
Le marché du vélo repart en Allemagne et aux Pays-Bas après trois années difficiles. Mais dans les chiffres du premier semestre 2026, c’est le vélo musculaire qui tire la reprise, pendant que le vélo électrique stagne et que le marché italien continue de reculer.
Le 7 septembre, l’association allemande ZIV a publié son bilan de mi-année. Entre janvier et juin, le marché du vélo progresse de 10 % sur un an et la production nationale de 6 %. Son directeur Burkhard Stork résume la situation d’une phrase : le point le plus bas est derrière. Après trois années de purge post-Covid, c’est le premier signal franchement positif venu du plus gros marché européen.
Les Pays-Bas confirment. Le chiffre d’affaires des détaillants néerlandais a bondi de 13,3 % au deuxième trimestre et de 8,6 % sur le semestre, selon le H&L Benchmark Group. Plus de trois magasins sur quatre déclarent une hausse. Sauf qu’en regardant le détail de ces chiffres, une anomalie saute aux yeux : le vélo électrique n’est pratiquement pas à la fête. C’est le musculaire qui porte le rebond.
En Allemagne, le marché global gagne 10 %, le vélo électrique seulement 2 %. L’écart est de un à cinq. Le ZIV note que la croissance vient d’ailleurs : le gravel gagne du terrain dans les segments milieu et entrée de gamme, et les VTT semi-rigides abordables repartent légèrement. Autrement dit, des vélos simples, mécaniques et accessibles. Rien à voir avec le VAE premium qui a fait les belles années du secteur.
Aux Pays-Bas, la mécanique est différente mais le constat converge. La hausse du chiffre d’affaires ne vient pas des volumes : elle vient des prix de vente moyens, du panier moyen sur le VAE et de l’atelier. Les stocks sont enfin assainis et la rentabilité reste stable, à 16,6 % du chiffre d’affaires. Le secteur vend moins de vélos qu’en 2021, mais il les vend mieux et il arrête de brader.
L’Italie rappelle que la reprise n’est pas partagée. Le marché a clôturé 2025 à 1,3 million d’unités, en recul de 4 %, avec un VAE tombé à 256 000 exemplaires. Le surstock électrique n’est pas résorbé, les aides nationales à l’achat ont disparu et la faillite d’Accell a fait sortir des exposants du salon IBF quelques jours avant son ouverture.
À lire aussiUne nouvelle année noire… les ventes de vélos en France plongent pour la 4e année consécutivePour l’acheteur, la conséquence est directe : la fenêtre des grosses remises se referme. Depuis 2023, les prix cassés venaient d’un surstock massif que toute la filière voulait liquider. Ce stock est désormais écoulé en Allemagne et aux Pays-Bas. Quand les entrepôts se vident et que les ateliers débordent, personne n’a de raison de solder. Les prix moyens néerlandais le montrent déjà noir sur blanc.
La pression sur les coûts va dans le même sens. Shimano applique depuis le 1er août une surtaxe temporaire de 3 % sur les commandes livrées jusqu’à fin novembre, en invoquant les matières premières, l’énergie et la logistique. Le japonais avait déjà vu son bénéfice opérationnel s’effondrer au premier trimestre. Les fabricants, eux, absorbent ou rognent sur la fiche technique.
Une réserve tout de même. L’été 2026 a été chaud et sec dans toute l’Europe, ce qui a mécaniquement dopé les ventes du printemps. Le ZIV ne s’y trompe pas et parle de reprise lente plutôt que de rebond. Et le dossier Accell, dont nous avons suivi chaque étape depuis l’été, pèse encore sur des centaines de revendeurs européens. Reprise, oui. Retour à la normale, pas encore.
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