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Le Giant Explore E+3 réussit un bel équilibre entre performances sportives et polyvalence quotidienne. Moteur réactif, autonomie généreuse et écran connecté : ce VTC électrique veut séduire les cyclistes exigeants.
Bien assis dans les VTT et vélos de route, le numéro 1 mondial n’a pas encore une solide réputation en France chez les modèles urbains et polyvalents. Pourtant, la gamme de VTC électriques Giant est fournie avec plusieurs modèles dont l’Explore E+.
Il se positionne au plus proche de la gamme VTTAE, au-dessus de l‘AnyTour X qui joue le rôle de VTC équilibré, tandis que le NewTour est plus typé ville. L’Explore E+ reste néanmoins un tout-chemin, mais s’améliore nettement dans sa dernière génération découverte en septembre dernier. Après quelques heures de roulage, un vrai test était nécessaire pour l’éprouver en différentes situations et mieux comprendre son nouvel écosystème connecté.
Cleanrider a ainsi mené ce Giant Explore E+ en ville, en forêt et sur graviers pendant plusieurs semaines, dans sa version d’entrée de gamme E+ 3 déjà bien fournie. Le n°1 mondial s’impose-t-il partout ?
Avec une géométrie typée active, le Giant Explore E+3 pousse à une position avancée qui équilibre la répartition du poids entre le guidon et la selle. La marque taïwanaise intègre des poignées ergonomiques avec de bons repose-paumes juste assez souples pour le confort, et des cornes pour les plus exigeants. Cela aide sur les montées ou sur une longue ligne droite en randonnée pour soulager les bras.
© M. Lauraux / Cleanrider
La fourche suspendue SR Suntour XCR34 fait un travail remarquable. Malgré ses ressorts et « seulement » 100 mm de débattement, elle absorbe efficacement les terrains accidentés. Elle forme un excellent duo avec les pneus Crosscut Gravel 2 très larges (57 mm) qui excellent autant sur les chaussées dégradées qu’en randonnée. Tubeless, les gommes ont cependant tendance à se dégonfler régulièrement (surtout à l’avant), ce qui demande un gonflage fréquent.
Autre amélioration bienvenue, une tige de selle suspendue, ce que propose la version haut de gamme E+1. La selle Selle Royal Vivo Ergo est déjà bien conçue avec sa forme adaptée au tempérament sport, tout en garantissant un bon confort même sur les longs trajets.
Bien que proche du VTTAE semi-rigide, l’Explore E+3 comprend le panel de composants pratiques. Les garde-boues en métal sont rigides et assez larges, avec toutefois un manque de longueur qui laisse des projections sur les pieds et oblige à nettoyer le bas du cadre après chaque sortie.
En contrepartie, le carter de chaîne qui se fond dans la base est réussi et évite les traces de graisse. La béquille imposante, mais légère, permet un support même sur terrain meuble, pendant que le porte-bagages arrière est compatible avec les fixations MIK, mais sans autre standard latéral type MIK Side ou QL3.
L’éclairage arrière, intégré dans le porte-bagages, est plutôt élégant. Sans fonction stop, il reste particulièrement lumineux. C’est presque un peu trop en comparaison avec l’éclairage avant un peu faiblard (150 lumens), dont la portée et la largeur du faisceau sont peu compatibles avec les prétentions de roulage hors des routes éclairées.
Assez soigné avec ses soudures polies et sa peinture mate, le cadre intègre aussi deux paires de fixations pour porte-bidons, que ce soit dans notre modèle d’essai fermé « DD » ou le semi-ouvert « STA ».
L’assistance, comme nombre de composants de ce vélo électrique, est maison. Il s’agit du moteur Giant SyncDrive Sport 2, prenant pour base un Yamaha revu et recalibré par la firme asiatique. Il hérite ainsi du « kick » au démarrage que l’on sent dès la moindre poussée sur les pédales. Cela occasionne parfois des faux départs au feu vert en recalant les pieds, mais s’avère idéal en tout-terrain ou lorsque l’on a oublié de rétrograder. Ce moteur est plus réactif qu’un Bosch Performance PX ou un Shimano EP6, même dans sa version intermédiaire au couple de 75 Nm (contre 85 Nm sur la version E+1).
Ce couple suffit largement aux escapades et pour se sortir de passages techniques. On évoque ici le mode maximal Power, le plus performant des 5 modes, ou 6 si l’on compte le mode Auto. La transmission par dérailleur Shimano Deore 10 vitesses est également très réactive pour des passages éclairs. Elle inclut aussi la fonction Shadow, qui permet de tendre la chaîne sur les parcours techniques (utile pour le bruit mais surtout pour les performances).
Selon nous, il s’agit de l’un des VTC électriques les plus capables en tout-terrain, malgré sa fiche technique modeste. Le grip des pneus est excellent, tandis que la suspension joue bien son rôle. Petit détail, l’assistance émet un sifflement aigu en charge, qui peut déranger un peu si l’on aime le silence parfait dans la nature. Quant au pédalage en mode Off ou au-delà de 25 km/h, il est aisé avec une quasi roue libre. Une aide à la marche accompagne les 5 modes, que l’on doit activer en deux temps (bouton central puis inférieur).
Performant, le Giant Explore E+3 l’est aussi pour s’immobiliser, sans plus. Il sollicite les freins hydrauliques Tektro HD-M280, qui permettent de s’arrêter en 3,50 m à 25 km/h, avec une bonne précision et une progressivité appréciable.
En revanche, le freinage se dégrade par temps pluvieux en ville, où le profil des pneus est peu adapté. Mais comme nous disions, ils garantissent une belle polyvalence et une maîtrise sur tous terrains, le vélo ajoutant une agilité surprenante vu le poids total de 29 kg.
Si l’origine du moteur est à chercher chez Yamaha, la batterie est conçue avec un autre japonais, Panasonic. Sur notre modèle E+3, elle affiche une capacité de 625 Wh, qui assurerait entre 50 et 180 km selon l’utilisation. Nous notons au pire 60 km d’autonomie en mode Sport (4/5) par temps pluvieux et frais (12 °C), et jusqu’à 125 km en mode Tour (2/5) par temps idéal (25 °C).
© M. Lauraux / Cleanrider
Un parcours plus technique à 20 °C en mode maximal se conclut par 80 km d’autonomie selon nos mesures. La décharge est assez linéaire, et ne provoque une baisse de performances que sous 10 %. L’assistance s’arrête ensuite à 1 % pour éviter de taper dans la réserve. Bon point pour ceux voulant aller plus loin, la « EnergyPak Plus 200 » peut ajouter 200 Wh en option (549 €), en se fixant sur le cadre façon bidon.
La batterie du Giant Explore E+3 est amovible, sous le cadre. Une position qui offre une belle esthétique sur le vélo, mais moins pratique lorsqu’il s’agit de l’extraire. Un loquet assure la sécurité avec le cache lors du déverrouillage par clé. Malheureusement, nous ne disposions pas de la clé pour vérifier l’utilisation et le poids de la batterie (3,8 kg selon Giant), qui dispose de 5 voyants pour vérifier l’état de charge.
Sur le vélo électrique, la prise en bas de cadre se cache sous un cache rotatif qui protège des intempéries et semble assez solide sur le long terme. La marque livre un chargeur rapide (4 A) avec son VTC électrique, tandis que le plus véloce de 6 A est en option. C’est déjà bien, sachant que l’on y récupère 70 % en 2 h 35, soit plus vite qu’annoncé (60 % en 2 h 30), et 4 heures pour atteindre les 100 %.
Cette nouvelle génération du Giant Explore E+ étrenne le nouveau E+ System 2.0. On entre dans les meilleurs standards, à commencer par un bouton d’allumage sur le haut du cadre avec une belle finition. Les commandes de mode ou d’éclairage se trouvent au guidon, de taille parfaite pour tomber sous le pouce, avec le bouton métallique central guidant l’écran. Celui-ci fait défiler les nombreuses fenêtres du bel écran couleur de 3 pouces, qui s’intègre parfaitement à la potence.
Il affiche de nombreuses informations : l’heure, le taux de charge, mais pas le mode qui se définit par une couleur (il faut s’habituer). Les infos de conduite sont personnalisables via l’application, unique, double voire quadruple par fenêtre.
Outre les kilométrage, durée ou vitesse, on apprécie la présence de la pression des pneus, qui s’affiche également dès le démarrage du vélo. Quel bonheur de vérifier la tenue des pneus au quotidien, et elle est en temps réel (enfin 2 à 3 secondes) lorsque l’on regonfle les pneus tubeless.
L’application Ride Control est un ton en dessous de l’expérience de l’écran, à commencer par une connexion non automatique au vélo lors de l’ouverture. Il faut sélectionner le vélo manuellement, sans redirection vers un affichage classique avec les infos essentielles hormis le niveau de batterie. On aurait aimé un accueil plus sympa avec la pression des pneus, le kilométrage, etc.
On se contente ainsi d’un menu pour accéder aux réglages, comme celui d’une alerte personnalisée de basse/haute pression de pneus ou la luminosité de l’écran. La partie « Rouler » permet d’afficher la carte et quelques infos de conduite, et d’enregistrer ses trajets avec plusieurs données (sans fonction auto, dommage).
Si besoin, elle sert à la navigation, qui envoie les infos sur l’écran avec un affichage intuitif. Nous l’avons testée, elle se révèle cependant confuse en randonnée et imprécise en ville lorsque l’on sort de l’itinéraire calculé. On préfèrera ainsi utiliser une application tierce.
Enfin, l’appli Giant propose le verrouillage manuel ou automatique à l’arrêt, avec un code pin à entrer au déverrouillage. Une alarme chapeaute le tout, beaucoup moins bruyante et stridente que celles expérimentées sur d’autres systèmes.
C’est mieux quand on bouge le vélo en oubliant de le déverrouiller, moins en cas de véritable tentative car elle est moins dissuasive. À cela, pas de notification en cas de tentative de vol ni de géolocalisation, car cela passe par l’Apple Find My, seulement pour les utilisateurs iPhone ou autres appareils à la pomme. Dernière techno, cette fois en option, le radar Aegis détecte les véhicules derrière soi jusqu’à 120 mètres, mais impossible de le trouver à la commande en ligne.
Le Giant Explore E+3 est la version intermédiaire de la gamme disponible en France. Il est au tarif de 3 699 €, contre 2 800 € pour le ticket d’entrée E+ 4 basé sur l’ancienne génération, et 4 600 € pour la version premium E+ 1 (85 Nm, batterie 800 Wh, tige selle suspendue). Il ne propose qu’un seul coloris dans la version essayée, mais un autre cadre semi-ouvert « STA » (contre DD en fermé), le tout en trois tailles de M à XL (S à L en STA).
© M. Lauraux / Cleanrider
Ce vélo électrique tout-chemin se heurte à une concurrence pléthorique, puisque dans la catégorie n°1 en France. On peut citer quelques rivaux comme le Moustache Xroad, le Lapierre E-Explorer ou encore le Cube Kathmandu Hybrid, ce dernier étant l’un des plus agressifs en rapport équipement/prix.
Il est possible de le commander directement sur le site officiel ou dans les 118 magasins de la marque en France, où il est possible de l’essayer. La garantie du cadre est à vie comme pour tous les VAE Giant, de 2 ans pour les composants Giant (dont le moteur et la batterie), et d’1 an pour les peintures.
Au terme de notre essai, le Giant Explore E+ s’impose comme un excellent VTC électrique polyvalent. Confortable, performant et agréable à piloter, il se montre aussi à l’aise en ville que sur les chemins grâce à son moteur réactif, sa transmission efficace et son autonomie dépassant les 80 km en mode maximal. On apprécie également son écran moderne et ses fonctions connectées bien intégrées. Quelques détails restent perfectibles, comme l’éclairage avant ou les garde-boues, mais ils ne ternissent pas un ensemble très réussi. À 3 699 €, le Giant Explore E+ constitue une valeur sûre de sa catégorie.
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