
Placée en redressement judiciaire fin août 2026, Cycles Lapierre traverse une période décisive. Trois semaines après l’ouverture de la procédure, son ancien dirigeant Gilles Lapierre prend publiquement position. Il défend son bilan, interpelle à demi-mot ses successeurs et se dit prêt à contribuer à une solution pour sauver l’activité et les emplois.
Trois semaines après le placement de Cycles Lapierre en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Dijon, son ancien directeur général a choisi de sortir du silence. Dans une déclaration relayée par Bike Europe, Gilles Lapierre revient sur la situation de l’entreprise fondée par son grand-père Gaston et sur les conditions dans lesquelles il pourrait participer à la recherche d’une issue.
Son message vise notamment les salariés. « Ils ne doivent pas subir les conséquences de décisions prises après mon départ », écrit l’ancien dirigeant. Une formule qui résume à la fois son inquiétude pour l’avenir de Lapierre et la distance qu’il prend avec la gestion menée depuis son départ, fin 2022.
Gilles Lapierre affirme avoir quitté la direction fin 2022 en laissant « une entreprise dans une position solide, fruit de plusieurs années de travail, de décisions, d’investissements et d’engagement collectif ». Il évoque également des « bases solides pour poursuivre un avenir ambitieux ».
Le propos reste mesuré, mais l’ancien dirigeant établit clairement une distinction entre la situation de Lapierre au moment de son départ et celle que connaît aujourd’hui l’entreprise.
Assurant ne pas vouloir « entrer dans une polémique personnelle », il estime que « chacun est en droit de s’interroger sur le chemin emprunté depuis mon départ et les décisions qui ont conduit l’entreprise à sa situation actuelle ». Une critique prudente, mais suffisamment explicite pour remettre au centre du débat les choix effectués ces dernières années.
Le tribunal de commerce de Dijon a prononcé le redressement judiciaire de Cycles Lapierre le 25 août 2026. Cette procédure ouvre une période d’observation de six mois durant laquelle les dettes sont gelées et l’activité peut se poursuivre.
L’usine dijonnaise continue ainsi d’assembler des vélos musculaires et électriques. Dans le même temps, l’entreprise doit trouver une solution financière et potentiellement convaincre un ou plusieurs investisseurs de participer à son avenir.
La situation est directement liée à la faillite d’Accell, maison mère néerlandaise de Lapierre, qui assurait jusqu’ici son soutien financier. L’évolution de la situation Accell s’inscrit dans une période particulièrement difficile pour l’industrie du vélo, confrontée aux surcapacités héritées du boom post-Covid, à une forte concurrence asiatique et à une demande revenue à des niveaux plus contenus après l’explosion des ventes de 2020 et 2021.
À lire aussiLapierre lâché par Accell : « Il n’y a plus d’actionnaire, il n’y a plus rien »Malgré cette prise de position, Gilles Lapierre exclut tout « come-back » à la tête de l’entreprise. L’ancien dirigeant prend soin de préciser qu’il ne cherche « aucun bénéfice personnel dans la situation actuelle ». Son éventuelle implication serait donc ponctuelle. Il se dit prêt à mettre son « expérience et sa connaissance de l’entreprise » au service d’une solution si son intervention peut contribuer à préserver Lapierre et ses emplois.
La responsabilité de trouver cette issue reste, selon lui, entre les mains de la direction actuelle, des actionnaires et des différentes parties prenantes. Son souhait : « l’entreprise puisse trouver un avenir et que ses salariés puissent continuer à construire leur avenir professionnel en son sein ».
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