
Une étude de Comodule menée sur les vélos cargo électriques Christiania montre que l’alerte de mouvement permet d’éviter ou de résoudre 9 vols sur 10. Problème : seuls 35 % des vélos concernés sont équipés, et beaucoup ne sont jamais activés.
Un vélo cargo électrique coûte souvent le prix d’un scooter, et se vole aussi facilement qu’un vélo classique. Le fabricant danois Christiania Bikes intègre depuis plusieurs années un module IoT signé Comodule dans ses modèles, et les statistiques publiées par l’équipementier estonien donnent un chiffre net : 90 % des propriétaires ayant reçu une alerte de mouvement sur leur téléphone ont réussi à empêcher le vol ou à récupérer leur vélo. Une logique proche de celle que Bosch déploie sur ses batteries et moteurs de VAE.
Le dispositif est monté en usine et piloté depuis l’application Christiania Bikes. Le propriétaire voit la position exacte de son vélo, le verrouille numériquement et reçoit une notification dès qu’il bouge sans autorisation. En cas de vol, la position GPS peut être transmise directement à la police. Et si le vélo était verrouillé au moment du larcin, le système coupe l’assistance électrique : l’engin devient un cargo de 30 kilos à pousser à la main.
La limite est ailleurs. Seuls 35 % environ des vélos cargo électriques Christiania en circulation embarquent cette couche numérique, et une partie des propriétaires n’appairent jamais leur vélo à l’application. Comodule le formule sans détour : « cela ne sert que si c’est activé ». L’entreprise rappelle aussi qu’un ou deux bons antivols mécaniques restent la première étape, la connectivité venant en complément. Des accessoires combinant alarme et traceur existent pour les vélos non équipés d’origine.
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Le mouvement dépasse le seul vol. Sur les batteries, la normalisation avance avec l’EN 50604-1 et la révision de l’EN 15194, pour la même raison : anticiper le risque plutôt que le constater. Les incendies graves impliquent très majoritairement des produits non certifiés, des kits de conversion artisanaux ou du reconditionné low cost. D’où l’intérêt de vélos électriques complets et suivis plutôt que de montages hybrides anonymes.
Le cadre légal suit la même pente : plafonnement à 25 km/h, distinction entre engins légers et cyclomoteurs, casque et équipement rétro-réfléchissant obligatoires pour les EDPM à Paris et en petite couronne. La sécurité devient une condition d’accès, plus une recommandation. Le module connecté, lui, ouvre d’autres portes : maintenance préventive, suivi de l’état de santé de la batterie. Reste, selon Comodule, un chantier collectif pour marques, revendeurs et ateliers : accompagner l’activation de fonctions déjà présentes.
À lire aussiV-Lock, la borne autonome qui bloque votre vélo en moins de 30 secondesLe paradoxe est instructif : la meilleure protection antivol du marché dort dans un vélo sur trois, faute d’avoir été appairée. Entre les bornes de stationnement sécurisées et les modules embarqués, l’écosystème s’étoffe plus vite que les réflexes des utilisateurs. Le prochain gain de sécurité viendra peut-être moins de la technologie que du moment où le vendeur prend cinq minutes pour configurer l’application.
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