
Decathlon déploie en Belgique le re-lease, un dispositif de leasing de vélos d’occasion reconditionnés après un premier cycle de location. Le panier moyen de 3 000 € et la garantie de 2 ans visent à démocratiser les modèles haut de gamme.
Le programme Decathlon re-lease répond à une équation simple : le leasing de vélos électriques explose en Belgique (+71 % de contrats en 2026), et chaque contrat échu libère un vélo bien entretenu. Plutôt que de le céder à des plateformes C2C, Decathlon intègre toute la chaîne, comme il l’a fait sur le marché du vélo d’occasion : reconditionnement au Circular Hub de Malines, puis remise en location via o2o Bicycle Leasing, Joule et Cyclis.

Les chiffres dessinent un marché en expansion : +81 % de chiffre d’affaires issu du leasing en 2026, 1 500 unités visées d’ici fin d’année et une croissance projetée de 65 % par an jusqu’en 2030. Le panier moyen atteint 3 000 €, porté par les VAE et les modèles sportifs : 23 % des vélos cargos et 26 % des vélos de route Van Rysel partent désormais en leasing.
Ces vélos haut de gamme, achetés avec un contrat d’entretien et loués par des salariés, génèrent mécaniquement un stock de retours après trois ans. Nathan Goddefroy, responsable « Second Life » chez Decathlon Belgique, le confirme : « Plus il y a de vélos de leasing mis en circulation aujourd’hui, plus l’offre de vélos d’occasion de qualité et bien entretenus deviendra importante ces prochaines années pour un second cycle de leasing. »
Le dispositif repose sur un tri strict opéré à Malines : contrôle technique, réparations si nécessaire, puis série de tests avant d’orienter le vélo vers la vente d’occasion classique ou le programme Decathlon re-lease. Seuls les modèles irréprochables repartent en location, selon une logique proche de celle du vélo électrique reconditionné : valeur initiale élevée, entretien suivi pendant le premier contrat et inspection rigoureuse doivent garantir plusieurs années de roulage supplémentaires.
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L’argument économique est frontal : un speed pedelec Stromer STR3 passe de 110 € à 55 € net par mois, un vélo de route Shimano Ultegra Di2 de 80 € à 40 €, un cargo longtail de 45 € à 23 €. Sur trois ans, le coût total du re-lease, assurances et indemnité kilométrique comprises, représente 50 à 60 % de celui d’un leasing neuf.
La garantie de 2 ans sur les modèles reconditionnés abaisse la barrière d’entrée pour des salariés, des indépendants ou des particuliers qui ne veulent pas sortir 3 000 à 8 200 € pour un vélo neuf. Elle rend accessibles des modèles jusqu’ici hors de portée d’une large partie du marché, sur un segment haut de gamme où le prix reste le premier frein à l’achat.
Reste que le modèle pose des questions à moyen terme. Un vélo cumulant deux cycles de leasing atteint six ans d’usage, et la durabilité des batteries au-delà de cette période n’est pas documentée. La capacité des hubs à absorber des volumes croissants tout en maintenant un contrôle rigoureux reste à prouver. Le discours « circularité et accessibilité » se lit aussi comme une réponse pragmatique à la saturation du marché du neuf.
À lire aussiDecathlon accélère sur le vélo électrique en entrepriseLe programme Decathlon re-lease reste un dispositif strictement belge, centralisé via le Circular Hub de Malines, avec des partenariats qui ouvrent le leasing au secteur public et aux indépendants : o2o Bicycle Leasing pour la Défense, Joule pour le SPF Finances, Cyclis pour les entreprises. Aucune date n’est annoncée pour la France, ce qui contraste avec la vitesse habituelle de déploiement des services Decathlon en Europe.
La pénétration du leasing vélo reste faible : 3 % de la population active y a accès en Belgique, contre 15 % pour la voiture de fonction. Géographiquement, la Flandre domine (Gand, Evere, Anvers), mais Decathlon revendique une part de marché supérieure à la moyenne en Wallonie. En France, où le vélo de fonction progresse et où le marché du vélo électrique poursuit sa croissance, l’absence d’annonce interroge.
À lire aussiPlus besoin de transporter votre vélo en vacances : Decathlon pousse une nouvelle solutionLe système Decathlon re-lease illustre une tendance déjà visible dans l’automobile électrique : la seconde main devient un levier de croissance pour les acteurs qui maîtrisent toute la chaîne, du hub de reconditionnement au réseau de distribution. Decathlon mise sur ce segment pour démocratiser le haut de gamme et allonger la durée de vie des équipements. Reste à tenir la promesse à grande échelle, sur les volumes comme sur la qualité technique.
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