
Face à la multiplication des accidents, plusieurs maires franciliens et picards rendent obligatoire le port du casque à trottinette électrique. Les contrevenants risquent jusqu’à 150 € d’amende.
Compiègne a ouvert la voie en mars 2026, suivie d’Ormesson-sur-Marne en avril, puis de Montmorency et Franconville en mai. Ces communes ont pris des arrêtés municipaux pour encadrer l’usage des trottinettes électriques, en l’absence de réglementation nationale contraignante sur le port du casque. La décision intervient alors que les accidents en trottinettes électriques se multiplient sur la voie publique.
À Cormeilles-en-Parisis, une jeune femme de 19 ans a été hospitalisée en urgence absolue après avoir été percutée par une voiture alors qu’elle circulait en trottinette dans un rond-point. À Compiègne, entre 40 et 100 accidents sont recensés chaque année depuis 2022. Ces drames ont poussé les élus locaux à agir.
Les maires de Montmorency et Franconville, Maxime Thory et Xavier Melki, ont rejoint leurs homologues de Compiègne et Ormesson-sur-Marne en imposant le port du casque obligatoire. Les arrêtés vont au-delà et fixent une limitation de vitesse à 25 km/h en ville et 5 km/h dans les rues piétonnes et les parcs. Ils interdisent également de circuler à plusieurs sur une même trottinette et bannissent leur usage sur les trottoirs.
« Ces règles sont destinées à faire cohabiter ces nouveaux types de mobilité avec les autres usagers, comme les piétons », explique Maxime Thory, maire de Montmorency au journal Le Parisien. À Franconville, l’arrêté impose en plus le port du gilet réfléchissant dès la tombée de la nuit et interdit la circulation dans les parcs et jardins publics. Marie-Christine Ségui, maire d’Ormesson-sur-Marne, justifie au Parisien sa décision par les accidents constatés « sur les grands axes où il y a un flot de voitures conséquent ». La question de l’immatriculation des trottinettes électriques pourrait également revenir dans le débat national.
À lire aussiTrottinette électrique et réglementation : ce que dit la loi en 2026Les communes ont choisi une approche progressive. À Montmorency et Franconville, une phase de prévention et d’information d’un mois précède l’entrée en vigueur des sanctions. La police municipale mène des campagnes de sensibilisation, notamment près des lycées. « Nous ne sommes pas seulement dans la répression, nous sommes avant tout dans la prévention, pour éviter que des drames ne surviennent », précise Maxime Thory.
Les amendes varient selon les communes. À Montmorency et Franconville, les contrevenants risquent 150 € d’amende. À Compiègne, le montant est fixé à 35 €. Les habitants approuvent massivement ces mesures. « C’est vraiment dangereux, je vois plein de gens faire n’importe quoi, sans faire attention », témoigne Régis, retraité de Montmorency. Sur les réseaux sociaux, des résidents de communes voisines réclament des arrêtés similaires. Le mouvement pourrait s’étendre rapidement à d’autres villes franciliennes, alors que la réglementation nationale des trottinettes électriques reste jugée insuffisante par de nombreux élus locaux.
Source : Le Parisien
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