
Giant Group affiche un bénéfice net de 18,9 millions € au deuxième trimestre 2026, plus du triple d’un an plus tôt. Le fabricant taïwanais profite du succès de ses nouveaux modèles haut de gamme pour redresser ses marges, au moment même où Accell est déclaré en faillite.
Le deuxième trimestre 2026 marque un vrai tournant pour Giant Group. Après un premier trimestre déficitaire, plombé par un effet de base défavorable et des décalages de livraisons vers les États-Unis, le groupe taïwanais renoue avec la croissance : son chiffre d’affaires trimestriel atteint 499 millions € (NT$16,67 milliards au taux de change actuel), en hausse de 5,8 % sur un an. Surtout, son bénéfice net bondit à 18,9 millions € (NT$630 millions), contre à peine 5,7 millions € un an plus tôt. Pour un secteur qui sort de trois ans de turbulences, c’est un signal encourageant.

Derrière ces chiffres, un levier principal : la montée en gamme. Giant a réduit les remises sur stocks et augmenté la part de ses produits à forte marge, notamment grâce au succès du Propel, son vélo de route aéro haut de gamme lancé cette année. Résultat, la marge brute grimpe à 24,2 % sur le seul deuxième trimestre, à comparer aux 19,1 % de l’ensemble du premier semestre 2025. Le groupe l’explique lui-même par « la forte proportion de produits Own-Brand à haute marge » et par le faible recours aux remises de déstockage, qui ont selon lui substantiellement amélioré sa structure de profit.
Sur le plan géographique, l’Europe et les États-Unis tirent la croissance grâce aux nouveaux millésimes, tandis que la Chine renoue avec une trajectoire positive au T2. Seul bémol : le marché américain reste sous pression en raison des incertitudes géopolitiques, et Giant prévient qu’il « surveillera de près les évolutions du marché » pour y répondre avec souplesse.
Une précision s’impose toutefois, car elle change la lecture du rebond : sur l’ensemble du premier semestre, le chiffre d’affaires cumulé atteint 874 millions € (NT$29,19 milliards) pour un bénéfice net de 13 millions € (NT$435 millions) seulement. Autrement dit, le trimestre a plus que compensé un premier trimestre dans le rouge. Le redressement est réel, mais il date de trois mois, pas de six.
Le contraste avec l’Europe est brutal. Le 11 août, le tribunal d’Amsterdam a déclaré en faillite les six sociétés néerlandaises du groupe Accell, propriétaire de Batavus, Koga, Sparta, Babboe, Raleigh et Lapierre. Après l’échec de son rachat par le singapourien Dutech Group, le groupe avait obtenu un sursis de paiement le 5 août ; le tribunal l’a révoqué six jours plus tard. L’usine hongroise, vers laquelle la production venait tout juste d’être centralisée, est à l’arrêt.
Les deux trajectoires se lisent en miroir. Là où le Taïwanais s’appuie sur ses marques propres et un portefeuille renouvelé pour reconstituer ses marges, le Néerlandais devait rembourser un rachat à effet de levier avec des recettes qui n’existaient plus. Giant réduit ses remises pour protéger sa marge, Accell devait écouler ses stocks pour tenir sa trésorerie. Même marché, mêmes surstocks post-Covid, deux issues opposées.
En France, Cycles Lapierre a déposé le 5 août une demande d’ouverture de redressement judiciaire, sur laquelle le tribunal de commerce de Dijon se prononce le 25. Aucun jugement n’a donc été rendu à ce jour.
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