AccueilVélo électriqueVoyager en TER avec son vélo pourrait devenir un casse-tête régional après ce décret

Voyager en TER avec son vélo pourrait devenir un casse-tête régional après ce décret

Un homme monte avec son vélo de ville dans un train TER à quai.
L'accès des vélos à bord des rames TER fait face à de nouvelles réglementations régionales. © TER Grand Est

Un décret publié le 21 février 2026 annule l’obligation d’emplacements vélo minimum dans les trains régionaux. Les régions définissent désormais librement le nombre de places pour les vélos non démontés.

Le décret n° 2026-118 du 20 février 2026 modifie en profondeur les règles d’aménagement des TER. Présenté comme une mesure de simplification administrative, il supprime les contraintes imposées par la Loi d’Orientation des Mobilités de 2019. Depuis 2002, les régions gèrent l’organisation des TER, mais devaient respecter un minimum d’emplacements vélo dans les trains neufs et rénovés. Cette obligation disparaît, laissant aux conseils régionaux une autonomie totale. La FUB et plusieurs collectifs régionaux alertent sur les conséquences pour l’intermodalité vélo-train.

L’article 53 de la LOM imposait un nombre minimum d’emplacements pour les vélos non démontés dans les TER neufs et rénovés. Ce seuil variait selon les types de trains : 6 emplacements pour certains modèles, davantage pour d’autres. Le décret du 20 février 2026 abroge cette disposition au nom de la simplification des normes applicables aux collectivités territoriales.

Les régions conservent la possibilité d’installer des emplacements vélo, mais sans contrainte réglementaire. Certaines avaient déjà dépassé les minimums légaux : la Nouvelle-Aquitaine a équipé ses trains AGC de 12 emplacements au lieu de 6, le Grand Est a commandé des Régiolis avec 18 places. Rien ne garantit désormais le maintien de ces standards, ni leur généralisation à d’autres régions.

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Les risques d’un système à géométrie variable

Depuis 2002, chaque région définit ses propres règles tarifaires, systèmes de réservation et aménagements intérieurs. Cette diversité rend le réseau ferroviaire peu lisible, particulièrement pour les voyageurs traversant plusieurs régions ou déménageant. La suppression des minimums d’emplacements vélo accentue cette fragmentation.

Les cyclovoyageurs traversant la France risquent de se retrouver bloqués à l’entrée d’une région ayant réduit ses emplacements. Les correspondances entre trains nationaux et régionaux pourraient ne plus être assurées. Pour un pays visant la première place mondiale du tourisme à vélo, la FUB juge la situation « pour le moins fâcheuse ». Le décret ne touche plus qu’aux aménagements pour les personnes à mobilité réduite, dernière contrainte imposée aux régions.

L’intermodalité vélo-train en question

La complémentarité entre vélo et transports collectifs constitue un levier pour réduire l’usage de la voiture. La FUB défend une vision de bassins de vie maillés par des réseaux cyclables et des transports à haut niveau de service, avec des interfaces bien aménagées. L’objectif dépasse la simple réponse aux usages actuels : attirer les automobilistes vers une mobilité plus durable.

Les signataires du communiqué — FUB, AF3V et sept collectifs régionaux — espèrent que les régions saisiront leur nouvelle autonomie pour mener une politique ambitieuse. Ils appellent à construire un système intermodal robuste plutôt qu’à réduire les emplacements. La décision appartient désormais aux élus régionaux, sans filet de sécurité réglementaire.

Le décret entre en vigueur dès le 22 février 2026. Les prochaines commandes de trains et rénovations révéleront les choix des régions. Les associations cyclistes surveilleront de près les arbitrages entre capacité voyageurs et emplacements vélo, dans un contexte budgétaire contraint pour les collectivités.

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