Quadricycles à assistance électrique, le chemin le plus court de l’innovation au cimetière

Eric Dupin · 25 Juin 2023 17:30 · 4

Alors que la mobilité urbaine évolue rapidement, les quadricycles à assistance électrique offrent une alternative écologique et pratique pour se déplacer en ville. Mais serait-ce un marché en trompe-l’œil ?

Malgré tout, ils restent encore une denrée assez rare sur nos routes. A vrai dire, en presque 7 ans de vélotaf intensif et autres déplacements urbains et péri-urbains à vélo ou à pied dans une grande métropole, je n’en ai encore jamais croisé un seul. Il semblerait pourtant qu’il y ait un potentiel certain pour ce genre d’engin, qui cumule en quelque sorte les avantages du vélo et ceux de la voiture. Mais peut-être justement cela qui coince, car certains verront le verre à moitié vide en rétorquant qu’ils cumulent les inconvénients des deux…

Autre frein, qui parait en fait le plus important, celui du prix. Comme nous l’avions vu dans notre précédent dossier sur le sujet, il s’agit là d’un vrai écueil, quand on sait qu’avec le budget de certains quadricycles on peut se payer une petite voiture d’occasion tout à fait décente. En effet, difficile de trouver un modèle en dessous des 7 000 euros, quand les tarifs ne grimpent pas à des hauteurs stratosphériques au-delà des 15 000 euros. A ces prix, on a définitivement affaire à des produits de luxe, ou destinés essentiellement, voire exclusivement, à un usage professionnel de livraison urbaine du dernier kilomètre. Ce qui a pour effet d’en altérer la perception par le grand public, et de maintenir le secteur dans une sorte de cercle vicieux : c’est trop cher donc on n’achète pas, et comme on n’achète pas cela reste cher.

Enfin, nombre de ces projets manquent de transparence dans leur évolution. Quand on se rend sur les sites des marques en questions, nombre d’entre eux n’indiquent pas les prix ni les délais de livraison et se contentent de slogans un peu creux accompagnés d’une page de pré-commande quelque peu absconse, ce qui n’est pas de nature à rassurer le client potentiel. Comme si ce marché était principalement investi par de doux rêveurs, des inventeurs un peu barrés dans leur atelier éprouvant quelques difficultés à se confronter à l’enfer de la production.

Bref, un petit fumet de bricolage sympathique, mais encore beaucoup de progrès à faire pour gagner en crédibilité et donc en confiance. Cela ne nous empêche pas pour autant de suivre attentivement l’évolution de ce marché en espérant qu’il se démocratise un jour. Voici notre sélection des survivants possiblement disponibles sur le marché – bien que cela reste à vérifier, pour vous aider à trouver celui qui correspondra peut-être un jour le mieux à vos besoins. Ou à vos envies.

Midipile Mobility : pour les particuliers et les pros

Midipile Mobility

Commençons cet inventaire par une production 100% française et écoresponsable qui a en outre la particularité d’adresser simultanément deux marchés, celui du particulier et celui des professionnels. Le Midipile est un quadricycle particulièrement élégant et stylé décliné en 3 versions, Caisse, Pickup et Duo.

Dans sa version destinée aux particuliers, qui ressemble à une vraie voiture dans laquelle les occupants sont assis l’un derrière l’autre, il offre les caractéristiques suivantes : 2 places et un coffre, une vitesse maxi jusqu’à 45km/h et pas moins de 200 kilomètres d’autonomie.

Même si le projet semble compter parmi les plus sérieux, il est lui aussi seulement en précommande, avec un système un peu étrange de livraisons étalé entre 2024 et 2026 selon le montant de l’acompte versé. Sachez aussi que cet alléchant quadricycle n’est pas donné puisqu’il vous en coûtera quad même la bagatelle de 14 400 euros.

CityQ : le véhicule électrique urbain polyvalent

CityQ

Le CityQ est le fruit de l’ingéniosité de la société norvégienne Sydicas. Ce quadricycle électrique se démarque par sa cabine entièrement fermée qui protège efficacement contre les intempéries. Le CityQ est équipé d’un moteur de 250 watts qui vient soutenir l’effort du cycliste. Il est important de noter que les pédales ne sont pas directement reliées à la transmission, ce qui permet une assistance électrique plus fluide.

Le CityQ peut accueillir deux adultes ou un adulte et deux enfants, et dispose d’un espace de rangement. Il mesure 87 cm de large, 155 cm de haut et 222 cm de long pour un poids de 68 kg. Ce quadricycle électrique dispose d’une autonomie de 70 à 100 km après une charge de 5 heures. Il est proposé au prix de 7 450 euros.

Podbike Frikar e-bike : l’alternative abordable

Frikar Podbike

Le Frikar est le fruit d’une collaboration entre l’entreprise allemande Stork et la startup norvégienne Podbike. Ce véhicule électrique à quatre roues est conçu pour offrir une alternative aux trajets courts en voiture. Le Frikar mesure 2,36 m de long, 83,9 cm de large et 1,19 m de haut.

Ce véhicule est propulsé par deux moteurs de 250 watts, limités à 25 km/h. L’absence de lien mécanique entre les pédales et les roues permet une assistance électrique optimale. La batterie offre une autonomie de 30 km/h pour un effort moyen de 100 watts, semblable à un vélo de route classique.

Le Frikar est actuellement disponible en pré-commande, avec un prix de départ de 4 995 euros, hors frais de livraison et options supplémentaires. Les premières livraisons sont prévues « pour 2023 ».

Betterbike PEBL : un tricycle tout confort

Betterbike PEBL

Le Betterbike PEBL est un tricycle électrique conçu pour offrir une expérience de conduite sans effort. Ce véhicule polyvalent combine la praticité d’un vélo avec le confort d’une voiture. Doté d’une carrosserie en fibre de verre résistante et légère, il offre une protection contre les intempéries. Le PEBL est fabriqué aux USA, et il est donc équipé d’un moteur électrique permettant d’atteindre la vitesse de 32 km/h, qui est la vitesse d’assistance maximale autorisée sur le territoire américain. Il propose jusqu’à 80 km d’autonomie. C’est dans cet inventaire le produit qui parait le plus sérieux et concret, avec déjà deux versions. Son prix débute quand même à 10,750 dollars, en… pré-commande évidemment.

PodRide : le quadricycle électrique compact

Podride

Le PodRide, développé par l’ingénieur suédois Michael Gellman, est un véhicule électrique de 70 kg doté de quatre roues et d’une carrosserie en tissu imperméable. Il est équipé d’un moteur de 250 watts et d’une batterie offrant une autonomie de 60 km.

Le PodRide dispose de plusieurs options, telles qu’un système d’éclairage LED, une transmission à 14 vitesses et un espace de rangement à l’arrière. Son prix est estimé à 2 800 dollars.

Malheureusement, si le site web encore existant du constructeur nous fait hésiter à classer celui-ci dans le cimetière des quadricycles ci-après, il semblerait que le projet soit bien mort et enterré puisque les dernières news et vidéos de sa chaine YouTube datent de plusieurs années.

Canyon Bikes Future Mobility Concept : le quadricycle électrique futuriste

Canyon

Le Future Mobility Concept est un projet du fabricant allemand Canyon Bikes. Ce véhicule électrique est propulsé par deux moteurs de 1 000 watts et est capable d’atteindre une vitesse maximale de 60 km/h. Il dispose d’une batterie d’une capacité de 2 kWh, offrant une autonomie de 150 km.

Ce quadricycle électrique se distingue par son design futuriste et sa carrosserie coulissante. La date de commercialisation et le prix de ce véhicule ne sont pas encore connus.

Pour la réalité de ce concept très alléchant, on a aussi des doutes, et on est sûrement encore une fois plus proche du cimetière que de la disponibilité sur le marché…

Un petit tour au cimetière des quadricycles

Au rayon des projets abandonnés ou ayant fait pschitt, on pourrait citer aussi quelques modèles, comme le Bio-Hybrid de Schaeffler, le DryCycle (annoncé à son lancement à… 19 000 euros), Le Padillo du designer allemand Thomas Bach, le Cabriovelo Velomobile, le Begorett, l’Organic Transit’s Elf, et de très nombreux autres.

Alors, ce marché difficile a-t-il réellement un avenir ? Chez les pros, très probablement. Chez les particuliers c’est beaucoup moins sûr. Il semblerait cependant que nombre de concepteurs fassent fausse route avec des engins trop puissants qui entrent de facto dans la catégorie des speed-bikes, avec les contraintes inhérentes, comme l’obligation d’immatriculation et l’interdiction d’emprunter les pistes cyclables, entre autres. Peut-être qu’un véhicule utra-léger répondant aux normes du VAE de base avec une assistance puissante mais limitée à 25 km/h trouverait plus facilement son public ? Ou alors il faut se faire à l’idée que ces engins n’intéressent – pour le moment – personne ?

Pourtant, les quadricycles électriques sont une alternative intéressante pour les déplacements urbains. Peut-être que les projets actuels sont trop en avance sur le marché, et qu’ils trouveront leur place dans une décennie ou deux, quand les villes auront définitivement chassé les voitures de leurs rues…


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Commentaires

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Nik
3 mois il y a

Bjr, votre article me semble bien sévère avec des projet souvent porté par des individuels loin des grandes marques du transport aux poches profonde. Au moins ils essayent, non?
Si il y a, à mon sens, 1 erreur qui est faite par ces constructeurs (au dela du prix et des règlementation), c’est bien de vouloir faire trop voiture ! quand ce que l’on veux (en tout cas moi ; P ) c’est un vélo électrique porteur (idéalement 2 adultes et 1 petit bagage) à l’abri des intempéries !

Le Veemo me semble un des plus juste sur ce terrain, bien que encore trop massif à mon goût (plastique arrière inutile), pas de place pour un passager et pas pendulaire (bien dommage).
En tout cas il est temps d’arrêter les absurdités de grosse voiture lourde fonctionnant purement à l’électrique, et payer des salles de gym derriere… Ces SUV électrique ne devrait être qu’en location pour partir à la montagne par exemple, inutile de posséder ça au quotidien.

Bon en espérant que l’un de ces projet vois le jour et trouve sa clientèle avec un prix raisonnable (entre 3 et 4k me parait le juste prix)

YOANN LAUNAY
8 mois il y a

Le côté speedbike ne me parait pas être le problème, ce n’est pas si contraignant une immatriculation. Le prix sans doute le problème principal. En tous cas, c’est ce qui m’empecherait d’en acheter.

Juju
8 mois il y a

Dans le monde d’après en a pas douter ce genre d’engin sera une des solutions pour une mobilité douce et une préservation de l’environnement et des ressources.
Car d’ici là nos gouvernants ont décidé d’en découdre avec nous et les autres avec pléthore d’arme d’avion et de tank, à la fin il ne restera rien au moins les écolos auront encore une fois eût tor, le climat n’a pas détruit l’homme, les fous de dieu les racistes les fascistes les avides de pouvoir les cupides s’en seront chargés.
Même pas peur.

Paul S. Filiatrault
8 mois il y a

Connaissez-vous les Pédalos à assistance électrique? Nous présentons au chantier naval MF un navire de 60 pieds entièrement mû par le pedalier capable de faire le parcours du Vendée globe(55,000km)

Le budget demander pouur ce navire est de 10M$ Can. pour un contrat de 5 ans avec nous et une licence d’exploitation pour des moteurs Filiatrault de 550 kw.