Sommaire
La suite de votre contenu après cette annonce

Test du Rockrider E-EXPL 100 : nous avons parcouru plusieurs dizaines de kilomètre avec le nouveau VTT électrique semi-rigide de Decathlon, vendu 999,99 €. Roues de 29 pouces, pneus à crampons de 2,4 pouces, batterie intégrée de 360 Wh et moteur arrière de 43 Nm : notre avis complet sur ce VTTAE premier prix qui surprend par son autonomie réelle, mais montre ses limites dès que le terrain se corse.
Nous avons roulé avec ce vélo sur des chemins forestiers mêlant pistes dégradées et portions goudronnées, avec quelques légers dénivelés. Bref, le terrain de jeu exact pour lequel il a été pensé. Le E-EXPL 100 succède au Rockrider E-ST 100 avec plusieurs évolutions notables : batterie désormais intégrée au cadre, roues passant de 27,5 à 29 pouces, design revu et mieux soigné. En contrepartie, l’autonomie annoncée recule légèrement et la compatibilité avec l’application Decathlon Ride disparaît. On gagne en élégance, on perd un peu de connectivité : le prix du progrès, sans doute. Le vélo est proposé de la taille S à la taille XL, et notre exemplaire de test était en M. Pour situer ce modèle dans la gamme, notre guide d’achat des VTT électriques Decathlon Rockrider vous donnera une vue d’ensemble.
Le design est classique, sobre, exactement ce qu’on attend d’un VTT. Le cadre légèrement courbé sur le dessus apporte un peu de fluidité à la silhouette, et l’ensemble joue la carte du contraste noir et blanc. Un blanc classique, unique coloris disponible, dont on vous laisse deviner le comportement après une sortie en forêt sous la pluie : la moindre trace et la moindre égratignure se verront.
La peinture est bien appliquée, les soudures restent visibles sans être choquantes. La batterie s’intègre proprement dans le cadre, avec un cache qui protège sa face inférieure, mais pas les côtés, ce qui est dommage. Decathlon s’est offert quelques touches sympathiques : le nouveau logo apparaît en cuivré sur l’avant du vélo, le nom du modèle est inscrit sur le haut du top tube, et à l’arrière on peut lire « adventure is out there ». Un petit message d’encouragement, à défaut de garde-boue. Les câbles passent dans le cadre, ce qui soigne la finition et évite qu’ils ne s’accrochent aux branches. Et comme le vélo n’embarque aucun équipement superflu, aucun souci d’assemblage à la réception : on déballe, on roule.

Moteur, batterie, transmission, freins : tout porte ici le logo Decathlon. Attention au raccourci, cela dit : la marque signe, mais ne fabrique pas tout en interne. Derrière les étiquettes, on retrouve ses partenaires historiques, Microshift en tête pour la transmission et le freinage.
Le moteur, positionné dans la roue arrière, développe 43 Nm de couple pour 250 W de puissance. C’est modeste face à un moteur central de milieu de gamme, on ne va pas se mentir, mais ça suffit largement pour les balades sur terrain peu accidenté. Premier détail à connaître : il se fait entendre franchement lors des relances à l’arrêt. Rien de rédhibitoire, une fois en mouvement le bruit de roulement le couvre complètement. La batterie amovible de 360 Wh se loge dans le cadre et se libère d’un simple quart de tour de clé, ce qui permet de la recharger bien au chaud chez soi.
La transmission repose sur un mono-plateau et un dérailleur Microshift à 7 vitesses. Bonne nouvelle : elle est d’une fluidité irréprochable, les changements passent sans le moindre effort. Seule vraie période d’adaptation, et elle concerne surtout les habitués de Shimano : ici, les vitesses hautes se passent au pouce, sans possibilité de les enclencher avec l’index. Les premiers kilomètres, le pouce cherche son chemin ; au bout d’une sortie, c’est devenu un réflexe. On regrette en revanche le nombre limité de rapports, qui se rappelle à votre bon souvenir dès que ça grimpe.
Côté freinage, les disques mécaniques Microshift mesurent 180 mm à l’avant et 160 mm à l’arrière. La fourche à ressort offre 100 mm de débattement, avec assez peu de possibilités de réglage : elle semble calibrée pour un gabarit moyen, et les cyclistes qui s’écartent de cette norme risquent de trouver l’absorption insuffisante ou le retour trop lent. Nous avons également relevé un claquement de la fourche à la détente. Pas dramatique, mais on l’entend. Les roues de 29 pouces sont chaussées de pneus à crampons de 2,4 pouces d’épaisseur, un vrai petit effort de montée en gamme sur ce poste. Sur la balance, notre taille M affiche 24,5 kg : pas léger, mais pas un tank non plus.
Reste le chapitre équipement, et là c’est vite vu : aucun accessoire de série. Pas de garde-boue, pas d’éclairage, deux absences qui se font sentir dès la sortie forestière humide ou la fin de journée qui s’étire. Le vélo dispose en revanche de fixations permettant d’installer un porte-bidon ou d’autres accessoires, ce qui laisse la porte ouverte. Petit défaut de finition à signaler : la pièce censée prévenir le déraillement à l’avant frotte légèrement contre la chaîne et génère un petit bruit. Rien de méchant, et c’est facile à corriger.
En selle, on adopte une posture sportive à 45°, légèrement penchée vers l’avant sans excès. Une position agréable aussi bien sur les petits chemins que sur route. La selle, elle, remplit correctement sa fonction sur les sorties courtes, mais au-delà d’une heure elle commence à se faire remarquer. Pour les cyclistes les plus sensibles, plusieurs options : la remplacer, opter pour un cuissard, ou passer sur une selle ou une tige de selle suspendue, ce qui aurait le mérite de compenser le poids concentré à l’arrière du vélo. Le grip des poignées, en revanche, est bon : on ne glisse pas, même avec les mains moites.
Le cintre est identique sur toutes les tailles, du S au XL. Il conviendra à la majorité des gabarits, mais pourra s’avérer un peu large pour les morphologies plus fines, notamment les femmes dont la largeur d’épaules est généralement plus réduite. Le raccourcir de quelques centimètres est une opération simple qui peut faire une vraie différence sur le confort à long terme, et limiter les douleurs.

Malgré ses 24,5 kg, le vélo reste étonnamment maniable. Le poids étant concentré à l’arrière, le portage se fait naturellement : on soulève l’avant, puis on porte l’arrière. Nous avons dû franchir plusieurs troncs d’arbres au cours de nos sorties, et la manœuvre s’est révélée bien plus simple qu’attendu. Ayant testé en parallèle le Decathlon Stilus Offroad+ et son moteur central, nous pouvons affirmer que cette répartition du poids rend clairement la manipulation plus facile.
La console, placée à gauche du guidon, se limite à deux grands boutons pour changer de mode, l’indication du mode en cours et le niveau de batterie affiché via dix barrettes graduées de 100 à 0 %. Simple, lisible, efficace, même si une estimation de l’autonomie restante en kilomètres aurait été la cerise sur le gâteau. Le mode piéton, activé par un appui long sur le bouton « moins », est une vraie bonne surprise : sur les forts dénivelés ou dans les escaliers, il change la vie. Enfin, à défaut d’application, la batterie intègre une prise USB permettant de recharger un téléphone ou un compteur. Toujours bon à savoir quand on se perd en forêt.
Première chose à intégrer : le E-EXPL 100 est équipé d’un capteur de cadence, et non de puissance. Traduction concrète, il faut environ un quart de tour de pédale avant que l’assistance ne se déclenche. Si vous avez oublié de rétrograder avant de vous arrêter, le redémarrage devient laborieux. On a tous connu ce moment où l’on repart en grosse vitesse en se demandant pourquoi rien n’avance. Autre effet du même capteur : pédaler simplement pour descendre les vitesses en approche d’un arrêt peut déclencher une poussée du moteur, alors même que vous êtes en train de ralentir. Surprenant les premières fois, mais on prend le pli. Bonne nouvelle en revanche : malgré le moteur situé à l’arrière, on ne relève que très peu d’effet « pousse-cul ». La poussée reste sage.

Les trois modes d’assistance sont bien échelonnés. Le mode 1 est presque trop doux, on a parfois l’impression de pédaler dans le vide ; les modes 2 et 3 accompagnent sans difficulté jusqu’à 25, voire 26 km/h sur route plate. Il faut réellement dépasser cette barre pour commencer à sentir le poids du vélo, et même là, la coupure ne donne pas l’impression d’un mur, sauf en mode 3, où le moteur pousse jusqu’à 25 km/h avant de lâcher plus franchement. Sur les grosses montées, en revanche, même courtes, le vélo ne parvient pas toujours à compenser son propre poids. On pédale, on transpire, on se souvient qu’on est sur un VTT premier prix. La stabilité, elle, reste très bonne, en grande partie grâce aux grandes roues de 29 pouces qui avalent les obstacles sans broncher.
Le freinage à disque mécanique génère une inertie non négligeable : il faut anticiper, surtout en descente, où les 24,5 kg se rappellent à vous. Quant à la suspension, elle fait correctement son travail sur les chemins de terre classiques, mais dès que le terrain se dégrade, les sensations deviennent nettement plus rugueuses, et le poids du moteur à l’arrière n’y est pas étranger. Sur ce type de parcours, le vélo est dans son élément ; en ville, un peu moins. Ce n’est pas là qu’il donne le meilleur de lui-même.
Decathlon annonce jusqu’à 50 km à faible dénivelé. Nous avons parcouru 45 km sur chemins forestiers (terrain mixte, légèrement vallonné, entre pistes dégradées et voies cyclables goudronnées) en terminant avec 40 % de batterie restante en mode 1. La promesse constructeur est donc largement tenue, et pour être honnêtes, on ne s’y attendait pas vraiment.
L’affichage par barrettes s’est montré constant et cohérent tout au long du test : comptez environ 6 à 7 km par barrette en mode 1 sur terrain plat. Gardez en tête que l’autonomie d’un vélo électrique variera toujours selon votre gabarit et l’intensité de l’effort fourni. Et comme aucune estimation en kilomètres n’est proposée, c’est à vous d’anticiper votre parcours et de calculer votre marge en fonction du nombre de barrettes restantes. Un petit calcul mental à intégrer avant chaque sortie. Pour la recharge, comptez environ 7 heures de 0 à 100 % avec le chargeur fourni, sur le vélo ou batterie déposée. Oui, c’est long, mais on branche le soir et on n’y pense plus.
À 999,99 €, le Rockrider E-EXPL 100 tient exactement la promesse de son prix : une autonomie qui dépasse les annonces, une prise en main immédiate et un poids gérable. Il s'adresse aux débutants et aux sportifs du dimanche, pour des balades en forêt sans prétention. Pour le prix d'un iPhone, un VTT électrique qui vous emmènera plus loin que prévu.
La suite de votre contenu après cette annonce