AccueilScooter électriqueAvec ce scooter électrique à moins de 1 000 €, Honda lance sa contre-offensive en Asie

Avec ce scooter électrique à moins de 1 000 €, Honda lance sa contre-offensive en Asie

À retenir

  • La production du Honda UC3 sera transférée au Vietnam dès septembre, alors que le scooter était jusqu’ici assemblé en Thaïlande.
  • La fabrication locale doit aider Honda à viser un prix inférieur à 30 millions de dongs, soit environ 1 000 euros.
  • L’UC3 revendique 122 km d’autonomie, une puissance de 6 kW et une vitesse maximale de 80 km/h.
  • Honda arrive en challenger face à VinFast, déjà solidement implanté sur le marché vietnamien du deux-roues électrique.

Honda va produire son scooter électrique UC3 directement au Vietnam à partir de septembre. Derrière ce changement industriel se dessine une stratégie plus ambitieuse : réduire les coûts, viser un prix inférieur à 1 000 euros et reprendre l’initiative face à VinFast sur l’un des marchés les plus disputés d’Asie.

Pour s’imposer dans l’électrique en Asie, Honda sait qu’un seuil sera déterminant : celui des 30 millions de dongs, soit environ 1 000 euros. C’est notamment ce qui explique la décision du constructeur japonais de transférer la production de son scooter électrique UC3 de la Thaïlande vers le Vietnam.

Nous vous présentions déjà le Honda UC3 en janvier, lors de son lancement en Thaïlande et au Vietnam. Sept mois plus tard, la marque passe à l’étape suivante en localisant sa fabrication au plus près de son marché test. L’UC3 sera ainsi assemblé à partir de septembre dans l’usine Honda située dans la province de Phu Tho, au nord du pays. Selon les déclarations de Sayaka Arai, directrice générale de Honda Vietnam, rapportées par Nikkei Asia, les premiers volumes seront limités. Une façon de tester de mesurer la demande réelle avant de monter en puissance.

Un scooter électrique équivalent à un 110 cm3

Dans sa version produite localement, le Honda UC3 ne change pas de définition technique. Le scooter conserve une batterie fixe au lithium-fer-phosphate d’une capacité de 3,2 kWh, associée à un moteur électrique de 6 kW.

Honda annonce une autonomie pouvant atteindre 122 km selon le cycle WMTC. Avec une vitesse maximale de 80 km/h et un couple de 22 Nm, l’UC3 se positionne comme une alternative directe aux scooters thermiques de 110 cm³ particulièrement répandus dans les rues de Hanoï et de Ho Chi Minh.

Le vrai enjeu : passer sous le seuil des 1000 euros

La production locale doit d’abord permettre à Honda de réduire ses coûts logistiques et industriels. Elle conditionne surtout la capacité du constructeur à atteindre un prix psychologique décisif sur le marché vietnamien. Les deux-roues électriques les plus populaires du pays sont généralement commercialisés sous les 30 millions de dongs, soit aux alentours de 1 000 euros.

Honda ne peut guère se permettre de dépasser ce montant. Un écart de 10 ou 20 % le disqualifierait immédiatement, malgré sa réputation, et l’étendue de son réseau.

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VinFast a déjà pris une longueur d’avance

Surtout, Honda n’arrive pas en position de leader sur le marché. Le constructeur japonais doit composer avec VinFast. Le conglomérat vietnamien s’est déjà imposé sur le marché automobile et accélère rapidement dans le deux-roues électrique. VinFast affirme avoir livré plus de 400 000 deux-roues électriques en 2025. Le groupe bénéficie à la fois de sa connaissance du marché local, d’une gamme déjà étendue et d’une infrastructure développée autour de l’échange de batteries.

Honda n’arrive donc pas sur un marché naissant : il doit reprendre des parts à un concurrent local qui dispose déjà d’une avance commerciale et industrielle.

Recharge : deux stratégies opposées

En matière de recharge, Honda et VinFast ne misent pas sur la même approche. L’UC3 est actuellement présenté comme le seul deux-roues du marché vietnamien compatible avec le protocole CHAdeMO dans sa déclinaison dédiée à la recharge des deux-roues. Les concessionnaires Honda de Hanoï ont commencé à installer des bornes dédiées. De son côté, VinFast privilégie l’échange de batteries avec un abonnement mensuel qui donne accès à un vaste réseau de stations. Un modèle proche de celui développé par Gogoro à Taïwan.

Une réglementation vietnamienne favorable à l’électrique

Le calendrier de Honda coïncide avec une évolution du contexte réglementaire au Vietnam. Hanoï a instauré en juillet une zone à faibles émissions dans son centre-ville, avec des restrictions visant la circulation des deux-roues thermiques certains jours. Le dispositif reste toutefois moins contraignant que les premières annonces. Après les réserves exprimées par la filière automobile, les restrictions ont été limitées aux week-ends et à un périmètre restreint, loin de l’interdiction généralisée qui avait un temps été envisagée.

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