 à Toulouse
Gilles Henry, cofondateur de Bastille Cycles, aux Pro Days 2024 à Toulouse. Photo : Cleanrider

Bastille Cycles, la marque française du vélo pliant électrique à roues de 27,5 pouces, est en redressement judiciaire depuis le 29 octobre. Son cofondateur Gilles Henry, qui nous confiait en 2024 viser 10 000 vélos par an, évoque désormais un marché urbain en repli.

Le tribunal des activités économiques de Paris a ouvert la procédure le jeudi 29 octobre 2026, comme l’a révélé Frandroid, qui a interrogé le cofondateur de la marque. La période d’observation court sur six mois, jusqu’au 29 avril 2027. Le tribunal peut ensuite la renouveler. L’entreprise continue toutefois de fonctionner pendant ce temps : ses vélos restent en vente, même si le Bastille E apparaissait épuisé sur le site de la marque le 3 novembre.

Présenté en octobre 2023, le Bastille est un vélo pliant de taille classique vendu 2 590 euros, conçu par l’inventeur de la poussette Yoyo. Sa déclinaison électrique, le Bastille E, a suivi fin 2025 à 3 190 euros, avec un moteur-moyeu arrière de 25 Nm qui intègre une batterie de 210 Wh. Lors de notre test, il avait obtenu 3/5 : pliage remarquable, mais assistance timide et 40 à 45 km d’autonomie relevée.

Vélo pliant électrique Bastille E à roues de 27,5 pouces, déplié, lors du test Cleanrider
Le Bastille E lors de notre test, en décembre 2025. Photo : Cleanrider/M. Lauraux

En 2024, Gilles Henry visait plus de 10 000 vélos par an

En juillet 2024, lors des Pro Days de Toulouse, Gilles Henry nous avait détaillé ses ambitions dans une interview accordée à Cleanrider. « Notre ambition est d’en vendre plus de 10 000 unités par an », annonçait-il alors, en jugeant le besoin identique de Paris à Tokyo. Il misait par ailleurs sur un réseau de revendeurs physiques plutôt que sur la vente en ligne, avec un cadre produit à Angers et un assemblage dans l’Aube.

Avec Bastille en redressement judiciaire, le ton a changé. « C’est difficile pour le vélo urbain en ce moment et les distributeurs sur lesquels on s’est appuyés », explique-t-il à Frandroid. Selon lui, le Bastille est « arrivé un peu tard sur le marché », au moment où celui-ci reculait. « On n’est pas très loin du niveau où l’on voulait être, mais cette petite différence suffit à dériver de la trajectoire », ajoute-t-il, sans chiffrer ses ventes.

Gilles Henry, cofondateur de Bastille Cycles, aujourd'hui en redressement judiciaire, lors du lancement du vélo pliant à Paris en octobre 2023
Gilles Henry lors du lancement du Bastille à Paris, en octobre 2023. Photo : Cleanrider/M. Lauraux

Le dirigeant pointe aussi la difficulté à lever des fonds. Les investisseurs se montrent en effet plus frileux depuis les défaillances en série du secteur, VanMoof en tête. Bastille avait pourtant réuni 10 millions d’euros auprès des fonds Eutopia et Ankaa Ventures, selon Maddyness. Gilles Henry évoque des investisseurs contactés avant la procédure et « de nombreux projets dans les cartons » : « On reste optimiste pour tirer notre épingle du jeu dans les mois à venir ».

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Redressement judiciaire de Bastille : départ du cofondateur et comptes confidentiels

L’entreprise n’a publié aucun communiqué et le jugement plaçant Bastille en redressement judiciaire n’apparaît pas encore au BODACC ce 5 novembre, ce qui reste habituel quelques jours après une décision. Les annonces légales éclairent en revanche les mois précédents. Quentin Bernard, cofondateur et directeur général depuis 2021, a démissionné de ses fonctions le 1er juillet 2026, selon une annonce parue au BODACC le 22 juillet. GH Solutions conserve quant à elle la présidence.

Fin 2025, au moment du lancement du Bastille E, les associés avaient voté une nouvelle augmentation de capital. Son montant total n’est pas public. L’entreprise, qui comptait entre 10 et 19 salariés en 2023, avait aussi obtenu cette année-là une aide publique de 500 000 euros sous forme de prêt ou d’avance remboursable. Impossible cependant d’aller plus loin sur les chiffres : elle déposait ses comptes sous confidentialité et le BODACC ne signale aucun dépôt depuis l’exercice 2022.

Pour les propriétaires, rien ne change donc dans l’immédiat : l’activité se poursuit et les magasins partenaires restent le premier interlocuteur pour l’entretien. La vraie échéance tombera au printemps 2027. Plan de redressement, reprise ou liquidation : l’issue du redressement judiciaire de Bastille dira qui assure la garantie de deux ans et la fourniture des pièces spécifiques, à commencer par le moyeu arrière qui réunit moteur et batterie sur la version électrique.

Moyeu arrière du Bastille E réunissant moteur de 25 Nm et batterie de 210 Wh, avec transmission par courroie
Sur le Bastille E, le moyeu arrière réunit moteur et batterie. Photo : Cleanrider/M. Lauraux
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Fiche technique du Bastille E

CaractéristiqueBastille E
TypeVélo pliant électrique urbain
Prix catalogue3 190 €
Roues27,5 pouces
MoteurMoyeu arrière, 25 Nm
Batterie210 Wh, intégrée au moyeu, non amovible
AutonomieJusqu’à 40 km annoncés, 40 à 45 km relevés lors de notre test
Temps de charge3 h 30 annoncées
Modes d’assistance2 (Eco et Speed)
TransmissionCourroie Gates, monovitesse
FreinsDisques hydrauliques Shimano MT200
FourcheCarbone
Poids16,7 kg annoncés (17,2 kg mesurés)
Dimensions plié82 x 33 x 80 cm
Taille du cycliste1,60 m à 1,90 m
Garantie2 ans
AssemblageFrance

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