AccueilVélo électrique« Elles voulaient électrifier votre vieux vélo » : ces deux marques françaises viennent de disparaître

« Elles voulaient électrifier votre vieux vélo » : ces deux marques françaises viennent de disparaître

Kit vélo électrique Reebike
Le kit électrique de Reebike - Source : Reebike

Transformer son vélo classique en vélo électrique plutôt que d’en acheter un neuf : la promesse séduisait, elle ne suffit plus à faire vivre une entreprise. En juillet 2026, deux spécialistes français des kits d’électrification, Reebike et Vebo, ont été placés en liquidation judiciaire à seulemeent onze jours d’intervalle.

Le marché du vélo électrique traverse une période délicate après l’euphorie des années post-Covid. Notre dossier complet sur le marché du vélo faisait déjà état d’un nombre inquiétant de fermetures. Cette fois, c’est un segment entier qui vacille : celui des kits permettant d’électrifier un vélo musculaire.

Reebike, la fin d’une marque installée

Exploitée par la société Ho Habelo, Reebike a été placée en liquidation judiciaire le 9 juillet 2026 par le tribunal de commerce de Clermont-Ferrand. Le site internet et la boutique en ligne ont fermé, tandis que le service après-vente est également suspendu.

La proposition de la marque reposait notamment sur son kit Cosmopolit. Le principe était particulièrement accessible : une roue avant intégrant le moteur, la batterie et l’électronique venait remplacer la roue traditionnelle du vélo. Un capteur de pédalage sans fil permettait ensuite de commander l’assistance. Reebike avait également développé les kits Urban et Explorer, dotés d’une batterie amovible, pensés aussi bien pour les déplacements urbains que pour les cyclistes en quête d’autonomie.

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Vebo, un projet éco-conçu stoppé avant la maturité

Onze jours plus tard, le 20 juillet 2026, le tribunal de commerce de Lille-Métropole prononçait la liquidation judiciaire de Vebo, décision publiée au BODACC le 29 juillet. Le profil de l’entreprise est pourtant très différent : créée en avril 2024, la start-up nanto-lilloise défendait une approche low-tech et bas carbone pour son kit d’électrification.

Son boîtier de 2,8 kg se clipsait sur un arceau fixé à la fourche avant et entraînait la roue par friction, via un moteur galet de 40 Nm associé à une batterie de 250 Wh, pour une trentaine de kilomètres d’autonomie. Vendu 470 euros, le kit de Vebo était assemblé à Roubaix par des structures d’insertion, avec une batterie reconditionnée en France par VoltR et un boîtier en aluminium recyclé. Un même module pouvait équiper plusieurs vélos.

Un segment coincé entre volumes faibles et cadre incertain

Si l’issue est la même, les deux entreprises auront connu des trajectoires très différentes. Reebike disparaît après plusieurs années d’existence, sur un marché qui se contracte. Vebo, elle, s’arrête à peine sortie de sa phase d’industrialisation : la start-up avait annoncé une première série de 600 à 700 exemplaires et venait de lancer ses préventes. Deux trajectoires distinctes, un même constat : le kit d’électrification reste un modèle économique fragile.

Le concept répond pourtant à une logique de réemploi difficilement contestable : plutôt que de fabriquer et acheter un vélo électrique complet, donner une seconde vie à un vélo classique. Mais le marché reste étroit. Les acteurs spécialisés évoluent dans l’ombre des grands fabricants de cycles et le cadre normatif applicable aux conversions demeure flou pour beaucoup de particuliers. Autant de freins qui limitent les volumes, dans un secteur où l’industrialisation coûte cher.

Quid des vélos déjà équipés ?
C’est l’une des principales interrogations laissées par ces deux disparitions. Les propriétaires de kits Reebike comme de modules Vebo pourraient rencontrer davantage de difficultés pour obtenir des pièces détachées, remplacer une batterie ou bénéficier d’une assistance technique. La question est d’autant plus importante que les composants sont largement propriétaires, de l’électronique à l’algorithme d’assistance. À mesure que les équipements vieilliront, leur entretien pourrait devenir plus compliqué en l’absence de support officiel.
Quant à celles et ceux qui ont passé une commande non honorée, notamment en précommande chez Vebo, ils devront se tourner vers les procédures liées à la liquidation judiciaire, en déclarant leur créance auprès du mandataire. Des démarches dont l’issue est toujours incertaine, les clients étant des créanciers non privilégiés.

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