
La Metropolitan Police (police de Londres) a confisqué plus de 2 500 vélos et trottinettes électriques illégaux en six mois, dépassant son propre record annuel. Une offensive qui s’appuie sur une technologie de contrôle inédite.
À Londres, la question des deux-roues électriques non conformes dépasse largement le cadre du simple contrôle routier. Les engins modifiés sont régulièrement impliqués dans des vols à l’arraché et des arrachages de téléphones, ce qui a poussé la Met à intensifier ses opérations bien au-delà de ce qu’elle faisait jusqu’ici. La réglementation des vélos électriques en Angleterre est la même que chez nous et fixe pourtant des règles claires : assistance limitée à 25 km/h, pas de gâchette permettant d’avancer sans pédaler. Sur le terrain londonien, ces règles sont massivement ignorées.
En 2025, la Metropolitan Police avait saisi 2 241 vélos électriques et trottinettes illégaux sur l’ensemble de l’année. À mi-2026, ce chiffre est déjà dépassé : plus de 2 500 engins ont été confisqués depuis janvier. Le rythme des opérations s’est clairement accéléré, avec sept interventions ciblées organisées depuis le début de l’année et cinq autres programmées avant la fin de l’été.
Lors d’une récente opération près de la station Tottenham Court Road, 29 VAE et 7 trottinettes ont été saisis en une seule journée. Les trottinettes électriques personnelles restent par ailleurs totalement interdites sur la voie publique au Royaume-Uni, ce qui place automatiquement chaque utilisateur hors-la-loi, quelle que soit la puissance de l’engin.
À lire aussiNavee UT5 et NT5 : attendues en 2026, ces nouvelles trottinettes électriques veulent faire de l’ombre à Segway-NinebotPour identifier les vélos électriques trafiqués, la Met s’appuie désormais sur des dynamomètres portables qui permettent de mesurer la vitesse réelle d’un engin en quelques minutes au bord de la route. La Metropolitan Police est l’une des deux seules forces de police britanniques à déployer cet équipement, avec le Nottinghamshire. Certains vélos contrôlés ont affiché des vitesses dépassant 43 km/h, soit près du double du seuil légal.
Les signes qui déclenchent un contrôle sont bien identifiés : vitesse visiblement excessive, grosse batterie surdimensionnée, ou présence d’une gâchette d’accélérateur. Ce dernier point est un marqueur fort, car il signale presque systématiquement une modification illégale. Le problème de la conformité ne se limite d’ailleurs pas à Londres : en Europe, la question de la responsabilité des plateformes comme Amazon, Temu ou AliExpress face aux vélos électriques non conformes est désormais sur la table des régulateurs.
À lire aussiVélos électriques non conformes : Amazon, Temu et AliExpress bientôt responsables ?La Met avance des chiffres encourageants : les infractions de voisinage ont reculé de 14 % sur les douze mois à juin 2026, soit 35 000 faits en moins. Les vols à la personne ont chuté de 23 % et les vols avec violence de 11 %. Le commandant Neerav Patel, qui pilote le dispositif, relie directement ces baisses aux saisies de deux-roues illégaux, régulièrement utilisés dans les arrachages de téléphones.
Ces corrélations restent à manier avec prudence : d’autres facteurs peuvent expliquer la baisse de la criminalité, et la causalité directe entre saisies de vélos / trottinettes et recul des vols n’est pas démontrée de façon indépendante. Ce que les chiffres confirment en revanche, c’est que la pression policière sur ce segment s’installe dans la durée et que le modèle londonien pourrait bien inspirer d’autres capitales européennes confrontées aux mêmes usages.
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