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38 % des utilisateurs de ces vélos électriques ont remplacé leur voiture

Un couple tout sourire à deux sur un vélo électrique Pony dans une rue en ville.
Le vélo électrique partagé Pony à deux places, une alternative concrète à la voiture en ville. © Pony

Une étude menée auprès de 1 758 usagers dans 13 intercommunalités françaises révèle que 38 % des utilisateurs de vélos électriques partagés les ont substitués à leur voiture personnelle. Les vélos en libre-service (VLS) ne sont plus un gadget urbain, mais un outil de décarbonation massif.

Longtemps réservés aux grandes métropoles, les vélos électriques en libre-service changent d’échelle. L’étude publiée par Fifteen en 2026, menée d’Angoulême à Épinal en passant par Royan, montre que toute intercommunalité peut désormais basculer ses mobilités : le service remplace la voiture au quotidien et désenclave les périphéries.

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Du novice au navetteur : les multiples visages de l’usager

Portrait-robot : un homme de moins de 30 ans (67 %, 60 % masculin). Mais l’âge moyen grimpe à 40 ans et les profils divergent : efficacité tarifaire pour les étudiants, flexibilité (38 % en font leur premier critère) et bas carbone pour les cadres.

Surtout, ces vélos ramènent au guidon ceux qui l’avaient déserté : 39 % des répondants ne pédalaient plus ou jamais. Parmi ces novices, 57 % de femmes, séduites par le déplacement sans contraintes de possession. Mais seuls 14 % envisagent d’acheter un vélo. Sans service public pérenne, ils repartiraient à pied. Les vélos partagés ne sont pas un tremplin : ils sont la solution.

38 % de report modal : quand le vélo électrique remplace structurellement la voiture

Le chiffre qui fait vaciller les certitudes : 38 % des usagers roulent à la place d’une voiture. Mieux, 12 % ont renoncé à un achat grâce au service — 18 % chez les navetteurs. Cadres et employés portent la dynamique, à l’origine de 56 % de ces abandons. Les flottes électriques ont levé la barrière de l’effort, faisant du VAE un substitut direct de l’auto sur les trajets courts et moyens.

Les femmes mènent la démotorisation : 55 % roulent moins en voiture (50 % chez les hommes), 13 % s’en sont séparées. À Épinal, cas d’école : le service Vilvolt maille 30 communes avec 760 vélos, affiche 44 % de report modal et a dépassé 430 000 locations en 2025, en croissance de 110 % par an depuis 2023. Une toile d’araignée de mobilités actives là où la voiture régnait seule.

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Au-delà du transport : inclusion sociale, santé publique et intermodalité

Pour 13 % des usagers, c’était la seule option disponible — et 25 % d’entre eux renonçaient à se déplacer auparavant. Pour ces jeunes, étudiants ou demandeurs d’emploi, le gain d’autonomie atteint 80 % chez les scolaires. Bonus santé : 53 % se sentent en meilleure forme, un effet que l’étude EY-CIE-EIT Urban Mobility (2025) chiffre à près de 1 000 cas de maladies chroniques évités par an en Europe.

Côté intermodalité, ces vélos n’cannibalisent pas les transports en commun : ils les amplifient. 47 % des usagers les combinent avec d’autres modes, 42 % dans un même trajet. À Épinal, la fréquentation des transports publics progresse de 8 % par an depuis 2021. Et une idée reçue tombe : 54 % des locations en gare relèvent du rabattement domicile-gare, pas du tourisme. Le service Vélo Modalis en Nouvelle-Aquitaine pousse même la réservation 1h30 à l’avance, pour garantir un vélo dès la descente du TER.

Le modèle dépasse donc largement les grandes villes. Tarifs maîtrisés et volonté politique en main, les intercommunalités font du vélo électrique partagé une brique centrale de leurs mobilités : décarbonation massive, équité sociale, intermodalité. Reste à densifier les réseaux et à explorer la location longue durée, plébiscitée par 63 % des répondants. Car si ces services remplacent déjà la voiture, les premiers retours sur les longtails électriques en libre-service montrent qu’ils pourraient aller plus loin.

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