
Rebirth, spécialiste du vélo électrique passé par les reprises d’Angell, Peugeot ou encore Gitane, est visé par une procédure d’expulsion à Saint-Lô. Entre loyers impayés, conflit autour de 800 000 euros de TVA et inquiétudes sur la stratégie du groupe, le dossier prend une tournure explosive.
Le 11 mai dernier, Saint-Lô Agglo a annoncé avoir engagé une procédure d’expulsion contre Rebirth, entreprise spécialisée dans les vélos à assistance électrique. La collectivité reproche plusieurs mois de loyers impayés concernant les locaux occupés dans la zone Neptune 2. Selon l’agglomération, aucun règlement de charges locatives n’aurait été effectué depuis décembre 2025. Le montant des sommes dues atteindrait désormais 122 665 euros. La goutte de trop pour Saint-Lô Agglo qui précise avoir déjà engagé plusieurs démarches judiciaires depuis 2022 afin d’obtenir le paiement des loyers.
Chez Rebirth, anciennement Easybike, l’annonce a provoqué l’inquiétude des 31 salariés du site de Saint-Lô. Le groupe affirme avoir appris la situation par voie de presse avant toute notification judiciaire officielle.
Dans un article publié par l’édition locale de France 3, Grégory Trebaol, PDG du groupe Rebirth, reconnaît trois mois de retard de loyers mais juge la procédure disproportionnée. L’entreprise estime qu’une solution amiable restait possible malgré les tensions financières. « On ne comprend pas cette façon de faire. L’Agglomération de Saint-Lô parle de retards de paiement de loyers pour justifier cette procédure d’expulsion, mais à ce jour le Groupe Rebirth n’a été saisi d’aucune procédure officielle », a-t-il dénoncé.
À lire aussiComment Intersport fabrique ses vélos ? Notre visite au coeur de la Manufacture Française du CycleLe conflit dépasse désormais la seule question des loyers impayés. Rebirth affirme que Saint-Lô Agglo lui devrait 800 000 euros dans le cadre d’un ancien dossier lié à la TVA. Le groupe rappelle qu’en 2019, lors de son redressement judiciaire, les murs de l’usine avaient été restitués à l’agglomération pour apurer une dette de près de 4,9 millions d’euros. Selon l’entreprise, cette somme incluait une TVA ensuite réclamée par l’État. Rebirth considère avoir déjà réglé ce montant à l’agglomération et estime ne plus être redevable envers l’administration fiscale.
Saint-Lô Agglo conteste totalement cette version des faits. Contactée par plusieurs médias locaux, la collectivité affirme que le dossier de TVA reste distinct du contentieux locatif actuel. Son avocat aurait indiqué à Rebirth qu’aucun versement de TVA n’avait été effectué dans le cadre de la vente immobilière évoquée. L’agglomération estime donc ne devoir aucune somme à l’entreprise ni à l’État sur ce point. Ferme dans sa position, elle indique que Rebirth dispose d’un délai jusqu’au 20 août 2026 pour quitter les locaux occupés.
À lire aussiEn Allemagne, le rappel des vélos électriques Cowboy vire au cauchemarLe dossier a pris une tournure politique après l’intervention du comité de la Manche de la Gauche républicaine et socialiste (GRS).
Dans un communiqué publié le 13 mai, le mouvement demande une médiation sous l’autorité du préfet de la Manche. La formation critique la méthode employée par la présidence de Saint-Lô Agglo et regrette une communication publique jugée préjudiciable pour l’entreprise et ses salariés. Le comité estime qu’une fermeture du site représenterait un risque industriel pour le territoire. Il réclame également une clarification rapide du litige lié à la TVA.
Au-delà du conflit avec Saint-Lô Agglo, la situation financière et industrielle de Rebirth suscite des interrogations dans le secteur du vélo électrique. Le groupe a multiplié les acquisitions de marques et d’actifs liés à la mobilité électrique. Après la reprise de Solex et Matra, l’entreprise a mis la main fin 2024 sur Cycleurope et ses marques Peugeot et Gitane, avant de relocaliser à Romilly-sur-Seine la production des vélos Cowboy. Plus récemment, c’est la marque Angell qui est officiellement repassée sous pavillon Rebirth, tandis que Cowboy poursuit sa relance avec le groupe.
Malgré ces rachats successifs, les relances industrielles et commerciales restent limitées. Promise pour 2023, la nouvelle version du Solex électrique n’est jamais arrivée. Une stratégie d’expansion tous azimuts qui soulève des questions sur la capacité du groupe à financer durablement de nouveaux projets et à assurer le développement des marques reprises.
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