
Giant rachète les 36 % de D.Mag qu’il ne détenait pas encore, pour 76,5 millions d’euros. Le numéro un mondial du vélo s’assure ainsi la maîtrise quasi totale des alliages de ses cadres.
Le conseil d’administration de Giant Group a validé le 7 août le rachat d’environ 36 % de D.Mag (Kunshan) New Material Technology, pour 597 millions de yuans, soit près de 76 millions d’euros. L’opération porte la participation consolidée du fabricant taïwanais de 60,39 % à 96,63 % dans cette filiale.
D.Mag n’a rien d’une inconnue pour Giant. Créée dans les années 1990-2000 pour accompagner l’expansion industrielle du groupe, elle fabrique des alliages nouvelle génération destinés aux cadres et composants allégés, et pèse déjà 7 à 8 % du chiffre d’affaires consolidé. Une dépense rendue possible par un bénéfice net multiplié par trois au deuxième trimestre 2026.
À lire aussiGiant triple son bénéfice : le numéro un mondial du vélo est bel et bien repartiD.Mag produit à Kunshan, en Chine, les alliages et pièces métalliques des cadres et composants allégés de Giant, à ne pas confondre avec l’usine voisine d’assemblage de cadres du groupe. En rachetant les parts d’United King Limited, société d’investissement enregistrée aux Samoa, Giant récupère toute la valeur créée par une activité stratégique : quand l’alliage fait la différence sur le poids des VAE, mieux vaut le posséder que le négocier.
Le ticket : 130,45 millions d’actions à 4,5764 yuan pièce, financées par les fonds propres de la filiale Giant Holding et par de la dette. Le groupe avait tenté d’introduire D.Mag en Bourse à Shanghai en juillet 2023 ; le comité d’examen avait rejeté le dossier, la filiale ne remplissant selon lui ni « les conditions d’émission et de cotation » ni les exigences de publication d’informations. Faute de la valoriser sur les marchés, Giant la garde pour lui.
Le calendrier compte. L’annonce coïncide avec les déclarations des dirigeants de Giant sur la fin du surstock qui asphyxiait l’industrie, un des marqueurs de la stabilisation attendue du marché du vélo en 2026. Le titre est passé de 97,40 NT$ à 107,50 NT$ en une semaine, avant de se stabiliser autour de 104 NT$, loin du trou d’air de son chiffre d’affaires au premier trimestre.
Sortir 76 millions d’euros pour racheter des minoritaires reste un luxe rare dans un secteur où d’autres groupes européens ferment des sites, se désendettent ou cèdent des marques. Giant, lui, ouvre une filiale commerciale à Girona et verrouille sa chaîne de valeur. Pour l’acheteur, l’effet est indirect : un fabricant qui maîtrise sa matière première tient mieux ses délais et le renouvellement de ses gammes.
À lire aussi1 million d’euros à Girona : Giant repart à l’offensive en EuropeL’opération reste suspendue au feu vert du Département d’examen des investissements du ministère taïwanais de l’Économie, condition posée à sa finalisation. S’agissant d’une filiale déjà contrôlée majoritairement, l’obstacle relève davantage de la formalité administrative.
Après des années de course aux volumes, la bataille du cycle se déplace vers le contrôle industriel et la sécurisation des composants critiques. L’automobile électrique a ouvert la voie avec les batteries et l’électronique de puissance ; le vélo et le VAE empruntent le même chemin, à une échelle plus modeste.
La suite de votre contenu après cette annonce