AccueilVélo électriqueFin des deux-roues thermiques : pourquoi Hanoï fait (déjà) machine arrière ?

Fin des deux-roues thermiques : pourquoi Hanoï fait (déjà) machine arrière ?

Hanoï revoit à la baisse son projet d’interdiction des motos thermiques dans le centre-ville. Face aux réticences des usagers et aux limites des infrastructures, la capitale vietnamienne privilégie désormais une approche plus graduelle.

Malgré de gros enjeux de la qualité de l’air, la transition vers l’électrique se heurte à des réalités à la fois économiques et sociales. Ainsi à Hanoï où les autorités avaient annoncé en 2025 leur intention d’interdire les motos à essence dans une zone de 26 km² du centre historique. Cette mesure visait à réduire une pollution atmosphérique chronique dans une ville où les deux-roues sont rois. Depuis, le projet a été considérablement réduit. Selon une information AFP relayée par France 24, la zone concernée ne couvre plus que 0,5 km² réparti sur onze rues. L’interdiction ne s’appliquerait qu’à certains créneaux du week-end et le vendredi soir. Initialement prévue le 1ᵉʳ juillet, son entrée en vigueur reste désormais incertaine après un nouveau report de décision à juin.

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Une dépendance difficile à briser

Avec près de sept millions de motos en circulation, Hanoï demeure fortement dépendante des deux-roues motorisés. Ces véhicules dépassent largement le nombre de voitures, dans un rapport d’environ sept pour un.

Alors que les transports publics restent insuffisants pour absorber une part importante des déplacements quotidiens, de nombreux habitants considèrent la moto thermique comme la solution la plus accessible.

A cela s’ajoutent des doutes quant à la généralisation du modèle électrique dans une ville où les infrastructures de recharge manquent encore à l’appel, notamment dans les quartiers résidentiels. Le coût du véhicule est également pointé du doigt. Si le gouvernement envisage des aides, celles-ci ne permettraient pas de compenser le surcoût à l’achat.

Les industriels sont aussi montés au créneau. Les constructeurs historiques, Honda en tête, ont averti des conséquences sur l’emploi.

Reste à savoir ce qu’il adviendra de la mesure. Hô Chi Minh-Ville, engagée dans la même démarche, a opté pour un calendrier plus étalé. Et l’exemple chinois prouve qu’une bascule rapide est possible : dans les grandes villes du pays, la quasi-totalité des deux-roues sont déjà 100 % électriques. La différence ? Pékin a trouvé l’équilibre entre acceptabilité sociale, enjeux industriels et volonté politique. Un équilibre que Hanoï n’a, pour l’instant, pas trouvé.

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Un virage électrique qui se prépare en coulisses

Parallèlement à ce rétropédalage, Hanoï pose discrètement les jalons de sa transition. La ville vient de s’associer à LG Energy Solution et Honda pour déployer un vaste réseau de stations d’échange de batteries dédiées aux deux-roues électriques. Le projet prévoit une phase pilote au troisième trimestre 2026, avec 50 stations et environ 500 motos électriques déployées dans le centre, notamment autour du quartier de Hoan Kiem – précisément la zone visée par les futures restrictions. Si l’évaluation est concluante, le réseau pourrait atteindre 1 000 stations à partir du second semestre 2027. LG fournira les cellules et gérera la sécurité des batteries, Honda les motos et les équipements, tandis que la municipalité assurera le cadre réglementaire.

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