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Un cadre en carbone ultraléger, une motorisation digne des technologies de pointe d’Avinox (on ne dit plus DJI !), des composants haut de gamme et un mode d’assistance basé sur le rythme cardiaque : le nouvel Amflow PX Pro est un bijou dans l’univers du VTT à assistance électrique (VTTAE). Nous avons passé au grill cette machine d’exception pour voir si sa débauche de puissance reste exploitable par tous et si son confort justifie son tarif élitiste.

Lorsque DJI a lancé ses jeunes marques Amflow et Avinox sur le marché en intégrant ses motorisations de nouvelle génération, le monde du cycle a retenu son souffle. Aujourd’hui, les celles-ci sont indépendantes et les gammes se structurent et s’étoffent en proposant des philosophies bien distinctes. Chez Amflow, on trouve d’un côté le Amflow PR Carbon, un modèle 100 % carbone qui mise tout sur l’accessibilité tarifaire et une autonomie XXL avec sa batterie amovible de 800 Wh. A l’autre bout du spectre, on trouve notre modèle d’essai premium : l’Amflow PX Carbon Pro, qui se “contente” de 700 Wh pour viser avant tout la légèreté et l’excellence.
Cette version (habillée d’une peinture gris clair) se positionne tout en haut de l’échelle de la marque, affichée au tarif élitiste de 9 999 €. Pour comprendre son positionnement face à la version PX Carbon « standard » (la version noire, proposée à 6 999 €), il faut regarder du côté des équipements et des services. Si les deux partagent le même cadre en carbone poids plume et le fameux moteur Avinox, la déclinaison Pro fait un bond en matière de périphériques. Les suspensions passent sur la série Fox Factory (fourche Fox 36 Factory à l’avant et amortisseur Float X Factory à l’arrière). Les roues troquent l’aluminium pour des jantes en carbone maison très légères, tandis que la transmission est confiée au groupe électronique sans fil Sram X0 AXS. A cela s’ajoutent des services, comme l’extension de garantie sur les pièces en carbone et le moteur, le remplacement gratuit de la batterie, 50% de remise en cas de casse et un entretien professionnel.
Le concept de ce modèle PX Pro est simple : proposer le VTTAE le plus puissant tout en restant léger. Pour chasser le moindre gramme, Amflow a fait le choix d’intégrer une batterie fixe de 700 Wh, non amovible. Le résultat est une réussite esthétique. Visuellement, l’intégration est si poussée que le vélo conserve les lignes fines d’un VTT traditionnel. Sur la balance, notre exemplaire d’essai affiche 21,1 kg en taille L avec des équipements robustes. Pour un vélo électrique de cette catégorie (tout suspendu, rappelons-le), c’est un excellent score. On s’étonne toutefois de certains choix qui alourdissent un peu la masse, dont les gros pneus Schwalbe Magic Mary Radial Gravity Pro en 29 x 2,5 à l’avant et Albert Radial Gravity Pro en 27,5 x 2,5 à l’arrière (un montage de type mullet donc – ou “mulet”, comme on peut parfois le lire). Notez au passage que les jantes peuvent recevoir des pneus de 2,3 à 2,6 pouces de section.
Dans le même ordre d’idée, une fourche limitée à 140 mm aurait peut-être suffi. Des modifications qui auraient été dans le même sens que le bridage de la batterie et qui auraient permis d’appFplrocher les 19 kg. Mais soyons clairs, nous n’allons pas nous plaindre de ces choix qui rendent ce PX Carbon Pro ultra-polyvalent.

La grande particularité de cet Amflow PX Pro réside dans son bloc moteur central inédit, l’Avinox M2S. Issu du savoir-faire de la marque, ce moteur affiche sur le papier des caractéristiques techniques phénoménales, presque intimidantes : il développe une puissance maximale de 1300 W et un couple impressionnant de 130 Nm, pouvant même grimper à 1500 W et 150 Nm grâce à un mode Boost temporaire jusqu’à 60 secondes (il suffit d’appuyer une seconde sur un bouton). Des chiffres hallucinants, bien loin de ceux de tous les concurrents, y compris Bosch.
Pourtant, sur le terrain, cette débauche de puissance ne se traduit jamais par un comportement brutal ou dangereux pour un cycliste moins aguerri. La gestion électronique est remarquablement progressive tout en réagissant directement. À aucun moment on n’a l’impression de piloter une moto ou de subir des à-coups violents. Le mode « Auto », particulièrement réussi, adapte l’aide du moteur à votre propre effort avec délicatesse. L’assistance se déploie de manière très progressive et naturelle. De plus, c’est le moteur le plus silencieux que nous ayons testé à ce jour. Il n’émet aucun sifflement strident, ce qui préserve le calme des sorties en pleine nature et améliore considérablement l’agrément général. Enfin, la marque a optimisé la mécanique interne pour réduire la résistance au roulement lorsque le moteur est coupé. Restons objectifs, cela ne permet pas pour autant de rouler pendant des dizaines de kilomètres sans assistance ; il ne faut pas rêver.
À lire aussiTest VTT électrique Nakamura E-Summit 950S : la réponse d’Intersport au Rockrider E-EXPL 520 S de DecathlonCôté confort et ergonomie, l’Amflow PX Carbon Pro se comporte évidemment comme un véritable tapis volant. La géométrie de base offre une position de conduite très centrale et rassurante, où le cycliste se sent immédiatement à l’aise. Les suspensions haut de gamme Fox Factory agissent avec une onctuosité royale : elles absorbent les moindres imperfections du sol, les grosses pierres et les racines, préservant ainsi le dos et les bras du pilote. Cependant, seuls les pilotes les plus aguerris sauront en tirer la quintessence en jouant sur les nombreux réglages disponibles.
La tige de selle télescopique (au débattement de 190 mm sur notre modèle de test, en taille L) offre de son côté un fonctionnement d’une fluidité parfaite pour adapter sa position en un clin d’œil.
L’ergonomie du poste de pilotage se veut épurée, simple et particulièrement moderne. Sur le tube supérieur du cadre se trouve le superbe écran tactile en couleur que l’on avait déjà pu apprécier lors de notre test du Amflow PL Carbon. Très intuitif et parfaitement lisible, même en plein soleil, il permet de surveiller la vitesse, l’autonomie ou de changer les modes d’assistance. Une superbe intégration qui oblige cependant à quitter la route des yeux pour porter le regard largement derrière le guidon. Cet écran tactile est complété par deux petites commandes sans fil très discrètes fixées au guidon, permettant de tout piloter du bout des pouces sans jamais lâcher les poignées ; surtout que la taille des boutons permet de les manipuler facilement, même avec de gros gants en plein hiver (comme la commande de dérailleur électrique d’ailleurs). En outre, la plupart des boutons sont personnalisables, pour leur affecter les raccourcis préférés du cycliste (allumage du phare, passage en plein phare, changement du rythme ciblé — nous y reviendrons).
Pour les amateurs de technologie, l’application smartphone dédiée permet d’ajuster la vivacité du moteur selon ses préférences, et bien d’autres choses encore (verrouillage par code d’accès ou par contact NFC du smartphone, ajout d’écrans d’affichage sur le vélo, personnalisation des écrans…).
Au rayon des aspects pratiques, le vélo est livré de série avec un phare avant amovible très puissant (1200 lumens) branché sur la batterie. Il est activable depuis les boutons (il est possible de personnaliser l’affectation des boutons via le menu) et dispose de deux modes (croisement et plein phare). C’est un équipement rare sur un VTT sportif, idéal pour sécuriser les retours tardifs ou les sorties par temps très couvert. On regrette en revanche l’absence d’un petit feu rouge assorti à l’arrière pour être parfaitement visible ; d’autant plus que le menu de réglage laisse apparaître une option pour un phare arrière avec indicateur de freinage.
Enfin, impossible de boucler cette partie consacrée à l’équipement sans évoquer l’ingénieux système Smart Heart Rate Control System ; un système d’ailleurs tellement ingénieux qu’il vient de remporter un prix lors du salon Eurobike 2026 de Francfort (Allemagne). Il s’agit d’une fonction qui permet au moteur d’ajuster l’assistance en fonction du rythme cardiaque du cycliste. Définissez votre zone cardiaque, et le moteur Avinox vous donne plus ou moins de puissance de façon à rester dans la fourchette définie (il faut évidemment disposer d’un capteur cardiaque Bluetooth ou ANT+, qui ne coûte que quelques dizaines d’euros). Un bon moyen de s’assurer de faire du sport (ou une séance de récupération) tout en roulant en électrique.
Pour l’avoir essayée, nous trouvons cette fonction très intéressante, mais elle demande à être peaufinée, par exemple en introduisant une notion de vitesse dans les paramètres. A l’heure actuelle, le système demande de saisir un rythme cardiaque cible (par exemple 140 bpm) et une largeur de fourchette de travail (par exemple +/- 15 bpm ; ce qui fait travailler le cycliste entre 125 et 155 bpm).
Quand le moteur détecte que le rythme approche l’une des limites, il augmente ou diminue l’assistance pour permettre au cycliste de rester dans sa zone (le mode d’assistance est donc ignoré). Le problème, c’est que ce système fait parfois descendre la vitesse très bas de façon un peu trop sensible, laissant le cycliste rouler à 17 km/h sur terrain plat et roulant alors qu’il force déjà un peu sur les pédales. Une bonne idée donc, mais qui demande à être améliorée.
Pour le reste, on retrouve toutes les fonctions bien pratiques disponibles sur les applications de la plupart des vélos électriques modernes (enregistrement des sorties, avec trace GPS, puissance développée, guidage à l’écran hors ligne à partir d’une trace importée, ajustement des paramètres de l’assistance électrique, etc.).
Sur le terrain, la légèreté de l’Amflow PX Carbon Pro fait plaisir. Le vélo dégage immédiatement une impression de maniabilité qui le rend très facile à prendre en main pour n’importe quel utilisateur. Mais le montage « mulet » (et son prix) le destine plutôt à des pratiques assez engagées et à des utilisateurs avertis qui sauront exploiter tout son potentiel. Dans le même ordre d’idée, de nombreux réglages (angle de direction, longueur des bases, hauteur de boitier de pédalier…) permettent de jouer sur différents paramètres pour obtenir 40 combinaisons possibles de configurations ; de quoi ajuster ce VTT aux préférences du rider, mais c’est aussi un signe qu’on ne s’adresse plus au randonneur occasionnel du dimanche ; ce qui n’empêchera pas ce dernier de s’offrir (s’il en a les moyens) ce VTT très haut de gamme qu’il pourra dompter sans difficulté.
Dans les virages sinueux ou les chemins forestiers, l’Amflow PX Carbon Pro affiche un comportement neutre, rassurant et sans surprise. Les pneus Schwalbe, très larges et accrocheurs, participent grandement à ce sentiment de sécurité.

Dans les montées techniques, la gestion du moteur Avinox fait des merveilles : même dans les très fortes côtes et sur un sol glissant, la roue arrière ne patine quasiment jamais, permettant de franchir les pentes les plus raides avec une facilité déconcertante. Dans les descentes, on se retrouve avec un vélo très capable, confortable, et surtout sécurisant grâce au système de freinage Magura Gustav Pro. Ces freins à quatre pistons, dotés de disques très épais de 2,5 mm, offrent une progressivité exemplaire. Pour un cycliste peu habitué aux pentes raides, cela évite de bloquer brutalement les roues.
On ralentit en douceur d’un simple doigt, tout en bénéficiant d’un mordant exceptionnel si la situation l’exige. Un vrai plaisir. Notez au passage que c’est le disque arrière qui intègre le détecteur de rotation nécessaire au fonctionnement de l’assistance. Bonne idée d’Amflow, le disque avant intègre également ce système (inopérant donc), ce qui permet de monter le disque avant à l’arrière en cas de problème.
Si l’essai pratique nous a permis d’apprécier le silence de fonctionnement du moteur Avinox M2S, il a aussi mis en évidence le bruit assez audible de la roue-libre du groupe Sram X0 AXS. Il est souvent inutile de donner un coup de sonnette pour avertir les promeneurs de notre arrivée ; l’arrêt du pédalage suffit. Dans le même ordre d’idée, le bruit du moteur de changement de vitesse est également assez audible, mais toujours moins que la roue-libre.
Avec une batterie de 700 Wh et un moteur aussi puissant, l’autonomie dépendra avant tout du comportement du cycliste, et surtout du choix du mode d’assistance. Si l’on abuse des modes de puissance maximale (les modes Turbo et Boost) pour grimper des côtes à 25 km/h sans aucun effort, le moteur Avinox se montre gourmand et peut vider la batterie très rapidement. Pour notre part, avec un cycliste de 90 kg tout équipé et en suivant notre protocole de test habituel (assistance maximale – mode Turbo -, boucle peu vallonnée, lampe allumée), nous avons atteint 52 km.
Il faut bien garder à l’esprit que l’on est ici dans un mode d’assistance qui n’a rien à voir avec ceux des autres vélos que nous testons habituellement, tellement la puissance du moteur Avinox M2S est élevée. L’usage du mode Auto permet d’augmenter l’autonomie et d’atteindre des distances équivalentes à celles de la concurrence (entre 60 et 70 km). C’est l’une des grandes forces de cette motorisation : elle offre plusieurs visages selon vos envies, et les paramètres d’assistance sont même personnalisables pour encore plus de possibilités.
Précisons à ce sujet qu’il y a un “trou” dans la configuration d’origine des modes. Après un mode Eco qui limite le couple à 50 Nm, tous les autres modes passent directement à 130 Nm (à part le mode Auto qui s’adapte à la situation). Il pourrait donc être judicieux de reconfigurer le mode Trail entre 80 et 110 Nm ; chacun jugera en fonction de ses aptitudes, de la distance à parcourir et du terrain.
Côté recharge, la batterie profite d’une technologie ultra-rapide particulièrement efficace. Grâce au chargeur spécifique puissant, il suffit de 1 h 44 min pour passer de 0 à 100 % (et moins d’une heure et demie pour atteindre 95 % et partir sans trop attendre en cas d’oubli de recharge). Attention, la batterie n’est pas amovible et se recharge donc directement sur le vélo. C’est joli, c’est très bien intégré, mais c’est moins pratique. On ne peut pas tout avoir…
L’Amflow PX Pro est une vitrine technologique impressionnante. Grâce à la douceur et au silence impérial de son moteur M2S, allié à la sécurité rassurante des freins Magura Gustav Pro, ce VTT haut de gamme gomme toutes les difficultés du terrain avec une facilité déconcertante. Son poids maîtrisé pour la catégorie en fait un vélo particulièrement confortable, maniable et agréable à utiliser au quotidien. On regrette simplement que la marque ait choisi un équipement un peu lourd (grosses suspensions, pneus massifs), là où un montage plus léger aurait permis de passer sous la barre des 19 kg.
Proposé à près de 10 000 €, il reste un objet d’exception destiné à des passionnés, mais ses prestations de haut vol, sa transmission électronique et sa facilité d’utilisation placent la barre très haut en matière de confort et de sérénité. On pourra aussi regarder du côté de la version PX Carbon “standard”, ou du côté du PR Carbon Pro ou chez la concurrence pour trouver ce puissant moteur Avinox M2S désormais démocratisé chez de nombreuses marques.
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