
Le tribunal de Lyon accorde six mois de plus au réseau Cyclable, jusqu’au 2 avril 2027. Garantie, SAV, acompte : nous avons épluché les annonces légales pour vous dire ce que ce sursis change pour les clients, et ce qu’elles révèlent d’un groupe de vingt sociétés.
Le tribunal des activités économiques de Lyon a prolongé le 1er octobre la période d’observation de Cyclable jusqu’au 2 avril 2027. Placé en redressement judiciaire le 2 avril, le réseau lyonnais spécialisé dans le vélo urbain et électrique peut donc continuer à fonctionner six mois de plus. Cette décision ne figure pas encore dans les annonces légales.
Pour bien comprendre, la période d’observation est le temps que la loi accorde à une entreprise en redressement pour prouver qu’elle peut s’en sortir. Elle dure six mois, renouvelable une fois, et peut être prolongée à titre exceptionnel de six mois supplémentaires à la demande du parquet. Cyclable entame donc la deuxième manche sur trois possibles. À l’arrivée, trois issues : un plan de continuation, une reprise par un tiers ou la liquidation.
Ce sursis tombe dans une rentrée chargée. Cycles Lapierre est en redressement judiciaire à Dijon depuis le 25 août, deux semaines après la faillite de sa maison mère Accell, et Neomouv l’a rejoint au Mans le 29 septembre. L’histoire récente invite à la prudence : sur les 352 entreprises du vélo passées devant un tribunal en deux ans, 15 seulement poursuivent leur activité.
À lire aussiCyclable placé en redressement judiciaire : l’avenir incertain d’un réseau de 80 magasins vélo en 2026Si votre magasin est toujours ouvert, rien ne change dans l’immédiat. La société qui l’exploite poursuit son activité sous le contrôle d’administrateurs judiciaires, et la garantie légale de conformité de deux ans reste due par ce vendeur, tout comme les réparations et révisions. Attention, environ la moitié des magasins sont des franchises, donc des sociétés indépendantes non concernées par la procédure lyonnaise. Le nom exact de votre vendeur figure sur votre facture.
Le cas est plus délicat à Bayonne, Grenoble et Orléans. Les sociétés qui exploitaient ces magasins ont été placées directement en liquidation judiciaire le 2 avril : votre vendeur a juridiquement disparu, et faire jouer la garantie légale devient très difficile. Reste la garantie commerciale du fabricant du vélo ou du moteur, qui ne dépend pas du magasin. Un autre revendeur agréé de la marque peut en général transmettre votre demande.
Vous aviez versé un acompte, acheté une carte cadeau ou un forfait d’entretien avant le 2 avril, sans être livré ni servi ? Vous êtes créancier. Le délai de déclaration a expiré le 10 juin, mais le Code de commerce prévoit un rattrapage sous conditions, le relevé de forclusion, à demander au juge-commissaire dans les six mois suivant la publication du jugement, soit jusqu’au 10 octobre. Les mandataires désignés sont la Selarl Marie Dubois et la Selarl MJ Alpes, à Lyon.
Les annonces légales montrent l’ampleur du dossier. Le 2 avril, ce ne sont pas une mais vingt sociétés qui passent devant le tribunal : la holding Groupe Cyclable, la société Cyclable et dix-huit sociétés de magasins, de Lille à Marseille. Dix-sept entrent en redressement, trois en liquidation. Le tribunal fixe la cessation des paiements au 15 février 2026 et nomme deux administrateurs et deux mandataires, signe d’un dossier d’envergure.
Plusieurs de ces sociétés, à Rennes, Dijon ou Chambéry, portaient auparavant d’autres noms. En 2021 et 2022, en plein boom post-Covid, la holding prend la présidence de plusieurs d’entre elles et les rebaptise « Cyclable » suivi de la ville. En 2025, son capital passe de 4,2 millions d’euros en avril à 2,3 millions en mai, puis à 4,8 millions en juillet. Le schéma évoque une absorption de pertes suivie d’une recapitalisation, sans que les annonces en précisent le motif.
Carol Geismar a pris la présidence de la holding, selon une annonce publiée en mars 2025. D’après SPORTéco, elle aurait été écartée peu avant l’audience, sans qu’aucun changement soit encore publié. Les comptes déposés au greffe par la société Cyclable montrent l’ampleur du reflux : 11,6 millions d’euros de chiffre d’affaires sur l’exercice clos fin septembre 2024, 2,3 millions un an plus tard, soit son niveau d’avant le boom, et une perte de 468 000 euros.
| Élément | Détail |
| Tribunal | Tribunal des activités économiques de Lyon |
| Chiffre d’affaires de la société Cyclable | 11,6 M€ (exercice clos en septembre 2024), 2,3 M€ (exercice clos en septembre 2025) |
| Ouverture de la procédure | 2 avril 2026, publiée au Bodacc le 10 avril |
| Cessation des paiements | 15 février 2026 |
| Sociétés concernées | 20 : la holding, la société Cyclable et 18 sociétés de magasins |
| En redressement judiciaire | 17 sociétés |
| En liquidation directe | 3 sociétés : Bayonne, Grenoble, Orléans |
| Fin de la période d’observation | 2 avril 2027, après la décision du 1er octobre 2026 |
| Plafond légal de l’observation | 18 mois, soit le 2 octobre 2027 |
| Administrateurs judiciaires | Selarl FHBX, SCP AJ Meynet & Associés |
| Mandataires judiciaires | Selarl Marie Dubois (GIE ADN MJ), Selarl MJ Alpes |
| Relevé de forclusion | Jusqu’au 10 octobre 2026 |
| Réseau revendiqué | 82 magasins, dont environ la moitié en franchise |
| Franchisés en procédure séparée | La Rochelle (plan sur 10 ans, mai 2026), Rochefort (redressement, mai 2026), Tours (liquidation, février 2026) |
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