
Giant Group enregistre un chiffre d’affaires de 12,52 milliards NT$ (336 millions €) au premier trimestre 2026, en recul de 25 % sur un an. La crise structurelle du secteur entre dans sa troisième année.
Les résultats du premier trimestre 2026 confirment l’ampleur de la correction en cours dans l’industrie du vélo. Giant Group, premier fabricant mondial, subit de plein fouet les effets d’une surproduction persistante et d’un repositionnement stratégique de ses marchés clés. La dynamique observée fin 2025 ne s’est pas inversée, malgré des signaux de stabilisation en mars.
Giant Group affiche un chiffre d’affaires de 12,52 milliards NT$ (336 millions €) au premier trimestre 2026, soit une contraction de 25 % par rapport à la même période en 2025. Les variations mensuelles révèlent une volatilité marquée : janvier enregistre un recul de 20 %, février plonge de 40 %, tandis que mars se stabilise à -17 %. Cette dernière donnée rejoint les performances de Merida et Ideal sur le même mois, suggérant une tendance sectorielle plutôt qu’une faiblesse spécifique à Giant.
Le rythme de décélération observé en mars constitue le premier signe tangible d’un possible plancher de marché. Toutefois, l’écart reste considérable avec les niveaux d’activité de 2023 et 2024, années marquées par une demande post-Covid artificiellement élevée. La correction actuelle reflète l’ajustement des stocks accumulés par les distributeurs et la normalisation des comportements d’achat.
À lire aussiTaïwan défie Bosch et Shimano en lançant la CCPA, un protocole ouvert pour vélo électriqueAu-delà de la conjoncture, Giant fait face à des mutations structurelles majeures sur ses marchés historiques. Le chiffre d’affaires réalisé en Chine s’est effondré de 69 % en 2025, érodant l’un des principaux relais de croissance du groupe. Cette chute s’ajoute aux ralentissements déjà observés en Europe et aux États-Unis, où la demande reste atone. La contraction du premier semestre 2025 s’est ainsi prolongée sans rebond significatif.
La position de Giant Taiwan en amont de la chaîne d’approvisionnement amplifie sa vulnérabilité. Les expéditions vers les États-Unis demeurent bloquées par un embargo, privant le groupe d’un débouché stratégique. Cette dépendance totale aux dynamiques de marchés étrangers, que l’industrie taïwanaise ne peut ni contrôler ni influencer directement, limite les leviers d’action à court terme. Les tensions sociales récentes à Taïwan ajoutent une pression supplémentaire sur les coûts de production.
Les difficultés de Giant ne constituent pas un cas isolé. Merida et Ideal affichent des trajectoires financières similaires au premier trimestre 2026, confirmant une crise sectorielle plutôt qu’une perte de compétitivité spécifique. L’ensemble de l’industrie taïwanaise du vélo subit les conséquences d’une surcapacité mondiale et d’une demande européenne et américaine durablement affaiblie. La tentative de relance OEM observée début 2025 n’a pas suffi à inverser la tendance.
L’atténuation des baisses en mars offre un signal encourageant, mais insuffisant pour anticiper une reprise franche. Les carnets de commandes restent sous pression, et la visibilité sur les prochains trimestres demeure limitée. L’industrie taïwanaise devra composer avec une demande mondiale restructurée, où les volumes d’avant-crise ne reviendront probablement pas à court terme. La capacité de Giant à diversifier ses débouchés et à optimiser sa structure de coûts déterminera sa trajectoire de sortie de crise.
Source : Bike Europe
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