
Cube investit dans un entrepôt entièrement automatisé à Waldershof, en Bavière : 50 000 palettes, des robots pour tout faire, et presque aucun humain à l’horizon.
Le fabricant allemand de vélos, dont le site bavarois produit déjà environ un million de cycles par an sur 55 000 m², passe à la vitesse supérieure. Après avoir externalisé une partie de ses stocks chez des partenaires logistiques suite à la période Covid, Cube rapatrie tout sous son propre toit avec un entrepôt flambant neuf qui sera opérationnel l’année prochaine. Le secteur du cycle suit ici exactement la même trajectoire que l’industrie automobile, où la consolidation des acteurs s’accompagne d’une course à l’automatisation des chaînes logistiques.
Le futur entrepôt ne manque pas d’ambition : 37 mètres de hauteur, une capacité de 50 000 palettes, et une automatisation quasi totale des entrées et sorties de marchandises. Les robots gèrent l’ensemble des flux, pendant qu’une poignée de salariés surveille les écrans. Une passerelle de 70 mètres reliera directement le bâtiment aux lignes d’assemblage existantes, supprimant les allers-retours entre bâtiments.
Construire un bâtiment de 37 mètres dans un village bavarois, ça ne s’improvise pas. Waldershof dispose d’une vieille loi locale interdisant à toute nouvelle construction de dépasser le clocher de l’église. Pour débloquer le projet, Cube a proposé un deal à la commune : un mur d’escalade de 26 mètres, accessible gratuitement au public, avec des sessions de formation pour les équipes de secours en montagne. Pragmatique et plutôt malin.
À lire aussiDanger immédiat : Cube rappelle ses vélos électriques 2026 à cause d’un risque de chute graveAu-delà de la logistique, le projet affiche des gains environnementaux concrets : en centralisant ses stocks, Cube économise jusqu’à 2 500 kilomètres de trajets en camions diesel par jour. Le toit de l’entrepôt sera entièrement couvert de panneaux solaires pour une puissance de 800 kW, qui s’ajouteront au mégawatt déjà installé sur les halles existantes. Ce n’est pas du greenwashing c’est de l’optimisation industrielle qui a aussi un effet carbone mesurable.
Sur l’emploi, Cube tient un discours rodé : pas de suppressions de postes, l’automatisation sert uniquement à gagner en efficacité opérationnelle. On a entendu exactement le même argumentaire dans l’automobile depuis dix ans et ce n’est pas forcément faux. La robotisation crée rarement des licenciements massifs immédiats ; elle redéfinit les métiers, concentre la valeur sur les compétences techniques, et rend les sites non-automatisés structurellement moins compétitifs.
À lire aussiLapierre, Raleigh, Haibike, Babboe… le géant du vélo Accell vendu à un investisseur singapourienCe que fait Cube dans la logistique cycle, l’industrie automobile le pratique depuis des années dans ses usines d’assemblage et ses entrepôts de pièces. Des lignes de batteries aux chaînes de montage, la digitalisation et l’automatisation ne sont plus des projets pilotes elles sont devenues la condition de base pour rester dans la course. Les acteurs qui n’ont pas leur outil industriel au carré accumulent un retard structurel difficile à combler.
Le mouvement touche toute la chaîne de valeur : même Cube, pourtant solide sur ses fondamentaux, doit investir massivement pour maintenir sa position. Dans un marché du cycle sous pression depuis la fin du boom post-Covid, l’entrepôt robotisé n’est pas un luxe c’est une réponse industrielle à une compétition qui se joue désormais autant sur la logistique que sur le produit. Les marques qui pensent encore que l’automatisation est optionnelle risquent de le découvrir à leurs dépens.
Source : Nieusfiets
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