
Avinox défend l’intérêt des moteurs très puissants en VTT électrique, en distinguant force motrice et vitesse maximale. Un argumentaire qui s’inscrit dans un débat plus large, alors que Bosch lui-même reconnaît que la haute puissance ne concerne qu’une minorité de pilotes.
Avinox prend la parole pour défendre sa philosophie technique face aux critiques récurrentes sur les moteurs de VTT électriques à haute puissance. La marque, qui équipe notamment les vélos Amflow de DJI, répond aux inquiétudes concernant la sécurité, l’impact sur les sentiers et l’usure des composants. Son argument central : la puissance ne détermine pas la vitesse, mais la capacité à franchir des obstacles techniques.
Dans un marché où Bosch et Yamaha augmentent progressivement le couple de leurs moteurs via des mises à jour logicielles, Avinox justifie ses choix techniques en distinguant force motrice et limitation de vitesse. Tous ses systèmes respectent les réglementations en vigueur sur la vitesse maximale assistée. Reste que la question de l’utilité réelle de cette surenchère mérite d’être posée — y compris par les acteurs qui en sont eux-mêmes les promoteurs.
Avinox insiste sur une distinction fondamentale : « La vitesse détermine le risque de sécurité. La puissance est la force qui aide les cyclistes à accélérer, surtout à basse vitesse et dans des situations exigeantes comme les montées raides, les ascensions techniques et la navigation autour d’obstacles ». Concrètement, un moteur de 1 500 W comme le M2S d’Avinox ne permet pas de dépasser les 25 km/h réglementaires, mais facilite le franchissement d’une marche rocheuse ou d’une pente à 30 %.
Cette approche viserait à élargir l’accès au VTT électrique. Pour les cyclistes plus lourds, les personnes en situation de handicap ou ceux transportant du matériel, une puissance élevée serait une nécessité plutôt qu’un luxe. Avinox propose des modes d’assistance personnalisables permettant d’adapter la puissance maximale au terrain et aux préférences de chaque utilisateur. Objectif affiché : permettre à davantage de pilotes de gravir des pentes raides et d’explorer des sentiers techniques auparavant inaccessibles.
À lire aussi1 500 W et 150 Nm… ces nouveaux VTT électriques Amflow à moteur DJI veulent redéfinir la performanceL’argument de la démocratisation par la puissance se heurte cependant à un constat livré par Bosch à l’occasion de sa récente mise à jour Performance Upgrade 2.0. Le motoriste allemand, qui a poussé le couple de son Performance Line CX à 120 Nm, nous a indiqué lui-même que moins de 5 % des utilisateurs de VTT électrique disposent du niveau technique nécessaire pour exploiter réellement une telle puissance. Autrement dit, l’écrasante majorité des pilotes n’ira jamais chercher ce que les moteurs haut de gamme savent délivrer — et n’en aurait, pour beaucoup, ni l’usage ni la maîtrise.
Cette mise au point d’un acteur historique du secteur invite à relativiser le discours d’accessibilité porté par les nouveaux entrants. Si la puissance élevée a effectivement du sens pour des cas d’usage précis (charges lourdes, terrains très techniques, profils spécifiques), elle reste largement surdimensionnée pour l’usage moyen, y compris en VTT sportif.
Sur le plan technique, Avinox met en avant son contrôle intelligent de l’assistance. Des algorithmes surveillent en permanence les conditions de conduite et ajustent la délivrance du couple pour protéger les composants clés. Le système réduit automatiquement la puissance lors des changements de vitesse, limitant ainsi l’usure de la chaîne, de la cassette et des dérailleurs. Cette gestion précise vise également à réduire la sollicitation des pneus, freins et roues.
La marque adopte une approche globale en optimisant l’ensemble de la plateforme vélo pour supporter une puissance élevée : pneus, freins, roues, conception du cadre, architecture de batterie, systèmes de charge et contrôles logiciels. Cette intégration complète permettrait, selon Avinox, de bénéficier d’une capacité maximale sans compromettre la sécurité ni la fiabilité. Le test du Amflow PL Carbon a d’ailleurs confirmé la maîtrise de cette puissance sur le terrain — pour un pilote expérimenté.
À lire aussiMoteur vélo Avinox M2S : Dji explose les standards avec 1 500 W et 150 Nm dans 2,6 kgReste à voir si la promesse d’une puissance « pour tous » convaincra au-delà du cercle des pilotes confirmés. Entre le discours offensif d’Avinox et la lecture plus prudente de Bosch, c’est tout le positionnement du VTT électrique haut de gamme qui se rejoue : outil d’élargissement réel de la pratique, ou course aux watts dont les bénéfices restent, pour une majorité d’utilisateurs, plus marketing que palpables ?
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