
Swapfiets met la main sur Dance, spécialiste de l’abonnement de vélos électriques premium. Une opération qui renforce sa présence à Paris, Berlin et Hambourg, mais qui sonne surtout comme un signal pour tout un secteur : après la vague de faillites qui a emporté VanMoof, Cowboy ou Ampler, l’abonnement s’impose comme un modèle émergent… à condition d’avoir la taille critique.
La consolidation du secteur du vélo électrique se poursuit en Europe. Swapfiets a annoncé le 18 mai l’acquisition de Dance, marque berlinoise spécialisée dans la location par abonnement de vélos électriques haut de gamme. Une opération qui s’inscrit dans un mouvement de consolidation désormais bien engagé autour des modèles de service intégré, et qui contraste avec la vague de défaillances observées dans le secteur.
L’acquisition ajoute plus de 11 000 vélos électriques à la flotte du groupe néerlandais, qui dépasse désormais les 75 000 vélos électriques en circulation. Ensemble, les deux sociétés couvriront 45 villes européennes, avec une base cumulée d’environ 280 000 abonnés.
Pon, poids lourd discret de la mobilité douce
L’opération bénéficie du soutien de Pon Holdings, la maison-mère de Swapfiets, par ailleurs propriétaire de plusieurs marques de cycles majeures (Gazelle, Cervélo, Kalkhoff).
Le rapprochement est d’autant plus symbolique qu’il marie deux philosophies opposées. Swapfiets mise depuis l’origine sur un réseau physique dense et un service de maintenance assuré en propre.
Dance, à l’inverse, a bâti son offre sur une expérience 100 % digitale, sans boutique, avec interventions à domicile – exactement le modèle qu’avaient choisi VanMoof avant sa faillite ou Cowboy, aujourd’hui en grande difficulté. Que ce soit Swapfiets, et non l’inverse, qui rachète Dance en dit long sur lequel des deux modèles s’est révélé le plus résilient.
Précision importante : Swapfiets prévoit de conserver les deux enseignes qui garderont donc leur nom et leur positionnement propre. « En intégrant Dance à la famille Swapfiets, nous ne faisons pas qu’ajouter des vélos ; nous combinons deux des équipes les plus innovantes du secteur pour que chaque parking à vélos des grandes villes européennes compte un vélo par abonnement », a réagi Marc de Vries, CEO de Swapfiets.
Fondée aux Pays-Bas en 2014, Swapfiets revendiquait environ 270 000 abonnés avant cette acquisition. L’entreprise a réalisé un chiffre d’affaires de 91,1 millions d’euros en 2024, contre 85,3 millions un an plus tôt. Sa perte nette a été ramenée à 14,3 millions d’euros, son meilleur résultat depuis 2020.
Dance affiche également une croissance rapide depuis son lancement. Son chiffre d’affaires est passé de niveaux modestes en 2021 à 8,01 millions d’euros en 2024. Sa perte nette a diminué de 21,29 millions d’euros en 2022 à 11,93 millions d’euros en 2024. Les deux entreprises restent déficitaires mais réduisent leurs pertes d’année en année.
Le rapprochement pose donc un jalon supplémentaire. Il doit permettre aux deux entreprises de mutualiser leurs ressources et d’accélérer leur quête de rentabilité à l’heure où la disparition ou l’affaiblissement de plusieurs concurrents ouvre de nouvelles fenêtres d’opportunité. Reste à savoir si cette union suffira à transformer un modèle encore déficitaire en activité pérenne.
La suite de votre contenu après cette annonce
Le meilleur de Cleanrider, dans votre boite mail !
Découvrez nos thématiques vélos électriques, scooters électriques, équipements & bons plans et bien d'autres.
S'inscrire gratuitement