
Merida a publié ses comptes du premier semestre 2026 : 334 millions d’euros de ventes, en recul de 16 %. Mais l’usine va mieux et le trou vient d’ailleurs, de la participation de 35 % que le Taïwanais détient dans Specialized.
Merida, deuxième constructeur taïwanais de vélos derrière Giant, a déposé ses comptes semestriels le 12 août à la bourse de Taipei. Le chiffre d’affaires tombe à 334 millions d’euros sur six mois, contre 397 millions un an plus tôt. Mais la lecture ligne à ligne raconte autre chose qu’un simple recul.
Le nom ne dit peut-être pas grand-chose au grand public français, mais l’entreprise fabrique environ 1,2 million de vélos par an et possède un tiers de Specialized. L’Europe représente plus de la moitié de ses ventes.
Au deuxième trimestre, les ventes sont quasi stables : 189 millions d’euros, contre 191 un an plus tôt. Surtout, la marge brute remonte de 14,9 à 18 % et le résultat d’exploitation progresse, de 19,2 à 20,9 millions d’euros. Le métier de base, fabriquer et vendre des vélos, redevient rentable. C’est exactement le signal envoyé par Giant, dont le bénéfice a triplé.
Le résultat net, lui, recule : 17,5 millions d’euros part du groupe sur le semestre, contre 22,1 millions. L’écart ne vient pas des ateliers mais d’une seule ligne comptable, celle des sociétés dans lesquelles Merida détient une participation minoritaire. Elle passe d’un gain de 9 millions à une perte de 3,9 millions, soit un basculement de près de 13 millions en un an.
À lire aussiMerida remonte la pente, mais ses 35 % de Specialized lui coûtent cherCette ligne, c’est essentiellement Specialized. Merida en détient 35 % depuis le début des années 2000 et doit donc inscrire dans ses comptes sa part des résultats de la marque californienne. En mars 2025, le Taïwanais avait déjà passé une dépréciation de 105 millions de dollars sur cette participation, présentée à l’époque comme exceptionnelle. Un an et demi plus tard, la ligne repart dans le rouge.
La leçon est celle de notre comparaison entre Accell, Trek et Pon : ce n’est pas le marché qui décide qui souffre, c’est la structure. Là où Giant verrouille sa chaîne industrielle en rachetant ses fournisseurs, Merida dépend d’un partenaire qu’il ne dirige pas. Détail passé inaperçu : trois minutes après les comptes, le groupe annonçait le départ de son directeur général.
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