
Bruxelles mettra progressivement fin aux trottinettes en libre-service d’ici 2027. Comme Paris, Madrid ou encore Prague, la capitale belge estime que ce mode de déplacement génère trop de nuisances et souhaite désormais miser sur un vaste réseau de vélos électriques en libre-service. Une décision qui confirme le changement de regard de plusieurs grandes métropoles européennes sur la micromobilité.
Le gouvernement bruxellois a acté la disparition progressive des trottinettes en libre-service. Si la mesure ne sera pleinement effective qu’en 2027, la transition est déjà engagée.
Le calendrier s’articule autour de la fin de la concession actuelle de Villo!, le service de vélos en libre-service exploité par JCDecaux, dont le contrat arrive à échéance en septembre 2026. Afin d’assurer une continuité de service, l’exploitation sera prolongée jusqu’en septembre 2028 au plus tard, le temps de mettre en place un nouveau dispositif.
À terme, Bruxelles souhaite déployer une flotte de vélos électriques en libre-service reposant exclusivement sur des stations fixes réparties dans l’ensemble de la ville. Contrairement au modèle des trottinettes en free-floating, la Région entend conserver la maîtrise de l’organisation du service via un marché public.
Pour justifier cette décision, les autorités régionales mettent en avant plusieurs arguments, estimant que les trottinettes électriques étaient devenues « souvent synonymes de désordre ». Son notamment évoqués des nuisances, des blessures parfois graves, un encombrement de l’espace public et même une utilisation croissante par le crime organisé.
A cela s’ajoutent des problématiques d’occupation de l’espace public. Sont notamment pointées du doigt les difficultés rencontrées par les personnes à mobilité réduite, les parents avec poussette ou encore les personnes âgées lorsque des engins sont abandonnés sur les trottoirs.
Principaux opérateurs présents à Bruxelles, Bolt et Dott, contestent vivement cette interdiction.
Bolt estime que les autorités mélangent les trottinettes privées et les trottinettes partagées. L’entreprise rappelle que ses véhicules sont géolocalisés en permanence, limités à 20 km/h et que chaque trajet est enregistré. Selon les données de Bruxelles Mobilité, plus de 90 % des trottinettes de l’opérateur seraient correctement stationnées.
Dott souligne pour sa part que les accidents les plus médiatisés de ces derniers mois n’impliquaient pas de trottinettes en libre-service, mais relevaient d’accidents de la circulation. L’entreprise s’interroge également sur les conséquences d’une telle mesure, craignant qu’elle n’encourage l’usage de trottinettes privées, beaucoup moins encadrées, voire un retour vers des modes de transport plus polluants.
Avec cette décision, Bruxelles rejoint plusieurs grandes villes européennes qui ont déjà choisi de restreindre, voire de supprimer, les trottinettes en libre-service. Paris a mis fin au service dès 2023 à la suite d’un référendum local. Madrid a retiré les autorisations accordées aux opérateurs, tandis que Prague prépare également leur disparition.
Reste désormais à savoir si ce mouvement continuera de s’étendre à d’autres métropoles européennes ou si un modèle de trottinettes partagées plus strictement encadré parviendra à convaincre les collectivités de leur laisser une place dans le paysage urbain.
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