
À l’occasion du lancement de la série limitée Eden Park, Ultima passe un nouveau cap en devenant un groupe de trois marques après la reprise de Voltaire, avec d’ambitieux objectifs commerciaux et industriels, ainsi qu’une stratégie à redéfinir.
Née en 2021, Ultima Mobility a été fondée par Jérôme Mortal. Cet ancien de l’automobile et même de la Formule 1 a fait sa transition vers le vélo électrique, avec une vision alternative. Son premier VAE, le Ultima Multipath, se distingue par un cadre en carbone recyclé injecté de plastique. La matière provient d’ailleurs de l’industrie automobile, de BMW pour être précis, pour alimenter le cadre fabriqué en interne. Le vœu était aussi d’assembler localement, dans l’usine de Saint-Priest près de Lyon (Rhône), le tout avec un moteur français et un look unique.
L’Ultima Multipath continue sa carrière en 2026 avec une nouvelle version, ou plutôt une série limitée. Plus qu’un simple logo — le nœud papillon — apposé sur le cadre, cette édition spéciale résulte d’un travail approfondi sur les matériaux et l’apparence. Avec le cofondateur Franck Mesnel, Ultima a travaillé sur les matériaux et l’apparence, dans un esprit “rétro, technologique et moderne à la fois” selon ses mots.
On note de nombreux changements pour une série limitée, avec des pneus plus larges pour le confort. C’est d’ailleurs la version avec une fourche et un tube de selle télescopique suspendus qui a été choisie, histoire de conserver un bon agrément sur les pavés parisiens.

Nous l’avons d’ailleurs pris en main le temps de quelques minutes, c’est efficace, tout comme le moteur Valeo Cyclee qui se défait des pentes soutenues de l’est parisien avec son couple de 130 Nm, sa transmission auto 7 vitesses et le mode Boost. Autour, le traitement du cadre spécial Eden Park se révèle mieux qu’en intérieur avec ses rayures avec effet dégradé.
Et cela continue sur les composants, avec un duo selle-poignées bleu marine en cuir, des garde-boues finition carbone, ou un pédalier couleur chaîne. Clou de la transformation, l’Ultima adopte un tube de selle supérieur amovible à l’image du Diamant Suvea, en carbone, qui supporte une sacoche de cadre.
Cet Ultima Multipath Eden Park est donc une série limitée, de 200 exemplaires, au coût de 4 990 €. En plus de profiter du réseau de la marque de vélos électriques, ce modèle est également disponible auprès des points de vente Eden Park et des sites web respectifs.
Cette nouveauté est un arbre qui cache la forêt de l’évolution de l’entreprise. Coïncidence, elle arrive quelques jours après l’annonce de la reprise de Voltaire, autre marque française de vélos électriques. Après avoir émis une première offre industrielle en 2024 à ses fondateurs, dont l’actuel Grégoire Lieurade qui poursuit son aventure chez Ultima, Ultima a repris sous son aile Voltaire alors en liquidation judiciaire.
A en croire les dirigeants, il n’y avait pas de risque de disparition, mais plutôt un déblocage industriel pour Voltaire, suite à une rupture d’approvisionnement, et dont les ventes étaient croissantes (+50% en 2025). Elle a d’ailleurs écoulé plus de 5 000 unités depuis 2021, un succès soutenu par une gamme en évolution permanente – Legendre, Rivoli – et plusieurs boutiques physiques. Un fatbike, le Voltaire Paname, est également lancé ce printemps, pour toucher le public amateur de gros pneus mais avec la touche d’élégance propre à la firme parisienne.

Cette patte visuelle est donc au cœur d’un nouveau débat au sein d’Ultima Mobility, qui devient un vrai groupe. Elle contient désormais trois marques, dont le fabricant basque Larrun repris en 2024 après sa faillite. De l’aveu de Jérôme Mortal, la stratégie pourrait évoluer pour garantir à chaque entité une catégorie du marché, pour éviter toute concurrence.
En effet, si la réunion facilite les synergies, le futur Ultima Essentiel pourrait rivaliser avec les très urbains Voltaire. Ultima pourrait-elle conserver le haut de gamme technologique et polyvalent, avec ses éditions spéciales type Eden Park ? Au moins, Larrun semble suivre le créneau des vélos cargo électriques, à commencer par le Longtail disponible depuis 2025 ou du potentiel Ultima Cargo 29 Longride.
Forte de trois marques, dont Voltaire, Ultima assemble également des vélos électriques pour des clients comme JC Decaux, qui a commandé 2 500 unités, et agit comme distributeur de composants. Le dirigeant s’est ainsi fixé pour objectif d’équilibrer l’activité entre ces trois branches (B2C, B2B et distribution). Son site industriel, aujourd’hui capable de produire 5 000 VAE par an, vise une capacité de 10 000 unités afin d’absorber la croissance attendue.
Pour y parvenir, dans un marché français encore en attente de reprise, le groupe mise aussi sur l’internationalisation. Celle-ci est déjà à l’œuvre via Voltaire, présent sur plusieurs marchés, ainsi que grâce au partenariat avec Eden Park pour accroître sa notoriété hors de l’Hexagone. La marque Ultima, déjà implantée au Benelux, cible notamment l’Allemagne, premier marché européen du vélo électrique, avant une expansion vers d’autres pays.

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