
Les chiffres du premier trimestre 2026 confirment le recul historique de la Chine sur le marché américain du vélo. Pour la première fois, le géant asiatique passe sous la barre des 50% de parts de marché, tandis que le Cambodge s’impose comme nouvel acteur majeur.
Les tarifs douaniers imposés par l’administration Trump redessinent la carte des approvisionnements américains en vélos. Le premier trimestre 2026 marque un tournant : les importations totales s’établissent à 1,98 million d’unités, un niveau proche du creux de 2023 enregistré au plus fort de la crise de surstockage. La valeur totale chute sous les 200 millions de dollars, à 196 millions exactement, poursuivant la tendance baissière amorcée fin 2025. Les conséquences des tarifs douaniers sur l’industrie du cycle se matérialisent désormais dans les statistiques d’import.
Avec 960 468 unités importées au premier trimestre 2026, la Chine enregistre son pire résultat trimestriel depuis dix ans, en recul de 42% sur un an. Cette performance fait basculer sa part de marché à 48,5%, un seuil symbolique franchi pour la première fois. À titre de comparaison, entre 2015 et 2024, Pékin contrôlait systématiquement entre 80% et 90% des importations américaines. En 2021, au sommet de sa domination, le pays expédiait près de 17 millions de vélos vers les États-Unis.
Les droits de douane effectifs dépassent désormais 50% sur les vélos non électriques chinois, créant un désavantage compétitif structurel. Cette pression tarifaire s’ajoute à la volatilité des taux appliqués, qui complique la planification des importateurs. Plusieurs acteurs ont déjà quitté le marché américain ou déposé le bilan, faute de visibilité sur leurs coûts d’approvisionnement. La redistribution des flux ne profite toutefois pas à l’ensemble du marché : les importations globales se contractent, et les pays exportateurs se disputent une demande réduite plutôt qu’un gâteau en expansion.
À lire aussi130 milliards de dollars de taxes à l’import : une référence du vélo électrique premium annonce son départ des USALe Cambodge a importé 464 465 unités entre janvier et mars 2026, un record absolu qui propulse le pays à 20% de parts de marché américain. Deux vélos sur dix importés aux États-Unis proviennent désormais de ce pays d’Asie du Sud-Est. Cette progression s’appuie sur un accord commercial bilatéral avantageux, qui maintient les tarifs douaniers cambodgiens sous la barre des 30%, contre plus de 50% pour la Chine. Les États-Unis représentent la première destination d’exportation du Cambodge, qui a renforcé ses capacités de production ces dernières années.
L’accord signé en 2020 avec le Vietnam joue un rôle structurant dans cette montée en puissance. Il permet aux fabricants cambodgiens de s’approvisionner en composants et matières premières chez leur voisin, sécurisant ainsi leur chaîne logistique. Le Vietnam et Taïwan, autres hubs asiatiques, bénéficient également de taux tarifaires inférieurs à 30%, mais sans atteindre les volumes cambodgiens. Taïwan affiche des importations stables en janvier avant un fléchissement en février, dans un contexte marqué par l’embargo américain visant Giant Taiwan, entré dans son huitième mois. Les trois grands fabricants taïwanais — Giant, Merida et Ideal — ont tous publié des baisses de revenus au premier trimestre 2026.
La dynamique actuelle ne traduit pas une expansion de la demande américaine, mais une redistribution des parts dans un marché affaibli. Les pays exportateurs intensifient leur compétition pour capter des commandes en volume décroissant, créant une pression accrue sur les marges et les structures industrielles. Cette recomposition géographique s’opère sur fond de relocalisation partielle de la production aux États-Unis, qui réduit mécaniquement la dépendance aux importations et accélère la fragmentation des flux commerciaux.
Source : Bike Europe
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